David Hume Kennerly

Mia Farrow m’a ouvert une piste vers ce photoreporteur qui a couvert pendant la seconde moitié du 20ème siècle tout ce qu’on peut trouver maintenant dans les livres d’histoire des États-Unis. Pour quelqu’un qui a été enfant dans les années soixante, certains personnages sont curieusement familiers. Leurs visages étaient souvent en couverture des magazines posés sur la table basse du salon, à côté des bouteilles d’alcool et des paquets de cigarettes. Ils sont restés gravés dans un coins de la mémoire comme s’il s’était agi de proches (l’oncle Castro et tata Jackie occupaient des places de premier plan dans cette famille élargie).

Toujours en activité, le photographe a couvert la dernière campagne présidentielle.

On peut voir les cliché, légèrement effrayants, ici.

 

 

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Citation

Photographie : Daniel Kramer

« Je ne sais pas si j’ai jamais été heureux, pour parler franchement je ne sais pas, je ne me considère pas comme heureux ni malheureux, mais je n’ai jamais pensé à la vie en terme de bonheur ou de malheur, ni en terme de croissance ou de maturité… Mais ce que je pense c’est que l’on ne s’arrête nulle part, il n’y a aucun endroit où s’arrêter. Il y a des endroits au bord de la route mais ce ne sont que des illusions on ne peut pas y rester, on peut juste s’y arrêter. La vie est croissance, chaque fois que vous atteignez un plateau il faut atteindre le suivant, ceux qui ne font pas cela sont ceux qui sont en train de mourir. »

On peut entendre cette citation dylanienne dans une émission d’Alain Weber choisie pour sa nuit rêvée, sur France Culture, par le chanteur Patrick Coutin (remember, les filles, la plage). Très bon choix : je me souviens avoir écouté cette émission en 89 sur un poste radio vintage à une époque où régnait la disette. En un clic, vous pouvez la découvrir ici.

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Vu

Rolling Thunder Revue: A Bob Dylan Story, Martin Scorsese

Je ne suis pas en mesure de décortiquer les émotions ressenties en voyant le film. It’s just too much, comme chantait l’autre. No Direction Home, le précédent essai, avait comme  principal défaut de brasser trop large. A vrai dire, c’était mission impossible. La seule solution valable aurait été de confier à Pennebaker le soin de monter lui-même ses images ce qui aurait permis de focaliser le film sur la tournée 66. Ici, rien ne dépasse du cadre de la tournée de 75. La tournée fut un tel évènement que personne n’a compris sur le coup ce qui se passait, excepté les participants et les heureux membres du public. Grâce au film, nous pouvons enfin prendre la mesure de cette utopie réalisée.

P.S. : il y a débat dans la presse anglo-saxonne au sujet des éléments de fiction introduits en contrebande dans les entretiens. L’idée est assez amusante et typiquement dylanienne, mais il s’agit aussi d’une perte de temps pendant lequel le spectateur aurait pu profiter de ce précieux matériel. On aurait préféré d’autres extraits de concerts, d’avantage de scènes backstage comme la jam improvisée avec Joni Mitchell.

 

 

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Sunday song

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Lire Manchette tandis que la pluie tombe sur le jardin

Printemps pourri en Bretagne. On se plonge dans le Quarto, on cherche sur Internet des documents sur l’écrivain. On découvre ou redécouvre des choses passionnantes, comme l’archive ci-dessus où Manchette explique sa démarche plus clairement que ses commentateurs. Bien qu’ayant renoncé à devenir « un malheureux écrivain d’art » et ayant opté pour la plus lucrative Série Noire, l’auteur de polar, dit Manchette, s’octroie le droit (et le plaisir) de glisser dans ses récits, à l’insu de tous, ce que Manchette appelle joliment « de l’écriture ». Une page de Ô dingos, ô châteaux ! :

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Revue de presse

En 2018, 1 180 enquêtes confiées à l’IGPN

«L’année 2018 a été marquée par un engagement exceptionnel des enquêteurs, soucieux de garantir une entière neutralité, d’établir, et bien souvent rétablir la réalité des faits». De janvier à décembre, 1 180 enquêtes judiciaires ont été confiées à l’IGPN, dont 612 portent sur l’usage de la force. Soit une hausse de 9 % par rapport à l’année précédente. Même constat pour les tirs de LBD et de grenades de désencerclement, qui bondissent respectivement de 203 % et 296 %. Du jamais-vu. Le terme de violences policières, la directrice le «réfute totalement» : «On ne joue pas dans la même cour entre policiers et manifestants, les policiers ont la loi pour eux.» (Libération)

Les deux plus grosses organisations de policiers maintiennent une pression constante sur les juges et les politiques.

Il y a le ton outragé : «Un policier renvoyé aux assises, mais comment des juges ont-ils pu prendre une telle décision ?» (Unité SGP-Police). La mise en garde : «Attention, nous n’accepterons pas que nos collègues servent de boucs émissaires pour satisfaire une idéologie antiflics» (Alliance police nationale). La menace nette et sans bavure : «Si nos collègues venaient à être injustement condamnés, nous saurons ce qu’il nous reste à faire… et notre colère, personne ne pourra la contenir» (Alliance encore).

Ces communiqués, les deux syndicats, qui représentent les deux tiers de la profession, les ont rédigés après l’interview accordée par le procureur de Paris, Rémy Heitz, au Parisien le 31 mai. Que disait le magistrat ? Rien de tonitruant, à part que pour la police aussi, la justice passera. «Je veux être très clair : il n’y a aucune volonté de ma part d’éluder les violences [commises par les forces de l’ordre, ndlr] ou de les minimiser. […] Toutes les procédures vont être analysées avec beaucoup d’attention. Il y aura des classements sans suite. Il y aura aussi des renvois de policiers devant le tribunal correctionnel d’ici à la fin de l’année.» D’où cette question : les syndicats de police sont-ils contre l’Etat de droit que leur profession est pourtant censée garantir ? (Libération)

La cheffe de l’IGPN «réfute totalement le terme de violences policières» sur les Gilets jaunes

Je réfute totalement le terme de violences policières. Il y a eu des blessures commises à l’occasion de manifestations durant lesquelles la police a fait usage de la force. Notre travail est de chercher à savoir si cet usage était légitime et proportionné. Nous devons évaluer la proportionnalité et la légalité de la riposte. Il y a peut-être eu des situations où cela n’a pas été le cas. Mais il est encore trop tôt pour le dire. (Le Parisien)

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Sweet home

Architecte : Robert Harvey Oshatz (1986)

Studio City, Los Angeles

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L’art de la reprise

Chanson entendue sur les enregistrements de la Thunder Review. La « mère Baez » – comme dit Manchette dans une scène de carnage au Monoprix*- l’avait chantée devant les hippies en pleine nuit. Une chanson « pour tous les travailleurs », dit Joan, en français, avant de la chanter (c’est ce qui m’a fait dresser l’oreille). Une petite recherche m’a appris qu’il s’agissait d’une chanson folk écrite en hommage à Joe Hill, syndicaliste tué à l’issue d’un procès douteux et dont la mort souleva une vague de protestation. Selon Wiki, « Bob Dylan a dit que l’histoire de Hill était l’un des motifs qui l’ont poussé à écrire des chansons. » On sait ce que valent les confessions autobiographiques de ce chanteur mythomane qui a passé son temps à construire sa propre légende (dans le docu, il appelle ça « se créer soi-même »).

*Dans Ô dingos, ô châteaux ! 

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Vu

Je ne connais pas beaucoup d’actrices plus belles à voir au cinéma que Monica Vitti déambulant en tailleur dans un film de Michelangelo Antonioni. Dans L’Avventura, elle est à la fois belle et bouleversante (il est vrai que les deux vont souvent ensemble). Le scénario feint de donner le rôle principal à Lea Massari dans le rôle d’Anna mais la brune disparait mystérieusement au premier tiers du film, laissant toute la place à Monica Vitti qui peut trimballer son spleen existentiel si photogénique. Elle séduira par inadvertance le compagnon de la disparue ; comment aurait-il pu résister ? Tout cela finira mal, ou bien. On ne sait pas. Un critique faisait remarquer que les français avaient conservé le titre italien pour conserver le mystère. Personne ne pourrait dire avec précision de quelle aventure il s’agit.

P.S.: Inutile de cliquer sur les images, ce sont des captures d’écran. Pour voir le film, c’est ici.

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Citation

Witold Gombrowicz, Journal Tome I, 1953-1958

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