Un peu de douceur

Jérôme Leroy a raison. Cette voix, ces mélodies, c’est exactement ce dont nous avons besoin.

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Vu

Cinq pièces faciles (Five Easy Pieces), Bob Rafelson (1970). Le spectateur débarque sans préambule ou repère narratif dans une plate-forme de forage où il découvre le personnage pas très sympathique joué par Nicholson. L’acteur livre une composition inspirée en incarnant un type impulsif, en décalage avec son entourage, souvent odieux avec sa compagne (une serveuse qui rêve de devenir chanteuse de Country), mais également, à mesure que le film avance, compliqué, torturé, lucide sur lui-même et sur ses échecs. La thématique de Five Easy Peaces est assez proche de celle des films emblématiques du « nouvel Hollywood » comme Vanishing Point ou Easy Rider. Le personnage principal est un outsider qui tente d’échapper à l’aliénation (sociale, familiale, spirituelle) ; il se heurte à de dures limites extérieures et surtout intérieures. Comme dans les deux films cités, la liberté est difficile à trouver. La  conclusion est plutôt sombre mais pas complètement désespérée. Le magnifique plan d’ensemble sur lequel défile le générique de fin laisse les choses suivre leur cours. Un grand moment de cinéma.

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Aslan


Inauguration de la nouvelle rubrique « érotisme » avec le grand illustrateur de pin up pour le magazine Lui et les calendriers pour garages et cabines de camion. Pourquoi ? Parce qu’il évoque une époque insouciante, probablement idéalisée, mais qui nous apporte un peu de fraicheur en cette époque plombée par les fanatiques. Avez-vous remarqué qu’ils tombent tous d’accord sur un point : la haine du corps de la femme ?

 

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Sunday song

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Vu

Phantom Thread, Paul Thomas Anderson (2018) 

Images superbes, jeu d’acteur époustouflant. On ne peut qu’être renversé sur sa chaise par tant de perfection (on pense à Kubrick ). A la fin, pour être honnête, lorsque le dernier plan finit de délivrer l’ambiguïté de la relation de ce couple, je me suis dit en voix intérieure pour qu’on ne m’entende pas blasphémer : « Tout ça pour ça ? »

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Bonjour, c’est Pop 2

Si votre temps est compté, allez directement à la reprise de Hollis Brown à 10:10.

 

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L’art du portrait

Elizabeth Peyton, Keith (From Gimme Shelter), 2004

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Lecture

La « nouvelle œuvre » avec laquelle lutte l’écrivain n’est autre que le magnifique et sulfureux roman intitulé La Pornographie.

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Vu

Under The Silver Lake, David Robert Mitchell (2018). Sans rien lire en détail sur ce film, j’avais cru percevoir un climat général de déception. Il est vrai que les points communs avec It Follows, le film précédent du réalisateur, sont plutôt rares. Le ton est complètement différent ; la mise en scène, cependant, est toujours éblouissante. On a reproché à Mitchell d’avoir réalisé un film plein de références. C’est justement ce que j’ai aimé dans ce film foutraque qui se réfère, entre autres, au Privé d’Altman et à la Vente à la criée du lot 49 de Pynchon. L’anti héros est un hipster paumé qui traine sa déveine dans la cité du rêve hollywoodien. Comme dans les romans labyrinthiques de Pynchon ou dans le génial Inherent Vice de Paul Thomas Anderson, les stupéfiants ont remplacé le traditionnel bourbon des enquêteurs d’antan. Ce qui permet d’enchainer les séquences censées faire avancer l’intrigue en se jouant de toute logique. Le personnage principal est un peu creux, pour ne pas dire stupide. Il est sans cesse balloté par des rencontres de hasard et ne maîtrise rien ; ce qui permet de faire défiler une galerie de personnages disjonctés. La paranoïa et le complotisme sont omniprésents mais pas sous la forme d’un simple catalogue de références branchées. Il s’agit d’une vision du monde contemporain. A un moment, un personnage qui croit voir des signes secrets cachés partout (et qui sera assassiné un peu plus tard) déclare : « Notre monde regorge de codes, de pactes, d’accords à l’amiable, de messages subliminaux. »

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Revue de presse

« Les médias n’agissent pas que par obéissance, mais par perplexité et bêtise, parce qu’il leur manque une case : la case politique. Habitués à commenter des stratégies électorales, ils ne comprennent pas quand émerge un fait politique, ils ne le voient pas. Ils répètent que le mouvement n’est pas politique (alors qu’il n’est pas partisan, ce n’est pas la même chose). À la place, on le moralise (la violence, c’est mal !), on le judiciarise. On le scinde : les bons manifestants (qui se tiennent sages) et les mauvais (qui cassent). On parle de casseurs en mélangeant les pilleurs qui en profitent et les manifestants en colère qui se demandent jusqu’où ils sont prêts à aller. Pire encore : on militarise le conflit. Les médias ont parlé de scènes de guerre (quand parfois brûlaient juste une poubelle et un sapin de Noël), fantasmé la guerre civile, épouvantail agité par un État irresponsable qui comptait bien monter les uns contre les autres («il va y avoir des morts !»). La police a sorti les chiens, joué aux cow-boys avec ses LBD40, des flash-balls augmentés. Un quart de Paris a été transformé en ville morte, 46 stations de métro fermées le 15 décembre. Il fallait y être pour voir les gilets jaunes transformés en âmes errantes cherchant un endroit où se retrouver. Et on s’étonne de la colère du peuple alors qu’on le traite en ennemi ? » (Stéphane Delorme, « Une France qui se tient sage », Les Cahiers du Cinéma)

« Il faut bien saisir l’ampleur de la trahison que cela représente et l’hypersensibilité que ça peut créer chez les gens : le modèle qu’on nous a vendu depuis un siècle, celui de l’individu qui s’accomplit en étant propriétaire de sa maison et de sa voiture, qui a un travail décent et qui vit bien sa vie en se levant tous les matins pour aller bosser, ce modèle-là sur lequel Nicolas Sarkozy a beaucoup surfé avec sa France des gens qui se lèvent tôt et sa politique d’accession à la propriété, tout ce modèle-là on déclare tout à coup qu’il n’est plus possible économiquement et qu’il est dangereux écologiquement, qu’il faut donc se sentir coupable d’être à ce point écologiquement irresponsable, d’avoir suivi des décennies d’incitation à suivre ce modèle. Vrai ou pas vrai, l’effet de ce discours est terrible. » (Entretien avec Samuel Hayat, Grozeille)

« Le rêve américain, les promesses du confort bourgeois : tout ce qui a été un leurre à la croissance des Trente Glorieuses est devenu une mécanique de mort programmée. Non, décidément, le confort n’est pas fait pour les masses, ça coûte un pognon de dingue et c’est anti-écologique. Petit à petit, les promesses d’un avenir meilleur se sont envolées : finie la méritocratie, on peut être chômeur et diplômé, fini le plein emploi, c’est un truc qui va avec le pétrole gratuit, finie l’éducation de qualité pour tous, seule l’élite peut payer son diplôme du ghetto, finie la propriété, le logement est devenu un luxe, tout comme l’alimentation saine et le voyage.

Un seul mot d’ordre pour sauver les meubles : il faut réapprendre aux pauvres ce que c’est que « d’être pauvre », qu’ils retrouvent leur place et ils obéiront. Pour se faire, il faut sacrifier sur l’autel du progrès la classe moyenne et faire entrer la catéchèse du nouveau monde dans les esprits, à coup de matraque.

C’est donc une fin de partie délicate qui se joue en acte, chaque samedi en jaune et depuis plus d’un mois, des refuzniks d’un nouveau genre, résistants de la classe moyenne, contre les bénéficiaires de l’ordre établi, qui n’ont aucun intérêt à le changer, sauf à en tirer un plus grand bénéfice. » (« Fin de partie, le monde moderne)

 

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