En pause

Paul Cézanne, Les rideaux, Vers 1885/1890, Aquarelle sur esquisse à la mine de plomb, Louvre

Passez un bel été. A bientôt.

Publicités
Publié dans Journal | Tagué , , | 1 commentaire

Sunday song

Publié dans Journal | Tagué | Laisser un commentaire

Le pèlerinage américain

Le photographe Daniel Kramer (à gauche) est l’un des témoins interrogés dans le sympathique documentaire L’amérique de Bob Dylan. On y croise de nombreux papys qui racontent leurs souvenirs avec ferveur. Ils parlent parfois aussi du présent, comme cet ancien activiste des droits civiques qui décrit un pays coupé en deux et conclut en disant que « cela pourrait se terminer par une guerre civile ». Dylanologues débutants ou confirmés, il vous reste quelques jours pour voir ce road movie dont l’intérêt est inégal mais qui réserve de bonnes surprises (comme la visite de la maison rose en compagnie de l’actuel proprio).  Les 5 parties disponibles ici.

Publié dans Journal | Tagué , , | 1 commentaire

La disparition de Danny Williams

En feuilletant le livre de Stephen Shore, mon attention a été attirée par cette photographie accompagnée d’une légende énigmatique :

J’ai fait une petite enquête sur le net. L’histoire vaut le détour. D’ailleurs elle a fait l’obet d’un film documentaire. Danny Williams a débarqué à New York en 1965. Il a fait du montage pour les frères Maysles avant de devenir le collaborateur et l’amant de Warhol. Il a conçu les éclairages du mythique EPI (Exploding Plastic Inevitable) et a également réalisé une vingtaine de films expérimentaux qui connurent un certain écho. En 1966, les choses se sont dégradées dans la start up artistique où la compétition était implacable ; les wanna be de la Factory étaient jaloux, Warhol a rompu avec lui et sa consommation d’amphétamine a considérablement augmenté.

En juillet 66, c’est retour à la maison familiale dans le Massachusetts.

Après un repas, il part faire un tour dans la voiture de sa mère. Personne ne l’a jamais revu. D’où les coups de téléphone de la mère évoqués dans la légende par Stephen Shore. Ses vêtements et ses clés de voiture ont été retrouvés plus tard, coincés derrière un rocher sur le rivage de la baie de Boston. La noyade est probable  mais on n’a jamais retrouvé le corps. Voilà pour l’histoire de Danny Williams.

Mais il y a une suite.

Trente-quatre ans plus tard, sa nièce, la réalisatrice Esther Robinson s’occupe de la programmation pour une fondation en relation avec la Fondation Andy Warhol. Sa grand-mère passe la voir et lui raconte le vieux secret de famille : son fils avait vécu avec Warhol et il avait mystérieusement disparu.

Esther Robinson apprend alors que des films de Danny Williams ont été retrouvés lors l’archivage de la collection Warhol au Museum of Modern Art. Tournés sur des supports en noir et blanc de 16 mm, ils présentent Andy Warhol, Edie Sedgwick, The Velvet Underground et d’autres personnages bien connus de la Factory. « Quand j’ai vu à quel point les films étaient bons, j’ai pleuré ; c’était comme si ce membre de ma famille me parlait à travers le temps », raconte sa nièce. Les films ont un style particulier, différent des films de Warhol et de Morrissey, notamment le travail sur la lumière et la couleur.

Esther Robinson est parvenue à récupérer les films au terme d’une longue bataille juridique avec le MOMA. Elle a interviewé des rescapés comme Billy Name, Gerard Malenga et John Cale et a réalisé un documentaire sur son oncle afin de lui redonner la place qui lui revient dans cette histoire. On peut trouver des passages sur YouTube. Il y a surtout cet extrait d’un film de Danny Robinson avec des images incroyables du Velvet Underground.

Publié dans Journal | Tagué , , | 8 commentaires

Anciens étés (suite)

J’ai longtemps conservé un souvenir enchanteur de l’été 69. A vrai dire, il m’en reste bien peu de choses : des anciennes photos prises dans les rochers où je porte un jean bleu marine ; les cafés de la plage où nous faisions des incursions pour acheter des cacahouètes salées et faire des parties de baby foot ; les tubes qui sortaient des transistors et des juke-box. La bande son de cet été-là était un bon cru, idéale pour accompagner la fin de l’enfance. On entendait en boucle les deux faces du single de Polnareff et aussi l’improbable C’est extra. Ces deux chanteurs énervaient les adultes et ça me plaisait beaucoup.

Publié dans Journal | Tagué , | 18 commentaires

Stephen Shore

Extraits de The Velvet Years: Warhol’s Factory, 1965-67

 

Publié dans Journal | Tagué , | 6 commentaires

Lu dans le jardin

Jean Marc Flahaut et Frédérick Houdaer ont eu la bonne idée de traiter le thème du cinéma à travers des poèmes. Il est question des salles obscures, mais aussi des films du dimanche soir à la télé, des cassettes VHS sulfureuses louées par des adolescents fébriles et des rêveries que déclenchent certains noms d’acteurs ou d’actrices. A vrai dire, je ne vois pas de meilleure entrée pour aborder la question  « à quoi sert la poésie contemporaine lorsqu’on se réveille en plein milieu du cauchemar libéral ? »

Extait :

Le cinéma français

dire juste ça
le cinéma français
avec la gourmandise d’un enfant
dans les années 80
le cinéma français
celui qui passait tous les dimanches soirs à la télé
le cinéma français
ses dialogues a minima
ses personnages génétiquement tragiques
le cinéma français
ses intérieurs dépouillés
ses paysages tristes à pleurer
ses meurtres par camions interposés
le cinéma français
ses aires d’autoroute
ses pavillons de banlieue
ses ascenseurs vides
ses villes de Province
le cinéma français
ses inspecteurs de police
ses dames aux chats
ses contrôleurs SNCF
ses vendeuses de stylo
dire juste ça
le cinéma français
avant de l’oublier

Frédérick Houdaer & Jean Marc Flahaut, Cinéma Inferno, Editions Le Pédalo Ivre (2018)

Le livre peut être commandé ici. La chaise de jardin se trouve un peu partout.

Publié dans Journal | Tagué , , | 6 commentaires

Hommage à Kurt Schwitters

Maraak, Variation I (Merzbild), 1930

Mz 163 with Woman, Spraying, 1920

Merzbild 5 B (Picture Red Heart-Church), 1919

La musique d’avant-garde a été évoquée ici récemment. Cela m’a donné envie de revoir des tableaux de Schwitters. Il y en a de très beaux dans la collection du musée Guggenheim de New York. En attendant d’y aller un jour, la collection est online.

Publié dans Journal | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Sunday song

Publié dans Journal | Tagué | 1 commentaire

Lu

Un universitaire commente pour nous le poème de John Shade, son collègue, voisin et ami. Au fil des notes de lecture et des digressions, l’intrigue et les personnages du roman se précisent (le narrateur est un roi en exil, le poète a été assassiné). Nabokov, dans la fausse introduction, compare son ami à un magicien qui le fascinait lorsqu’il était enfant. Ce roman époustouflant est « ce soudain éclair de magie » qui laisse le lecteur étourdi et émerveillé.

Publié dans Journal | Tagué , , | Laisser un commentaire