Andee Nathanson

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Gram Parsons at Marlon Brando’s piano, 1968
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Mick Jagger in Joshua Tree, California, 1969
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Pamela Des Barres, Holmby Hills, Los Angeles, 1968

Personne, ou presque, ne connaissait ces photographies avant la parution du livre Andee Eye: Photos and Tales From the Archive, 1965–1978. Grace à Andee Nathanson et à ses précieux clichés, nous pouvons vérifier que ce monde perdu a vraiment existé.

« Le monde documenté par Nathanson, bien sûr, a disparu depuis longtemps, remplacé par de simples mythes. Ses photos, cependant, font plus que simplement réanimer l’époque : prises comme si elles étaient de l’intérieur de l’œil de l’ouragan – et sans prétention, sans publicistes et sans autre objectif que de se faire plaisir et de faire une sorte d’art à partir de la vie qu’elle vivait – les images dans Andee Eye sont (pour voler le tour de phrase d’un ami) «un appel de trompette mystérieux sur un champ de bataille perdu». Traduction approximative (by Google) d’un extrait de l’intéressant article paru dans Vogue. A lire en entier ici.

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Revue de presse

« On a l’impression d’être dans le calme avant la tempête », par le professeur Laurent Thines

« Nous, les hospitaliers, et moi, en tant que représentant local du collectif inter-hôpitaux, on est en grève depuis des mois. Les urgentistes sont en grève depuis bientôt un an. On alerte depuis tout ce temps-là sur le manque de moyens à l’hôpital, le manque de personnel, le manque de lits. Cette épidémie de Covid-19 va mettre en lumière, si c’était nécessaire de le faire, la situation vraiment difficile des hôpitaux français. Pas plus tard qu’hier, un professeur, infectiologue, de la Pitié-Salpêtrière disait qu’on était dans un état de pays sous-développé en matière sanitaire. » QG

La France n’a que trois lits en soins intensifs pour 1.000 habitants pour mener la guerre contre le Covid-19

Selon les statistiques de l’OCDE sur la santé, la France ne disposait en 2018 que de 3,1 lits d’hôpitaux en soins intensifs pour 1.000 habitants (dernières données disponibles). Soit un peu plus de 200.000 lits pour une population de 67 millions. Ces statistiques mesurent les ressources disponibles pour apporter des services aux patients hospitalisés en termes de lits régulièrement entretenus et dotés de personnel et pouvant être immédiatement utilisés. Elles illustrent surtout les moyens assez modestes dont la France dispose pour mener « la guerre » contre le virus du COVID-19.

Sur 35 pays, la France se classe seulement au 19e rang loin, très loin des trois premiers pays ayant le plus de lits en soins intensifs à offrir à leurs habitants, selon l’OCDE : Japon (7,8 lits pour 1.000 habitants), Corée du Sud (7,1) et Allemagne (6). Elle est même surclassée par beaucoup d’ex-pays de l’est : Lituanie (5,5), République slovaque (4,9), Pologne (4,8), Hongrie (4,3), Slovénie (4,2), République tchèque (4,1), Estonie (3,5) et Lettonie (3,3). Mais la France est devant l’Italie (2,6), les Etats-Unis (2,4), l’Espagne (2,4) et le Royaume-Uni (2,1). Enfin, le Chili (2), le Canada (1,9) et le Mexique (1,4) ferment la marche. La Tribune

Coronavirus : comment les réformes libérales ont “cassé” le service public hospitalier

« Les politiques néolibérales se diffusent en France à l’hôpital depuis les années 1980, mais ce sont vraiment les années 2000-2010 qui marquent une intensification des modes de raisonnement économiques visant à gérer les hôpitaux publics comme des entreprises et à les aligner sur les standards de gestion du privé.

Elles ont contribué à un sous-financement de l’hôpital au regard de ses missions et des réponses nécessaires aux besoins de santé de la population, mais elles ont aussi détruit des organisations de travail fonctionnelles, des savoir-faire professionnels, et ont dégradé de manière dramatique les conditions de travail des personnels.

Les politiques de “rationalisation de l’offre de soins”, comme elles se sont appelées, ont entraîné la fermeture de nombreux hôpitaux et services, dont des services de réanimation dans des petits hôpitaux par exemple, si sensibles aujourd’hui. Rien que sur les treize dernières années, entre 2003 et 2016, 13 % des lits d’hospitalisation à temps plein (c’est-à-dire accueillant des patients plus de 24h) ont été supprimés, soit 64 000 [69 000 lits d’hospitalisation complète entre 2003 et 2017, comme le rappelle ce papier de LCI, ndlr], alors que, parallèlement, les besoins de santé de la population n’ont fait qu’augmenter. Cela contribue à l’engorgement et à la saturation des hôpitaux.

Par ailleurs, les soignants réclament des moyens supplémentaires – humains, matériels et financiers – pour faire leur travail correctement depuis des décennies, et nous vivions encore, ces derniers jours, l’un des plus importants mouvement social de l’histoire de l’hôpital public. Les mesures concédées par le gouvernement à la grève des soignants n’ont absolument pas répondu à l’ampleur de la situation de l’hôpital et à la nécessité d’un investissement massif et immédiat. On a continué à lire les problèmes quasiment uniquement en termes de manque d’organisation. Les patients le paient aujourd’hui avec cette épidémie, tandis que les soignants, déjà à bout, sont, eux, appelés à faire toujours plus d’heures supplémentaires. » Les Inrockuptibles

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Le crash test du confinement

La question est peut-être plus sérieuse qu’il n’y parait. Voire dramatique dans certains cas. Je viens d’entendre un appel à la radio : si vous entendez une voisine appeler au secours, il faudra réagir.

« Si on arrive à survivre, le problème, en Italie, sera de comprendre si les couples, avec ou sans enfants, les femmes et les hommes seuls, résisteront à l’enfermement dans leur maison, s’ils réussiront à rester ensemble, à jouir encore de la compagnie réciproque ou de la solitude choisie, après une convivance forcée et ininterrompue d’un mois entier. », écrivait la romancière romaine Cristina Comencini dans un texte paru le 12 mars en France, à un moment où Busyn n’avait pas encore faite son outing. Elle ajoutait : « Est arrivé le moment de la vérité, pour les couples qui ne se supportent pas, pour ceux qui disent s’aimer, ceux qui vivent ensemble depuis une vie entière, ceux qui s’aiment depuis peu de temps, ceux qui ont choisi de vivre seuls par goût de la liberté ou parce qu’ils n’avaient pas d’autre choix, pour les enfants qui n’ont plus école, pour les jeunes qui se désirent mais ne peuvent pas se rencontrer… Nous sommes tous appelés à nous inventer une nouvelle vie, à nous sentir proches même si nous sommes éloignés, à régler nos comptes avec un sentiment que nous évitons à tout prix : l’ennui. »

Le texte en entier ici.

Cadeau pour vous occuper agréablement : « Emmylou Harris 1976-09-14 My Fathers Place Roslyn, NY« 

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Un peu d’histoire récente

5 avril 1918
14 mars 2020

Deux visites présidentielles au cours desquelles une infirmière et un médecin tentent, en vain, d’alerter le monarque sur l’état alarmant de l’hôpital. La politique de rigueur en direction du service public a conduit à supprimer des lits et à réduire les moyens, comme le signalent l’infirmière puis le médecin à un Macron peu compréhensif (c’est un euphémisme). Le résultat de cette politique ultralibérale, si longtemps dissimulé et nié par le pouvoir, il est explicité dans la deuxième vidéo où sont détaillées les difficultés rencontrées sur le terrain par le personnel en charge des malades victimes du coronavirus.

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Stay home

Le confinement revient en fait à maintenir les habitudes hivernales sans tenir compte de l’arrivée du printemps. Je vais donc m’en tenir à ma résolution de l’année : pas de nouveaux livres, vivre sur les stocks de la bibliothèque. Le climat ambiant devrait m’aider dans cette tache, se consacrer à la lecture et ne voir personne étant devenu un comportement exemplaire.

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Sunday song

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L’art du paysage

Alan W. Watts, Le bouddhisme zen (Payot)

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Sweet home

L’architecte américain Eric J Smith a construit cet espace de méditation dans une propriété du Connecticut pour un banquier retraité qui souhaitait s’y consacrer à la poésie.

Source

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Vu

The Dead Don’t Die, Jim Jarmusch (2019)

Le film présente tous les traits que l’on attribue généralement au cinéma nonchalant de Jarmush. On y trouve des clins d’œil au spectateur, une chanson (country, cette fois) qui revient sous la forme d’un running gag, de lents travelings en voiture et toujours le même refus des effets hollywoodiens. Mais on peut également remarquer que Jarmush filme deux vieux (pardon, des « seniors ») en leur donnant les premiers rôles : un shériff fatigué (Bill Murray) qui ne supporte pas la fameuse chanson country du film et un ermite (Tom Waits) qui regarde l’action de loin et tire la leçon de cette attaque de zombies. On peut trouver le message politique simpliste mais l’Amérique de Trump est elle-même assez binaire et caricaturale. Nous conseillons aux amoureux de films de genre de passer tranquillement leur chemin. Manifestement, Jarmush respecte moins les films de zombies que la poésie de William Carlos Williams.

L’Épouvantail (Scarecrow), Jerry Schatzberg (1973)

Le film suit le parcours erratique de deux marginaux depuis leur rencontre sur une route où ils faisaient du stop jusqu’à leur séparation suite à l’internement psychiatrique de l’un d’eux. On assiste surtout à un formidable duo d’acteurs. Gene Hackman rend attachant ce type bourru et bagarreur qui sort de prison. Quant au jeune Pacino, il met toute son énergie dans son personnage de jeune gars naïf et fantaisiste, toujours prêt à faire un numéro pour faire rire la galerie. On comprend dès le début que ces beautiful losers n’ont aucune chance de s’en tirer en dépit du projet fumeux de monter une boîte de lavage de voiture. Max est trop impulsif et il retournera probablement au trou après une bagarre de bar ; quant à Francis, il est trop fragile et on se demande dans quel état il sortira de l’hôpital. Le film, cependant, n’est pas sinistre. Il y a la route en stop ou en sautant dans des wagons, les moments d’amitié et de tendresse lors d’une escale chez des amies et malgré le craquage final, le dernier plan se termine sur un gag chaplinesque.

PS : Jerry Schatzberg fut aussi un « photographe de mode estimé dans les années 1960 » (Wiki). Il est par ailleurs l’auteur des photographies qui ornent la pochette de Blonde On Blonde.

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Relire

Au cours d’une de mes insomnies, hélas de plus en plus fréquentes, j’ai repensé à ce titre entendu pour la première fois aux alentours de 1991. On m’avait alors prêté une compilation sur K7 consacrée à d’obscurs groupes garage des années 6O. Deux d’entre eux retinrent particulièrement mon attention : the Seeds et the Count Five. Plus tard, en 1996, sortit chez Tristram Psychotic Reactions & autres carburateurs flingués, un recueil d’articles de Lester Bangs sur lequel j’ai sauté tel un CRS sur une féministe sans défense. Avant de me rendormir, une pensée agréable a traversé mon esprit : je me suis dit que le moment de le relire allait bientôt arriver.

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