Revue de presse

Un procureur contre l’information, un pouvoir contre le journalisme

Une journaliste du Monde est convoquée comme suspecte par la DGSI en marge de l’affaire Benalla. Cela fait suite à la tentative de perquisition de Mediapart dans le même dossier et aux auditions comme suspects de journalistes dans le dossier des armes françaises au Yémen. À chaque fois, les enquêtes sont dirigées par le même homme : le procureur Rémy Heitz.

Résumons. Une rédaction, celle de Mediapart, a été la cible d’une tentative de perquisition par deux procureurs et trois policiers de la Brigade criminelle dans l’affaire Benalla ; trois journalistes, deux du collectif Disclose et un de Radio France, ont été entendus comme suspects par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour avoir révélé les mensonges du gouvernement sur les armes françaises au Yémen ; une grand reporter du Monde est convoquée à son tour comme suspecte par les services de renseignement dans l’affaire Benalla…

Ces trois événements, qui ont eu lieu en quelques semaines seulement, ont un point commun : Rémy Heitz, le procureur de Paris. Il est, à chaque fois, le magistrat qui a l’autorité hiérarchique sur les enquêtes préliminaires dont les actes – convocations ou perquisition – sont vécus, en France et à l’étranger, comme des attaques frontales contre la liberté d’informer et le journalisme qui dérange. (Mediapart)

L’inquiétante convocation d’une journaliste du « Monde » pour des articles sur l’affaire Benalla

Une journaliste du Monde, Ariane Chemin, est convoquée, mercredi 29 mai, par les policiers de la section des atteintes au secret de la défense nationale de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Cette enquête vise nos articles sur les affaires d’Alexandre Benalla, notamment nos informations sur le profil d’un sous-officier de l’armée de l’air, Chokri Wakrim, compagnon de l’ex-cheffe de la sécurité de Matignon, Marie-Elodie Poitout.

M. Wakrim était lié par un contrat de protection rapprochée avec un homme d’affaires russe, qui a conduit à l’ouverture d’une enquête pour « corruption ».

Nous maintenons évidemment nos informations et exprimons notre inquiétude sur cette convocation : l’intérêt public suppose de pouvoir enquêter sur les entourages et les liens entretenus par des collaborateurs de l’Elysée ou de Matignon, quels que soient leurs parcours antérieurs.

Cette convocation, sous le statut d’une audition libre, est d’autant plus préoccupante qu’elle suit une procédure similaire, utilisée très récemment à l’encontre d’autres journalistes à l’origine de révélations d’intérêt public sur l’utilisation d’armes françaises au Yémen. (Le Monde)

Violences policières : des experts de l’ONU souhaitent que le gouvernement sorte du « déni de réalité »

Les experts se disent non satisfaits de la réponse du gouvernement français. « La France s’honorerait à mieux répondre à nos questions. Ce qui est frappant c’est que malgré les témoignages ou le travail de David Dufresne qui recense les yeux percés, les membres arrachés… et bien il y a un déni de réalité : on nous répond que la France est un Etat de droit et que par conséquent il n’y a pas de violences policières », complète Michel Frost.

L’usage des armes dites non-létales a été évoqué durant la réunion. « Nous estimons que le dispositif de maintien de l’ordre français a des défaillances, notamment en ce qui concerne les armes qui sont utilisées« , détaille Clément Voulé, rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de manifester.

Les experts estiment que la violence des manifestants n’est pas une raison suffisante pour employer des armes telles que les LBD. « Les black blocs, qu’on accuse souvent à juste raison d’être les auteurs de violences envers la police, sont présents partout en Europe. Pour autant, la réponse donnée par les autres pays est bien différente. Nous pensons qu’il existe d’autres logiques de gestion des manifestations ». (france bleu)

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Vu

Hana-bi, Takeshi Kitano (1997)

Comme cela m’arrive souvent, j’ai attendu un certain temps entre le moment où les commentaires sur le film m’ont donné envie de le voir et le moment où je l’ai vu. Le film de Kitano a passé le test du délai temporel : il est encore mieux que ce que j’imaginais. Le ratage constitue le fil conducteur de ce polar métaphysique, ratage dans les scènes de violence sanglantes comme dans les gags enfantins qui font rire le personnage joué par Kitano, un ex-flic muré dans un silence melvillien. Hana-bi est un film qui rend heureux. La mise en scène est zen, l’humour qui se dégage des scènes également. Sans en faire des tonnes, Kitano pose la question du rôle de l’art (ce sont ses peintures, réalisées après un accident de moto, qui apparaissent à l’écran). Cela valait vraiment le coup d’attendre 22 ans pour le voir.

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Très signalé



Une partie des vieux 78 tours qui faisaient la joie des collectionneurs et des musicologues est maintenant disponible en ligne dans le cadre du Great 78 Project. Extrait de la présentation : « Entre 1898 et les années 1950, on estime que 3 millions de faces (enregistrements de 3 minutes environ) ont été réalisées sur des disques de 78 tours. Bien que les enregistrements commercialement viables aient été restaurés ou remastérisés sur des disques vinyles ou des disques compacts, les artefacts et disques souvent rares en 78 tours ont toujours une valeur pour la recherche. Plus de 20 collections ont déjà été sélectionnées par Internet Archive pour leur conservation et leur accès physiques et numériques . »

Le travail d’archivage est soigneux, la numérisation respectueuse du son d’origine (craquements inclus). Tout est téléchargeable, ce qui permet de se constituer sa propre collection. Je trouve ça merveilleux. Il faut juste apprendre à naviguer dans le site. J’ai trouvé les titres de blues ici. On peut aussi entamer des recherches à partir de .

Il n’y a donc pas uniquement des contenus haineux et des fakes insidieux sur Internet. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, certaines personnes prennent encore plaisir à partager gratuitement des trésors culturels.

En écoute : Blind Blake, Police Dog Blues et Blind Willie Mctell, Statesboro

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Lecture

Dans le Journal de Gombrowicz, une obsession omniprésente : affirmer sa sensibilité d’individu contre les idées générales en vogue durant ces pesantes années 50 (existentialisme, marxisme, psychanalyse, phénoménologie, etc.). L’écrivain en exil se fixe son programme. « Être un homme concret. Être un individu. Ne pas s’efforcer de changer le monde dans sa totalité : mais vivre au-dedans du monde, en le transformant dans la seule mesure où ma nature puisse y atteindre. Me réaliser conformément à mes besoins : un besoin d’individu. »

En réaction à une lettre d’une femme qui lui reproche violemment son « égotisme », il écrit ceci :

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Miss you

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Sunday song

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L’art de la couverture

Cover art : Jack Kamen

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Vu

The Host, Bong Joon-ho (2006)

Je ne suis pas bon public pour les films de montres et les films d’horreur en général. Le côté grand guignol me maintient généralement à distance. Après avoir failli abandonner au bout de dix minutes en découvrant la grosse bestiole sortie de l’eau et en voyant une fois de plus une foule se sauver (la dernière fois, c’était à cause d’une bande zombies qui attaquaient un train), j’ai quand même insisté à cause du réalisateur (celui de Memories of Murder). Et j’ai bien fait. Bong Joon-ho a pris son film de genre au sérieux. Suffisamment pour dresser le portrait d’une famille modeste de Séoul et pour glisser une critique sociale bien sentie. Les dispositifs de contrôle mis en place par le pouvoir sont aussi effrayants que le monstre ; la société sud coréenne telle qu’on la découvre dans le film ne semble pas très différente de la notre. Pollution, désinformation, manipulation, répression : on est en pays connu.

 

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Lecture

Ne pas jouer au critique quand on n’a même pas l’excuse d’exercer cette douteuse profession. La seule manière un peu digne de parler des œuvres est, selon Gombrowicz qui développe cette idée dans un texte cinglant où il règle ses comptes, de décrire l’effet qu’elles ont produit sur vous. Ce que l’écrivain ne supporte pas, c’est de voir des individus n’ayant aucune expérience personnelle de la création artistique adopter dans la presse une position surplombante par rapport à l’auteur. « Evitez de juger », leur conseille-t-il. « Bornez-vous à décrire vos réactions. Ne parlez ni de l’auteur ni de son ouvrage ; mais de vous-même, confronté à l’ouvrage, à l’auteur. C’est de vous qu’il faut parler. » Et si possible en artiste plutôt qu’en « pseudo-scientifique », précise Gombrowicz.

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Sweet Joni

Joni Mitchell by Jack Robinson, 1968

Joel Bernstein, 1972

Joel Berstein, 1976

Norman Seeff

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