Citation

« Je ne voudrais être rien d’autre qu’un homme qui arrose son jardin et qui, attentif à ces travaux simples, laisse pénétrer en lui ce monde qu’il n’habitera pas longtemps. » Philippe Jaccottet, Taches de soleil, ou d’ombre

Selon Bill, sur Facebook (qu’il vient de quitter), on célèbre plus souvent les morts que les vivants. Comment échapper à cette litanie des disparitions ? En vieillissant nous nous trouvons inévitablement confrontés au départ de ceux qui nous précèdent. Il faut croire qu’il s’agit pour chaque nouvelle génération d’une découverte, presque d’une surprise. La citation est extraite de l’hommage à Philippe Jaccottet signé Jacques Munier.

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Vu

Foxy Brown, Jack Hill (1974)

Un film pas désagréable à regarder, surtout à grâce à Pam Grier particulièrement mise en valeur ici. Blaxploitation oblige, les méchants sont des blancs : trafiquants d’héroïne sans scrupules, juge et flics corrompus, gangsters beaufs pré-trumpiens, maquerelle trafiquante de chair fraiche. La fin, pendant laquelle Foxy règle ses compte avec ceux qui ont tué son boy friend et son frère est particulièrement jouissive, comme il se doit dans un film de vengeance. Bonus : après l’avoir vu, on apprécie encore mieux Jackie Brown, hommage respectueux et meilleur film de Tarantino.

2046, Wong Kar-wai (2004)

C’est beau, séduisant, parfois même envoutant ; mais c’est long et lent. La première heure pendant laquelle on suit les amours d’un écrivain résidant dans une chambre d’hôtel entourée de belles jeunes femmes élégantes se laisse regarder sans déplaisir mais assez froidement, probablement à cause de l’esthétisme omniprésent dans chaque plan. Vers le milieu (le film dure deux heures), on se retrouve dans un train de science fiction, le personnage tombe amoureux d’un robot dont les dialogues n’étaient pas traduits et là, j’ai décroché.

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In dream

Illustration : Bill Térébenthine

Nous entrions dans un bar et nous avions l’air de trouver cela normal. Ce qui nous mettait de bonne humeur, ce n’était pas d’avoir trouvé un bar ouvert mais le fait qu’on y entendait de la bonne musique Country et rien d’autre. Je mesure ce qu’un tel rêve peut avoir de superficiel en pleine crise sanitaire et vous prie de m’en excuser.

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Mesures d’urgence

Tina Berning, Girl on cheap paper

Les branches qui s’agitent sous la fenêtre me font penser au jardin exalté de Michaux. Je lis un message sur Twitter : Ferlinghetti « passed away » lundi 22 fevrier dans la soirée. Pas besoin de faire une revue de presse pour savoir que ça va mal pour beaucoup de monde. Nous avons un urgent besoin de musiques mélancoliques et de lectures vitales – c’est-à-dire à l’opposé du marasme ambiant. Pour moi, ce sera les romantiques allemands.

« The greatest poem is lyric life itself. » Lawrence Ferlinghetti

D’autres œuvres de Tina Berning sur Instagram

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Citation

« Bien sûr, à une époque de folie, c’est une forme de démence que de s’attendre à échapper à la folie. « 

Saul Bellow, Le Faiseur de pluie (Gallimard)

Bonnes vacances et à bientôt, même endroit.

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Vu

Marie-Chantal contre Dr Kha, Claude Chabrol (1965)

C’est toujours comme ça. On sait d’avance qu’on va être déçu avec ces parodies de films d’espionnage à la française et en même temps on ne peut pas éviter de se laisser tenter. Il faut dire que celui-ci a tout pour séduire. Chabrol à la réalisation et au scénario plus une impressionnante bande de comédiens en roue libre qui s’amusent beaucoup. Problème : la bonne humeur est sur l’écran et pas forcément chez le spectateur qui s’ennuie souvent. Il s’en serait pourtant fallu d’assez peu pour que ce film sans prétention devienne vraiment étrange et décalé, une sorte de Made in USA à la Chabrol. Les deux films sortis à un an d’écart ont d’ailleurs été produits par Georges de Beauregard

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Sunday song

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Citation

« Ce que Proust a cherché, il l’a cherché avec une parfaite cohérence la plume à la main ; ce n’était pas l’acuité du souvenir, même toute-puissante, qui pouvait le lui donner, c’était le seul pouvoir de l’art, car la mémoire ne restitue jamais un passé-présent. Le Sésame ne résidait ni dans les pavés, ni dans les madeleines, mais dans le seul privilège de l’écriture, et ce que cette écriture ressuscitait pour lui, ce n’était pas Illiers, les fleurs de la Vivonne, ou le jardin de la tante Léonie, mais le seul présent-passé irremplaçable de la Recherche du Temps Perdu. » Julien Gracq, En lisant en écrivant (José Corti)

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Vu

Brewster McCloud, Robert Altman (1970)

Je pourrais dire qu’Altman est un génie et que j’en ai eu la révélation avec ce film, même si j’aimais déjà beaucoup ceux que j’avais vus avant, mais ce serait stupide car il y aura toujours des gens qui n’entrent pas dans ses films et qui les critiquent depuis le pas-de-porte où ils sont restés coincés et ils ont bien raison puisque c’est leur point de vue. Les films d’Altman sont délirants, brillants, libres, novateurs, mais aussi très déroutants par rapport aux attentes du spectateur. Si on aime se laisser emporter par le tourbillon des personnages et par le montage parallèle de scènes plus ou moins incompréhensibles pendant un bon premier tiers du film, alors c’est le grand huit en apesanteur comme si on avait pris une excellente drogue douce. Le scénario est aussi impossible à résumer qu’un roman de Pynchon. D’ailleurs, j’ai souvent pensé à l’excellent Inherent Vice, assez proche dans la manière de court-circuiter la narration. Par exemple, le policier venu enquêter sur des meurtres mystérieux se suicide vers la moitié du film et on ne s’intéresse alors qu’à l’assassin, une étrange femme (un ange gardien ?) et à son protégé, le jeune Brewster qu’elle soutient dans son projet de machine volante. C’est drôle, surprenant, poétique, romantique, anarchiste. Tout ce que j’aime, quoi.

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Mieux avant ?

Steed & Mrs Peel

En application du principe élémentaire selon lequel on ne s’acharne pas sur une personne à terre pas plus qu’on ne tire sur une ambulance, nous éviterons autant que possible de dévaloriser notre époque par des comparaisons accablantes concernant les arts, la vie des idées ou encore ce qu’on appelle « l’air du temps ». Trop facile. Notre présent est plombé et ce n’est pas en soulignant cet état de fait que nous allègerons l’ambiance. On peut toutefois noter sans pessimisme exagéré ni nostalgie excessive qu’une certaine élégance graphique semble s’être envolée. Souhaitons que cette éclipse de la création visuelle soit momentanée.

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