Lecture

Je ne lis plus Rock & Folk depuis une éternité. En revanche, je ne rate jamais la rubrique de Bertrand Burgalat dont j’apprécie le ton élégant et les connaissances pointues dans des domaines musicaux un peu exotiques à mes yeux. Extrait :

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Vu

Annette, Leos Carax (2021)

J’ai pensé à Ken Russell et à son adaptation cinématographique de l’opéra rock signé Pete Townshend (pas revu depuis sa sortie). La collaboration avec les Sparks, groupe élégamment original, a tiré Carax vers le haut. Cette fois-ci, pas de fascination trouble pour les égouts et les clochards, place au Cinéma, c’est-à-dire de l’amour, de la haine, de l’action, de la violence et de la mort (comme disait Fuller chez Godard). L’émotion ? Elle est quelque peu mise à distance pendant la première partie du film, effet inévitable du genre musical où les tirades sont chantées et les gestes théâtralisés. Il faut au spectateur un certain temps pour s’adapter et suivre cet opéra filmé dont l’intrigue progresse à coups de refrains. Mais l’histoire d’Annette, enfant sacrifié victime des passions des adultes (comme Tommy) est assez puissante pour nous emporter et même nous secouer durablement dans la dernière ligne droite du film, lorsque le personnage principal sombre dans l’abîme. S’il existe dans un coin du cerveau une mémoire cinématographique où certaines scènes restent gravées, la fin d’Annette y figurera très probablement.

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Parution

Nouveau livre de Bill Térébenthine à télécharger ici.

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Rions un peu

Source : Newyorker cartoons

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L’éternel « tour de passe-passe de l’art narratif » selon Musil

Illustration : Bill Térébenthine

 » La plupart des hommes sont, dans leur rapport fondamental avec eux-mêmes, des narrateurs. Ils n’aiment pas la poésie, ou seulement par moments. Même si quelques « parce que » et « pour que » se mêlent ici et là au fil de la vie, ils n’en ont pas moins en horreur toute réflexion qui tente d’aller au-delà. Ils aiment la succession bien réglée des faits parce qu’elle a toutes les apparences de la nécessité, et l’impression que leur vie suit un « cours » est pour eux comme un abri dans le chaos. Ulrich s’apercevait maintenant qu’il avait perdu le sens de cette narration primitive à quoi notre vie privée reste encore attachée bien que tout, dans la vie publique, ait déjà échappé à la narration et, loin de suivre un fil, s’étale sur une surface subtilement entretissée. » Robert Musil, L’homme sans qualités

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Sunday song

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Dans la galerie virtuelle du GFIV

Aliza Nisenbaum, Morning Security Briefing at the Minneapolis Institute of Art, 2017
Pablo Picasso, Faun, horse and bird, 1936
Philip Guston, The street, 1970

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Lu

« Discipliner les femmes et les hommes en les considérant comme de simples facteurs de production et dévaster le Terre, conçue comme un simple objet, vont de pair. En poussant la destruction de la nature et l’exploitation de la « force vitale » jusqu’à des niveaux inédits, les nazis apparaissent comme l’image déformée et révélatrice d’une modernité devenue folle – servie par des illusions (le « victoire finale » ou la « reprise de la croissance ») et par des mensonges (« liberté », « autonomie ») dont des penseurs du management comme Reinhard Höhn ont été les habiles artisans. »

Johann Chapoutot essaie de terminer son essai sur une (petite) note d’espoir. « Les idées n’ont qu’un temps », écrit-il. Certes. Mais certaines durent longtemps et cela semble être le cas du projet néolibéral. Le caractère « irréaliste » de notre organisation économique suffira-t-il à le voir frappé d’obsolescence et remplacé à court terme par d’autres formes de vie ? J’aimerais beaucoup assister à ce « grand remplacement » de mon vivant mais j’ai comme un doute.

Johann Chapoutot, Libres d’obéir

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Citation

Man Ray, Virginia Woolf, 1935

« Elle avait une infinie variété de moi en réserve, dépassant de loin les capacités de logement d’une biographie, considérée comme complète lorsqu’elle se borne à rendre compte de six ou sept moi, alors qu’une personne peut aisément en compter six ou sept mille. » Orlando

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C’était mieux avant

Nous sommes en 1971 dans une émission appelée « Bienvenue à Michel Lancelot ». Lancelot était un journaliste important pour nous dans les médias de l’époque. Il avait une émission appelée « Campus » sur Europe 1 dans laquelle il passait de bons disques et interviewait des gens intéressants. Dans la vidéo, au début, on le voit sortir une cigarette et la mettre entre ses lèvre. Puis il demande du feu au barbu assis à côté qui a également une clope éteinte au bec. Comme le type fouille dans ses poches sans rien trouver, une autre personne située hors champ, à côté de Guy Béart, lance une pochette d’allumettes. Lancelot la ramasse, allume sa cigarette et balance un gros nuage de fumée dans l’indifférence générale. Inimaginable aujourd’hui. Ceci dit, Lancelot aimait 4heures du matin et il avait bien raison. Le texte, superbe (surtout pour de la « variété »), n’est pas de Roda-Gil mais de Maurice Vallet, auteur rare et précieux qui a écrit une poignée de belles chansons, dont 4 heures du matin qui me fascinait quand j’étais gosse parce que je ne comprenais pas les paroles.

Bonus 1: un entretien entre Michel Lancelot et Georges Brassens en 1970

Bonus 2 : un autre texte signé Maurice Vallet, pour Christophe cette fois-ci.

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