Revue de presse

Tout y est : les mots-clés, les sujets clivants, la confusion ambiante telle qu’elle se traduit dans les tribunes, les interventions des commentateurs officiels et sur les réseaux. On entend une chose et son contraire, on ne comprend rien et c’est très bien. Cette période peut générer deux attitudes : la volonté de croire aveuglément en des vérités révélées (scientifiques, idéologiques, politiques, peu importe) ou la suspension complète du jugement jusqu’au doute radical, une forme de scepticisme cioranesque* appliqué à toutes les opinions et à toutes les croyances qui les fondent. Parce qu’elle favorise cette position difficile à tenir en temps « ordinaire », cette période peut éventuellement présenter un aspect salutaire.

*(Philosophie) Qui concerne la philosophie d’Emil Cioran : ironique, apocalyptique, marquée du sceau du pessimisme, du scepticisme et de la désillusion. (Wiki)

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Revu

Le Mépris, Jean-Luc Godard (1963)

Pour moi, Piccoli c’est Paul dans son costume crème arpentant la terrasse de la villa à Capri et appelant Camille qui ne répond pas. J’avais justement envie de revoir Le Mépris depuis quelque temps. A chaque fois que cela m’arrive, je me dis que je vais m’ennuyer, que je l’ai trop vu, qu’il ne me fera plus d’effet. En vérité, je le redécouvre à chaque fois différemment, jamais comme la première fois, hélas. C’était sur un gros téléviseur en noir et blanc posé en haut d’une étagère. Je ne connaissais pas grand chose du cinéma à l’époque, vaguement le nom de Godard et sa réputation de cinéaste intello. Évidemment, comme pour beaucoup, ce fut un choc majeur. Je découvrais qu’un film pouvait évoquer l’éternité, la beauté des choses, le monde des dieux et celui des humains. Par la suite, j’ai vu les films du réalisateur suisse lorsqu’ils étaient projetés dans les petites salles du quartier latin. En sortant du cinéma, j’allumais une cigarette et je m’éloignais en rajustant mon écharpe tandis que la nuit tombait sur le Paris romantique de ma jeunesse. Déjà sur le moment, je réalisais que c’était un luxe et une chance.

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Sunday song

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Rions encore un peu

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Lecture (suite)

Hermann Hesse, Le Jeu des perles de verre, Essai de biographie du Magister Ludi Joseph Valet accompagné de ses écrits posthumes

Je ne sais pas si c’est moi qui avance lentement dans ma lecture ou si c’est le roman qui ne progresse pas vite. Au début, j’ai attendu une description un peu plus claire du jeu et j’ai finis par comprendre qu’elle n’arriverait pas. Disons que le principe de base est une synthèse entre musique et mathématique. On peut donc imaginer un jeu très abstrait et formalisé, un peu comme doivent être les échecs pour les joueurs de haut niveau. Concrètement, la partie se joue sur un simple boulier sur lequel on déplace les fameuses perles de verre et je n’arrive pas à concevoir comment on peut formaliser des savoirs avec des billes. Mais c’est de la fiction, donc OK. Là où les choses se compliquent un peu plus, c’est lorsque le biographe de Valet explique que les joueurs d’élite réunis dans une sorte de communauté à l’écart de la vie ordinaire se mettent à intégrer à leur parties des éléments puisés dans différentes spiritualités orientales. On sait qu’il s’agit d’une parabole écrite au moment où l’Europe s’enfonçait dans les ténèbres. Hesse essaie d’imaginer une forme utopique de culture universelle dépassant tous les clivages et réunissant dans un même élan spirituel ce que l’humanité a produit de plus élevé. Projet très ambitieux. Trop. On sent que tout cela va mal finir.

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Rions un peu

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Traduction

Pour son adaptation du Grand sommeil de Chandler, Boris semble avoir traité avec sérieux le texte ; d’ailleurs sa traduction n’a pas été revue comme il est d’usage de le faire avec les versions françaises des années cinquante. En revanche, le travail à quatre mains réalisé par le couple Vian pour ce roman de Cheyney est plus fantaisiste. On imagine les séances de rigolades entre Michelle et Boris lorsqu’ils relisaient un passage comme celui-ci.

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Polaroids

La collection de photographies prises par Carlo Molino, célèbre architecte et designer, a été découverte après sa mort. Chaque image est soigneusement composée (pose du modèle, vêtement, décor). On peut lire un article sur ce personnage hors norme ici.

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Dans ma collection virtuelle

Adolph Gottlieb, Festival, 1945
Alex Katz, Corinne, 2006
Alexander Calder, Sol y Sombra, 1969

Larry Rivers, The Drummer, 1958

Quatre peintres que j’apprécie. Inutile de vous fatiguer à écrire des commentaires pour dire que c’est moche ou que votre petit neveu en fait autant : ils n’ont aucune chance d’être publiés.

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Vu

Le professeur, Valerio Zurlini (1972)

Entre deux films de flics (Melville et Verneuil), Delon a produit et tourné dans celui-ci qui apparait comme une anomalie dans sa filmographie de l’époque ; c’est la preuve qu’il s’agit d’un intéressant personnage à facettes. Delon aime à distinguer les comédiens qui jouent un rôle et les acteurs qui, comme lui, les vivent. Cette identification est particulièrement saisissante dans ce film où il devient un professeur romantique et las, partagé entre un couple usé au bord de la rupture et une élève aussi belle que déséquilibrée. Delon incarne à chaque plan ce rêveur égaré dans un monde matérialiste, amoureux de la littérature et de l’art, trimballant le lourd souvenir d’un drame passé dont nous ne saurons presque rien. Un beau film, original et juste, que tout le monde y compris Delon semble pourtant avoir oublié.

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