Lecture

Rappel : j’ai décidé de lire les deux volumes de L’homme sans qualité, sans me presser, en prenant le temps de consulter des commentaires suscités par l’œuvre (à commencer par ceux de Jacques Bouveresse) et, si j’en ai la possibilité, en abordant certains prolongements philosophiques. Vaste programme, j’en conviens, et qui devrait nous occuper sur une assez longue période. Autant dire que Musil apparaitra assez régulièrement dans le Journal.

J’en suis à la page 284, ce qui constitue une infime partie de l’œuvre. Et déjà, quelques interrogations apparaissent. Premièrement, d’où vient cette réputation de livre « difficile » ? La prose musilienne est claire et précise, dénuée de complications inutiles ; le découpage en courts chapitres permet de suivre plusieurs personnages pris dans différentes actions, un peu à la manière du montage parallèle. La narration est régulièrement ponctuée de considérations générales présentant souvent un intérêt au-delà du récit lui-même. Bouveresse disait qu’il lui suffisait de lire une dizaine de pages de Musil pour tomber sur un passage qui résonnait avec un sujet d’actualité. Pour résumer, on ne s’ennuie pas. Cependant, même si cela peut paraître sacrilège, je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi certains thèmes ont été retenus par l’écrivain. Ainsi, les réunions du petit cénacle autour de la ridicule Diotima sont si vaines qu’elles ne peuvent être traitées autrement que sur le ton sarcastique du caricaturiste. Le gag, c’est que cette élite cultivée et bien pensante (on parlerait aujourd’hui d’un « camp du bien ») ne parvient pas à trouver la « grande idée » qui donnerait tout son sens à leur ambitieuse entreprise. On peut imaginer que Musil réglait ainsi ses comptes avec un certain milieu intellectuel viennois de l’époque. Autre élément du roman dont le choix peut sembler encore plus incongru : les mésaventures d’un criminel dont on suit le périple judiciaire et psychiatrique. Préoccupés de son sort, on voit Ulrich et Diotine agir auprès de leurs relations haut placées pour le faire échapper à la peine capitale. Patientons. Peut-être que la suite du roman nous permettra de mieux comprendre l’intérêt de cet assassin traversé par des hallucinations.

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2 commentaires pour Lecture

  1. Gompo dit :

    Agur, salut basque

    L homme sans qualité, livre que je lus dans ma jeunesse il y a 30 ans

    Peu de souvenirs de ce livre, mais un enchantement de l époque pour les auteurs allemands : Thomas mann, rilke, herman hesse

    Diotime est la maîtresse de Socrate, au sens de professeur. Elle lui enseigne l amour, eros, fils de pauvreté et remède, qui élève l humain.e vers le divin

    D après ce que tu écris jane, diotima de musil est prise dans l humain trop humain

    Musil en choisissant le nom de diotima pour 1 personnage a sans doute diotime en tête, la maîtresse erotique de socrate

    Bibliographie : le banquet de platon

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