L’éveil selon Hesse

Dans le roman d’Hermann Hesse que je viens de terminer, j’ai coché un passage où l’écrivain parle de l’éveil en ces termes :

« L’enjeu de l' »éveil », c’était, semblait-il, non la vérité et la connaissance, mais la réalité, le fait de la vivre et de l’affronter. L’éveil ne vous faisait pas pénétrer plus près du noyau des choses, plus près de la vérité. Ce qu’on saisissait, ce qu’on accomplissait ou qu’on subissait dans cette opération, ce n’était que la prise de position du moi vis-à-vis de l’état momentané de ces choses. On ne découvrait pas des lois, mais des décisions, on ne pénétrait pas dans le cœur du monde, mais dans le cœur de sa propre personne. C’était aussi pour ça que ce qu’on connaissait alors était si peu communicable, si singulièrement rebelle à la parole et à la formulation. Il semblait qu’exprimer ces régions de la vie ne fît pas partie des objectifs du langage. »

Hermann Hesse, Le Jeu des perles de verre

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8 commentaires pour L’éveil selon Hesse

  1. Gompo dit :

    salut. j’ai un peu les mêmes idées que Hesse.

    éveil = « la prise de position du moi vis-à-vis de l’état momentané de ces choses. On ne découvrait pas des lois, mais des décisions, on ne pénétrait pas dans le cœur du monde, mais dans le cœur de sa propre personne. »

    être zen, m’éveiller à ma propre énergie pure,

    c’est apprendre à ne pas m’énerver, à faire face stoiquement à la violence de la nature et au délire humain, administratif et capitaliste,

    à être compatissant et bienveillant,

    bien manger sans faire souffrir les animaux et la planète,

    etc

  2. journaldejane dit :

    Ce qui a retenu mon attention dans la définition de Hesse, c’est l’importance donnée aux décisions prises dans le feu de l’action, dans le flux, sans avoir le temps d’analyser consciemment « l’état momentané des choses ». C’est ce qui se passe dans les situations d’action où il faut improviser et, bien sûr, dans l’activité artistique lorsqu’elle est bien lancée.

  3. Jean TIENHAIN dit :

    Le monsieur il dit simplement qu’il n’avait pas les mots pour le dire.

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