Lecture

Après l’assez ennuyeuse Aventure d’un certain Hans Pfaall, aussi encombrée de détails techniques qu’un texte de Pynchon mais sans l’humour tordu de ce dernier, c’est avec plaisir qu’on lit la première page de la nouvelle intitulée Manuscrit trouvé dans une bouteille, modèle d’introduction à une nouvelle fantastique :

Ce ton péremptoire est en règle générale insupportable sauf dans un cas : lorsqu’il s’agit précisément de la voix d’un narrateur qui veut donner une grande crédibilité à son récit. Celui qui parle ajoute un peu plus loin : « J’ai jugé à propos de donner ce préambule, dans la crainte que l’incroyable récit que j’ai à faire ne soit considéré plutôt comme la frénésie d’une imagination indigeste que comme l’expérience positive d’un esprit pour lequel les rêveries de l’imagination ont été lettre morte et nullité. » On te croit d’avance, mec, et on se précipite pour lire la suite. On découvre ainsi un récit halluciné qui pourrait donner lieu à une belle adaptation cinématographique.

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3 commentaires pour Lecture

  1. journaldejane dit :

    « La bourrasque surréaliste vue par Sollers »
    à lire dans le toujours excellent blog de Paul Edel

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  2. Anonyme dit :

    Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l’hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l’horizon, d’où tout à coup part un vent étrange et fort, précurseur de la tempête.

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