Éloge de la servitude volontaire par temps de pandémie

Étienne de La Boétie par Bill Térébenthine

« La servitude volontaire a ceci de très pratique qu’elle suppose l’adhésion prétendument volontaire des individus à ses idées. Plus que la peur de la sanction, c’est d’abord l’habitude qu’a le peuple de la servitude qui explique qu’elle perdure. Contrairement à la coercition, elle est certes plus diffuse (voie des médias, d’experts et consultants supposés indépendants, etc.), mais bien plus aisée à mettre en œuvre d’un point de vue technique. Ainsi le peuple participe lui-même à sa propre servitude.

D’abord, elle n’implique pas forcément de devoir passer par le processus démocratique et législatif et donc d’en risquer la censure. On ne compte plus les arrêtés, ordonnances et circulaires n’ayant été votés par personne de démocratiquement élu dans les grandes démocraties et qui pourtant régissent la vie quotidienne de leurs populations et entravent sans vergogne leurs droits depuis bientôt deux ans sans qu’aucun soulèvement n’ait eu lieu.

Ensuite, la servitude volontaire n’oblige pas le gouvernant à assumer son idée au point de rendre celles des autres illégales pour qu’elles soient inopérantes. Aussi, ne peut-il pas être taxé de tyrannie ou d’absolutisme par l’Histoire au moment du jugement. Il n’a forcé personne, le consensus est incontestable même s’il reste quelques individus marginaux ayant préféré de croire autrement.

Son grand avantage est de ne générer qu’une opposition que l’on peut qualifier de molle, en ce sens qu’elle ne s’oppose pas à des règles dures (« vous restez libres de ne pas vous faire vacciner ») mais au contraire à des situations de fait, par nature oppressantes, mises en place sous couvert d’arguments fallacieux (« en revanche, vous n’aurez plus la liberté d’aller et venir si vous choisissez de ne pas l’être »). Aussi, est-il alors plus aisé de dénigrer son opposition au motif qu’elle se sent persécutée injustement par des contraintes qui n’en sont officiellement pas. Aucun risque de tyrannie, donc.

Enfin, contrairement à la coercition qui implique de rendre illégal un comportement pour le rendre inopérant, la servitude volontaire utilise la technique détournée dite du terrorisme intellectuel pour imposer sa thèse. Pratique théorisée successivement par Montaigne, Lénine et l’écrivain Jean Sevilla, elle consiste à rendre une thèse inopérante ou inexistante au moyen de procédés dits intellectuels (publications, médias, données chiffrées, etc.) pour empêcher la formulation d’idées jugées gênantes. »

Extrait d’un article qu’on peut lire en entier sur le site de Contrepoints.

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