Lu

Dostoïevski, Les carnets du sous-sol

Je l’avais abordé avec plein de bonnes résolutions, me réjouissant à l’idée d’attaquer enfin l’œuvre imposante de l’immense écrivain russe. Et là, je me retrouve à peu près incapable d’articuler quelque chose de cohérent à propos de ce monologue qui commence par l’aveu « Je suis un homme malade… Je suis un homme méchant. Un homme repoussoir, voilà ce que je suis. » Et vous savez quoi ? Ce n’est pas du tout exagéré. Ce monologue est celui d’un homme qui possède toutes ces tares au plus haut point et qui en parle dans une sorte de gigantesque crise d’hystérie allant crescendo jusqu’à ce qu’il décrète abruptement qu’il n’a « plus envie d’écrire ». Point final. Comme il a, entre autres qualités, celle d’être aussi un menteur, l’auteur, qui a pris soin dans un avertissement de préciser que ce « carnet » était une fiction, nous apprend que son personnage « a continué ». En lisant le livre, j’ai pensé souvent à Nabokov, qui s’est acharné régulièrement sur Dostoïevski dans le cadre de ses cours de littérature, et je crois avoir compris ce qui suscitait le violent rejet de la part de l’auteur d’Ada ou l’ardeur. Dostovieski est l’écrivain de l’humiliation, de la haine de soi (et des autres) et de l’échec. Évidemment, nous pouvons tous à un moment ou à un autre avoir affaire à ces facettes de l’être humain. Mais de là à y plonger à pieds joints, à s’y vautrer en se laissant entrainer par un écrivain habile et talentueux qui capte votre attention et ne vous lâche pas une seconde, il y a un pas qu’on peut hésiter à franchir. L’Idiot et Le Joueur vont devoir attendre encore un peu.

Cet article, publié dans livres, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 commentaires pour Lu

  1. zoë Lucider dit :

    L’idiot est un livre très fort avec un personnage « innocent » au sens littéral qui est touchant .

    J’aime

  2. Jacques d. dit :

    https://www.discogs.com/fr/release/1112223-Sugimoto-Taku-Myshkin-Musicu-For-Electric-Guitar

    on peut (éventuellement, nulle obligation bien sûr), en lisant « L’Idiot », écouter ceci, sa lecture n’en sera pas forcément perturbée…
    J’ai, par contre, un excellent souvenir de « Le Joueur »… mais comme ce souvenir est né de ma lecture en classe terminale et que celle-ci remonte aux calendes grecques, je reste toutefois prudent et n’en conseillerai la lecture que sous certaine réserve.

    J’aime

  3. Breuning Liliane dit :

    Oh, NON
    mais l’Idiot, Jane,
    vous n’allez pas mourir sans avoir lu l’Idiot!!!

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s