Vu

Avec toutes ces journées de grève, j’ai pris un peu de retard dans mes notes sur les films vus ou revus. Première tentative de rattrapage :

Bukowski : Born into this, John Dullaghan (2005) D’un côté, on pourrait croire que ce documentaire ne nous apprend pas énormément de choses sur le parcours de l’écrivain, une large partie de son œuvre étant directement autobiographique ou inspirée par des expériences vécues. Oui mais l’homme est plus complexe que l’image publique de vieux poivrot qu’il a trimballée sur les scènes où il lisait ses poèmes et jusque sur le plateau de la télévision française. Les précieux témoignage des anciennes compagnes et les souvenir de l’écrivain lui-même sont riches d’enseignements pour ceux qui apprécient le phénomène Bukowski.

Jackie, Pablo Larrain (2016)

Vu de l’épouse assise qui a reçu des fragments de cervelle présidentielle sur son tailleur rose. Il faut avouer que c’est assez original comme manière d’aborder le meurtre le plus spectaculaire (au sens debordien) du vingtième siècle. La mise en scène est glacée comme les pages des news magazines qui diffusaient en abondance les images de l’élégante veuve, ce qui a tendance à mettre à distance les émotions de la jeune veuve et rend le film assez terne. Dommage parce que Natalie Portman est une Jackie assez convaincante.

Le Jardin des Finzi-Contini, Vittorio De Sica (1970)

Le film raconte la vie de quelques membres de la bourgeoisie juive à la fin des années trente pendant la montée du fascisme en Italie. Dans une belle lumière d’été, le réalisateur montre une jeunesse insouciante s’adonnant au tennis et au flirt. Personne ne s’inquiètent des premières mesures d’interdiction concernant les juifs. La belle jeune fille jouée par Dominique Sanda ne manque pas de susciter des passions amoureuses dans ce paradis précaire protégé par des hauts murs. La dernière image montre l’héroïne au moment de son arrestation par la police fasciste. Elle jette un dernier regard sur le domaine qu’elle ne reverra très probablement jamais. Très beau film qui donne envie de lire le roman qui l’a inspiré.

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Nadine Rovner

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L'art de la reprise

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Sunday song

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Rions un peu

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Revu

L’ami américain, Wim Wenders (1977)

C’est lent, très bien filmé, ennuyeux mais d’une manière agréable ; Bruno Ganz fredonne There’s Too Much On My Mind des Kinks et ça c’est cool ; et puis il y a Dennis Hopper et quelques apparitions de Nicholas Ray. Pour moi, le cinéma de Wenders cesse d’être supportable au-delà de ce film. Je sauve quand même The Soul of a Man (2003), excellent documentaire sur le blues.

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Vu

Ce plaisir qu’on dit charnel, Mike Nichols (1971)

Le film est moins connu que le Lauréat. Il revient sur le sujet qui semble tenir à cœur le réalisateur : l’attraction et la rencontre entre individus des deux sexes. Deux amis étudiants cherchent une compagne pour commencer leur exploration et accroitre leur « connaissance charnelle » (Carnal Knowledge, c’est le titre original). Cette fois, le film va suivre l’évolution des deux personnages au fil du temps, jusqu’à la maturité. Sandy (joué par Garfunkel) semble avoir trouvé une relation stable avec sa compagne « trop intelligente » mais Nichols ne s’aventurant jamais dans la maison du couple, nous n’en savons que ce qu’en dit Sandy à son vieux copain. Jonathan (joué par Nicholson) a beaucoup de liaisons, toutes décevantes et frustrantes ; il s’enfonce dans un cynisme de plus en plus amer et finit seul, aigri, juste bon à « gagner du fric » selon ses propres dires. Dans la dernière scène, on le voit payer une prostituée qui doit réciter un texte écrit en son honneur et dont elle peut pas s’écarter sans le mettre en colère. Pathétique et cruel. Le film est surtout l’occasion de voir Nicholson éclater en tant qu’acteur, notamment dans une scène de ménage d’anthologie qui anticipe sur certains de ses rôles à venir.

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En grève

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Vu

Joker, Todd Philipps (2019)

En écoutant ce matin une chronique culturelle à la radio, je me suis souvenu que j’avais vu ce film. Je l’avais complètement oublié. J’avais tendance, juste après l’avoir vu, à penser que le film était assez réussi. Le fait qu’il ne laisse aucune trace laisserait entendre que nous avons affaire à une imitation, une sorte de cinéma mimant les films qui s’intéressaient aux desperadoes (Bonnie & Clyde) ou s’en prenaient au contrôle social (Vol au-dessus d’un nid de coucou). Nous avons conservé le souvenir de scènes de ces grands films du « nouvel Hollywood » et nous avons régulièrement envie de les revoir. Il semble que ce ne soit pas le cas du néo-cinéma contemporain lorsqu’il traite de la violence sociale.

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Lu

Le vrai monde d’avant, c’est celui d’Alain-Fournier. Le monde des voitures tirées par des chevaux, des petites écoles de village et des amours impossibles avait déjà disparu depuis quelque temps lorsqu’on grandissait dans un village au cours des années 60. Le roman d’Alain-Fournier bénéficiait alors d’un statut de livre culte. Son auteur avait été tué dans les tranchées à 27 ans sans avoir le temps d’ajouter d’autres livres à cette œuvre de jeunesse. Le livre appartenait à ma grande sœur et jusqu’à présent je n’avais pas voulu le lire, craignant la déception et préférant conserver l’image que je m’en faisais. Finalement, ce fut une lecture agréable qui accompagna la période assez pénible dite des « fêtes ». Tout le début est un enchantement. Meaulnes, qui a fugué, revient complètement chamboulé du « pays sans nom » où il a assisté à une fête étrange et merveilleuse qui se déroulait dans un chateau mystérieux. Il est surtout obsédé par l’idée de retrouver l’endroit où il a apperçu la femme de ses rêves. La suite, qui emprunte aux mélos feuilletonesques, a pris un coup de vieux mais cela ne gâche pas le charme surréaliste (au vrai sens du terme) de la première partie. On peut trouver cet univers onirique complètement hors jeu et ringard. Cela ne me gêne pas. Au contraire, cet ostracisme ne donne que plus de valeur aux images intemporelles que j’ai conservées de cette lecture.

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