L’art de la reprise

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Lecture

Je ne sais pas si c’est le fait de marquer une pause, de souffler un peu en lisant une prose différente, plus claire et allégée que la sinueuse syntaxe proustienne, mais je prends beaucoup de plaisir, en sortant de chez les Guermantes, à lire la préface de Bernard Raffalli.

Extraits.

« A une profonde lucidité, Proust ajoute dans Sodome et Gomorrhe une indulgence sans limites envers l’humain : aucune œuvre d’un réel génie n’échappe à cette loi de compassion qui est aussi loi d’intelligence. Jamais dans ce livre Proust ne méprise le moindre de ses personnages, respectant chaque langage, y trouvant la marque minimale de cette précieuse spécificité des êtres qui est son seul but et sa seule vraie passion. « 

« On ne niera pas que la musique dominante de ce volume ne soit celle du désenchantement. Nous y apprenons – mais ne le savions-nous pas déjà ? – que tous les paradis sont des « paradis perdus », qu’on ne retrouve jamais les êtres, que le temps use en nous le pouvoir illusoire de nous renouveler « car on ne ressent plus assez d’attraits pour plaire, ni de force pour aimer ».

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Vu

Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Michel Gondry (2004)

« Hallucinant, Excentrique, Romantique » (Netflix). Tout est dit mais on va quand même ajouter quelques mots pour le plaisir. Il se trouve qu’on parle beaucoup de Philip K. Dick à l’occasion de la parution de ses nouvelles chez Quarto. Je me trompe peut-être mais j’ai l’impression que le scénario, signé Charlie Kaufman, a été écrit en pensant aux récits de l’écrivain fêlé de science fiction et plus particulièrement à sa façon de distordre les données de la « réalité ». Ainsi, la start up qui propose d’effacer les souvenirs d’une liaison amoureuse arrivée à sa fin ressemble à une version inversée de celle qui implante de faux souvenirs de vacances sur Mars au héros de Total Recall. De même, les visions de souvenirs en cours de disparition où les protagonistes fuient des décors qui s’écroulent semblent directement issue d’Ubik (j’apprends au moment où je relis ces lignes que Gondry a songé à un moment adapter le roman de Dick, ce qui confirme largement ces impressions). Ceci dit, il s’agit d’un film très agréable à regarder. Le jeu sur les différents niveaux entre les souvenirs du personnage joué par Jim Carrey (excellent) et la vie de la petite équipe venue réaliser l’opération de nettoyage du cerveau est un pur régal qui méritait largement l’oscar du meilleur scénario original. Parenthèse : lorsque l’actrice blonde qui joue le rôle d’une employée de la boite est apparue, j’ai ressenti la même impression de déjà vu que lorsqu’on reconnaissait quelqu’un dans la rue ou au restaurant – à l’époque où tout cela était possible – sans parvenir à se souvenir où et quand on l’avait rencontrée. Il s’agissait de la mariée dans le magnifique Melancholia.

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Les bonnes nouvelles

Nous avons besoin d’espoir, ce n’est pas Mauricette qui me contredira. Le président ne pensait pas au retour de la lutte des classes lorsqu’il a annoncé qu’il entrevoyait une petite flamme vacillante à l’horizon du printemps. Ce sondage vient cependant apporter un peu de réconfort à ceux qui commencent à étouffer et pas seulement à cause du masque.

Source

Quelques bonnes nouvelles tombée dans la journée d’hier pour rester dans un bon mood :

La justice britannique refuse l’extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis

La décision est une victoire pour le fondateur de WikiLeaks et ses avocats. La juge Vanessa Baraitser a estimé que l’état psychologique du lanceur d’alerte, actuellement incarcéré à Londres, était incompatible avec une extradition.

Le Monde

Julian Assange : le Mexique lui offre l’asile politique

La justice britannique a rejeté ce 4 janvier la demande d’extradition de Julian Assange vers les États-Unis où il risque 175 ans de prison.

Huffpost

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Vu

Blue jeans, Jacques Rozier (1957)

Mambo et soleil de la Côte d’Azur, drague et insouciance. Le court métrage de Rozier qui annonçait la Nouvelle Vague est à voir ici.

Les Lèvres rouges, Harry Kümel (1971)

« Film culte », l’expression galvaudée convient tellement bien à celui-ci qu’on pourrait croire qu’elle a été créée spécialement pour lui ou que son réalisateur a tout fait pour que son œuvre conserve ce titre jusqu’à la fin du cinéma. C’est par ces mots que commence le très complet Blow Up qui énumère mieux que je ne le ferais les raisons pour lesquelles il faut avoir vu une fois dans sa vie ce film formaliste et poétique, envoutant comme la voix de Delphine Seyrig.

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Sunday song

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Les vœux

Me transporter dans les rues de Londres en 1968, c’est le vœu qui m’est venu en voyant cette photographie prise devant la boutique Apple. Pas besoin de préciser les motifs de ce désir de fuite sur une attestation. A part ça, tant qu’on ne nous interdit pas la lecture, la musique, la rêverie et les balades démasqués dans des coins de nature déserts, nous devrions continuer à survivre assez paisiblement en regardant s’agiter et se ridiculiser nos pantins décideurs. Pour 2021, j’évoquerai la devise qui ornait les disques du label Saravah, « il y a des années où l’on a envie de ne rien faire » – ou alors seulement des choses qui se font sans effort, sans même y penser. Bonne année anyway.

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Lu

Nous avons tendance à attacher une attention particulière aux premières choses que nous avons faites un premier janvier. Cette première matinée de l’année 2021, j’ai terminé la lecture du Côté de Guermantes, 482 pages au compteur, roman commencé dans une chaise longue au soleil de juillet et fini juste avant une courte averse de grêle. Dernière phrase : « Vous nous enterrerez tous ! », lancée par le duc impatient de se rendre à un dîner à Charles Swann qui vient d’annoncer qu’étant malade il pouvait mourir d’un moment à l’autre.

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La pire année de notre existence ?

collage : Bill Térébenthine

J’ai envie de dire ni meilleure ni pire qu’une autre. A titre strictement individuel, cette année me fut plutôt agréable. Mes proches me disent que je n’avais pas été de si bonne humeur depuis longtemps. D’un point de vue collectif, ce fut surtout un désastre pour les autorités en place dans le monde entier et plus particulièrement pour ceux qui s’agitent sous nos yeux consternés. Je crois qu’il conviendrait de toujours finir l’année avec la satisfaction d’en être débarrassé comme d’un mauvais souvenir qui nous empêche d’avancer. Les journées se sont écoulées, les instants comme les mois ont passé ; nous n’avons d’autre choix que de laisser filer l’année qui se termine sans rien attendre de celle qui vient. Tchin-tchin.

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Sous le sapin

A télécharger ici.

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