Un peu d’histoire (et de littérature)

Voici ce qu’écrivait Robert Musil dans son Journal en 1933.

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Vu

Shadow Kingdom, concert diffusé en live stream en juillet. Pas inoubliable mais plutôt agréable à regarder, avec quelques moments particulièrement bien envoyés. Dans une ambiance de club rétro filmé en noir et blanc dans le style des films noirs hollywoodiens, Dylan reprend des titres de son abondant répertoire. Tous sont joués et chantés dans le style jazzy de son dernier album (le seul titre vraiment dansant est Watching the River Flow,). Le stage d’exercice vocal prolongé de la « trilogie Sinatra » lui aura réussi : il chante mieux (si cela peut signifier quelque chose à son sujet). Il faut dire les choses comme elles sont : on n’attend pas de Dylan qu’il nous fasse tomber à la renverse une fois de plus ; juste qu’il soit là, solide et digne, prenant toujours du plaisir à tortiller ses vieilles chansons inusables comme Just Like Tom Thumb’s Blues ou Pledging My Time. Il n’y a pas eu de temps qui changent ni de réponse dans le vent mais une belle interprétation de What Was It You Wanted Wanted et un gonflé Forever Young. Bilan globalement rassurant.

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Citation

Robert Musil, L’homme sans qualités, chapitre 72

Cet extrait s’écarte un peu de ce qui constitue le cœur du propos de ce chapitre qui a pour sujet la « sobriété spirituelle de la science ». Ce qui m’a plu dans ce passage, c’est cette vérité universelle concernant les « idéologies de profession » qui se présentent toujours sous une forme inattaquable.

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Revu

Le Casse, Henri Verneuil (1971)

J’ai résisté à l’idée assez prévisible de revoir Pierrot le fou. Je me suis dit qu’en dépit du fait que sa filmographie contenait deux grands films de Godard, Belmondo c’était quand même (et peut-être surtout) Verneuil pour la réalisation à succès et les années Pompidou pour la période historique. Il se trouve que j’ai vu Le casse en salle à sa sortie et cela m’avait paru impressionnant. Il faut dire que j’étais facilement impressionnable. En le revoyant maintenant, ce qui me frappe, c’est l’extrême lenteur de l’action. Toute la séquence du braquage se traine avec des gadgets électroniques ridicules. La manipulation du moindre bouton est filmée en temps réel et en gros plan. J’ai failli décrocher mais en insistant un peu, on finit par se laisser bercer. Car après le braquage interminable viennent les fameuses scènes d’acrobatie et quelques numéros d’acteur aux dialogues assez pauvre, certes, mais où l’on peut apprécier à loisir la french coolitude de Belmondo à un moment où il n’avait pas encore complètement sombré dans l’auto-caricature. Stop ! On ne discute ni le talent d’acteur de Belmondo ni les chiffres (selon un spot gouvernemental hilarant). D’ailleurs, je ne me force pas ; j’y ai même pris goût. Le cycle va se poursuivre avec un autre souvenir d’enfance : L’homme de Rio.

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Sunday songs

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De l’influence de Lenny Bruce sur Lou Reed

On apprend des choses dans la biographie de Lou Reed que j’ai lue cet été. Par exemple le fait que Lenny figurait parmi ses modèles lorsqu’il était étudiant à l’université de Syracuse en 1965.

Victor Bockris, Transformer: The Complete Lou Reed Story

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Lu

Ces nouvelles sont des petits concentrés de cruauté ordinaire. Thomas Hardy s’attache à fouiller la personnalité de ses personnages féminins victimes d’un ordre social oppressant. Le fait que l’action se passe dans l’Angleterre victorienne, période « brassant des classes que tout oppose » (comme dit si bien Wiki), n’apporte pas vraiment de dépaysement social. A quelques détails vestimentaires près, nous retrouvons les éternels rapports emprunts de rivalité mimétique, de rêves et de désirs inassouvis. Dans Une femme imaginative, une vacancière mariée à un homme d’affaire un peu lourdaud se persuade qu’un poète maudit ayant occupé sa chambre d’hôtel est devenu l’amour de sa vie. Dans une autre nouvelle, une femme devient littéralement folle de jalousie en voyant sa sœur vivre dans le luxe en compagnie d’un ancien prétendant qu’elle avait autrefois éconduit ; elle sacrifie son époux et son fils pour tenter de faire fortune.

Thomas Hardy, Les petites ironies de la vie (Gallimard)

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C’était mieux avant

On remonte encore un peu dans le temps, en 1969, à un moment où tout était encore possible, avant le début de la contre-offensive qui installera le libéralisme autoritaire*. Ce documentaire nous emmène du côté du festival de blues de Memphis. Quelques grands noms sont présents (citons Rufus Thomas, Bukka White, Sleepy John Estes) mais également des inconnus qui rappellent que le blues était une musique populaire que tout le monde jouait après le turbin dans les champs de coton ou dans les usines. Ne ratez pas le passage de Johnny Winter à la cinquante-septième minute. Un sympathique groupe de gospel lui succède suivi par l’immense Fred McDowell. Nous sommes en juin, Nixon, récemment arrivé au pouvoir, avait peut-être sur son bureau un rapport de police signalant le danger que représentait pour la nation ce type de manifestation.

* « Un état fort pour une économie libre ». Face à la crise de la gouvernabilité qui touche les années 1970, quelles stratégies de management pour contrôler le citoyen sans en avoir l’air ? Entretien avec le philosophe Grégoire Chamayou, auteur de « La Société ingouvernable » (La Fabrique, 2018), à écouter ici.

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Sur la table de nuit

Il s’agit d’une relecture. Je ne me souvenais de rien et pour cause. Valéry fait partie de ces auteurs qui écrivent pour écrire, de préférence pour ne rien dire. Il pratique élégamment ce qu’on appelait « l’art pour l’art » : art de rêvasser en pensant et réciproquement, art de noter les idées nuageuses issues de la vie de l’esprit (il parait que l’expression est de lui). Hors table de nuit, ce livre n’aurait que peu d’intérêt. Mais voilà, nous sommes à cet endroit pour piquer du nez ; et là, il faut avouer que c’est diablement efficace. On essaie de deviner le sens des paragraphes en enrichissant au passage son vocabulaire de mots surannés et l’on s’endort en suivant des phrases plus ou moins filandreuses, mais sans les coups de scalpel d’un Proust. Valéry se regarde écrire et on ne peut pas nier qu’il écrive plutôt bien, même si c’est dans un style inutilement ampoulé.

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Presque vu

Holy Motors, Leos Carax (2012)

Pas vu jusqu’au bout, en fait. Pas réussi à entrer dans le film. De l’extérieur, donc, on a l’impression que Denis Lavant en fait beaucoup trop, un peu comme un acteur qui aurait été retenu à l’écart des plateaux pendant une décennie et qu’on aurait soudain lancé sous les projecteurs. Mais il s’agit probablement d’une impression. Je ne doute pas du fait que certaines scènes contiennent des symboles mais ceux-ci m’ont complètement échappé. On essaiera peut-être encore une fois avec Annette.

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