Lecture

Je regrette de ne pas pouvoir être à Paris pour visiter l’exposition à la maison rouge. La thématique, les artistes exposés, me tiennent à cœur (j’imagine que ce n’est pas une révélation). J’ai commandé le catalogue qui est très agréable à feuilleter en raison de ses nombreuses illustrations, mais également intéressant à lire. De nombreux articles évoquent l’univers intellectuel des années qui ont suivi 68. Ils nous rappellent à quel point la pensée critique cognait fort – et avec du style. L’ordre bourgeois voyant toutes ses normes remises en question a dû avoir sacrément les chocottes ; il s’est bien rattrapé. Face au révisionnisme de ceux qui aimeraient pouvoir « tourner la page », c’est-à dire effacer cette période de nos mémoires, cette exposition et le catalogue qui l’accompagne sont particulièrement précieux. 

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Rions un peu

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La légende de Guy Debord (1931-1994)

« Rien n’est plus naturel que de considérer toutes choses à partir de soi, choisi comme centre du monde ; on se trouve par là capable de condamner le monde sans même vouloir entendre ses discours trompeurs. » Guy Debord, Panégyrique tome 1, 1989

Semaine Debord sur les Chemins de la connaissance. La première émission, présentation du personnage, de son œuvre et de sa vie exemplaire par Vincent Kaufmann est de grande qualité par sa clarté et aussi par les documents qui y sont présentés. On attend la suite.

Site de l’émission d’Adèle Van Reeth ici

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A propos de Triplicate (2)

Je viens de lire un entretien dans lequel Dylan répond aux questions d’un journaliste au sujet du répertoire abordé dans Triplicate (mais pas seulement). Dylan y est d’une sincérité presque déconcertante . On est près du ton introspectif des Chroniques, loin du style elliptique et mordant souvent adopté par Dylan vis-à-vis des médias.

Extraits :

Le répertoire : « Ces chansons sont parmi les plus poignantes jamais enregistrées et je voulais leur rendre justice. Maintenant que je les ai vécues, que j’ai vécu à travers elles, je les comprends mieux. Elles vous sortent de ce moulin du grand public qui vous piège entre des choses qui semblent différentes mais sont en fait les mêmes. Les chansons et la musique modernes sont si institutionnalisées qu’on ne s’en rend même plus compte. Ces chansons-là sont froides, elles voient clair, elles sont réalistes et directes, et ont une foi dans la vie ordinaire, tout comme les premiers rock’n’rolls. »

Sa rencontre avec Sinatra : « Il était drôle, on était sur son patio le soir et il m’a dit : « Toi et moi, mon pote, on a les yeux bleus, on vient de là-haut », et il m’a montré les étoiles. « Ces autres glandus, ils viennent de là, en bas ». Je me souviens avoir pensé qu’il avait peut-être raison. »

World goes wrong : « Depuis 1970 il s’est passé cinquante ans, mais ça serait plutôt cinquante millions d’années. Le temps a élevé un mur pour séparer le nouveau de l’ancien, et beaucoup de choses se sont perdues. Des pans entiers de l’industrie disparaissent, les modes de vie changent, les grandes surfaces tuent les villes, de nouvelles lois remplacent les anciennes, les grands groupes écrasent les individus, les pauvres eux-mêmes sont devenus une marchandise. De même pour les influences musicales, elles sont avalées, absorbées par de nouvelles, ou sont laissées de côté. Pour autant je ne crois pas qu’il faille se sentir rejeté, ou que ce soit hors d’atteinte, on peut toujours trouver ce qu’on cherche, si on remonte la piste. Ca peut être juste là où on l’a laissée, tout est possible. Le problème, c’est qu’on ne peut pas l’emmener avec soi, il faut rester là où tu l’as trouvé. C’est là qu’on peut parler de nostalgie. »

Il y a plusieurs passages comme ça, des trucs marrants aussi (sur Joan Baez notamment). L’entretien est à lire en entier ici. Il donne envie de réécouter ces chansons, même si ce n’est pas toujours sa version qui nous touche le plus. Sacré Bob !

 

 

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Sunday song

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A propos de Triplicate

La sortie de ce triple album embarrasse tout le monde. Le grand âge, la nostalgie grandissante qui l’accompagne, sont avancés par quelques fans hésitants – qui s’empressent de rappeler que toutes les fois où on a cru qu’il se plantait totalement, il a fallu reconsidérer la question. D’autres s’emportent, criant au foutage de gueule (et ils n’ont pas complètement tort). On ne pourra pas dire cette fois-ci qu’il nous aura pris par surprise. Troisième livraison, et particulièrement massive ; c’est bon, Bob, on a compris. Ou plutôt, non : nous renonçons à comprendre. Dylan est-il définitivement ailleurs ? Là où est la vraie vie ?

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Puissance de la musique

Hunter S. Thompson

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A quoi reconnait-on une des plus belles chansons du monde ?



Je crois avoir déjà répondu à cette question mais comme tout ici se perd, je recommence. Premièrement, il faut rappeler que chacun a sa propre liste des dix plus belles chansons du monde. Il s’agit d’une liste intime qui peut varier au fil du temps (en fonction de sa biographie, de sa culture, etc.), mais qui finit par se fixer passé le cap de la cinquantaine. Et en même temps, c’est le côté mystérieux, certaines chansons figurent parmi les plus belles chansons du monde pour un grand nombre de personnes très diverses, sans qu’on sache très bien pourquoi (même avec des électrodes). Une chose toutefois est prouvée : l’effet que produit une des plus belles chansons du monde est identique à chaque fois qu’elle est entendue, l’intensité de l’émotion est la même quelle que soit la situation. Je l’ai encore vérifié récemment dans ma voiture en allumant la radio et en entendant démarrer I Want You. Cet effet d’égale intensité constitue d’ailleurs le critère le plus significatif de sélection des plus belles chansons du monde. Accessoirement, les plus belles chansons sont souvent reprises ; elles se plient avec élégance à tous les traitements.

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Qu’est-ce que le peuple ?

« C’est cette partie de l’espèce humaine qui n’est pas libre, pourrait l’être, et ne veut pas l’être ; qui vit opprimée, avec des douleurs imbéciles ; ou en opprimant avec des joies idiotes ; et toujours respectueuse des conventions sociales. C’est la presque totalité des pauvres, et la presque totalité des riches. C’est le troupeau des moutons et c’est le troupeau des bergers. » Georges Darien

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Les images qui bougent (un peu)

Le Journal s’interrompt pour une durée indéterminée. See you later.

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