Un peu de poésie (et d’archive radiophonique)

Une compilation des émissions « Albatros », par Pierre Drachline, diffusée du 6 avril 1980 sur France Culture. Invités : Jean Blanchard, Noël Arnaud, Serge Koster, Dominique Autié, Jean Hugues Manineao, Dominique Labarrière, Françoise Lebedeff, Hélène Chialkowoy, Philippe Gemen, Jean-Michel Goutier, Didier Gillet, Tristan Cabral, François Bott, Jean Hugues Malineau, Jean Claude Renault, Jean Bazin, Michel Goutier et Gérard Durozoi.

« Le poème se met en marche dès qu’il y a rupture d’équilibre ou que le temps fait un faux pas hors des battements du cœur et ce n’est pas l’émotion mais le souvenir de l’émotion qui gonfle les fruits et fait plier les branches. »

« La révolte est au début du poème et de proche en proche toute la ville flambe. Cette impulsion est à l’origine de toute activité poétique. Cet éblouissement a aussi produit la pince à ressort et le fil à couper le beurre. Mais ceux qui fabriquent des fils à couper le beurre ne participent nullement à l’orgie de l’inventeur et c’est pourquoi ce genre de poème se situe au plus bas de l’échelle. Réellement, la révolte de l’esprit n’a rien de commun avec la révolution politique. C’est même tout le contraire. La révolution politique ne peut donne que quelques places assises à des argousins pourris et repus. Car enfin, pourquoi donc le personnel politique se recrute-t-il dans la boue ? Passons. Les idées sont fastidieuses et je n’ai que haine et mépris pour les peuples et les nations. Et que ma fiente les submerge. »

Texte de Maurice Blanchard lu à 1:16:48 par une voix féminine peut-être un peu douce là où on aurait pu s’attendre à une déclaration véhémente. Mais cette douceur donne à ces mots toute leur force originelle. A noter : j’ai retranscrit à l’oreille sans avoir le texte sous les yeux et la ponctuation n’est peut-être pas exacte.

Il n’est jamais trop tard pour découvrir Maurice Blanchard. Les intervenants de la série d’émissions qui lui étaient consacrées notent tous le caractère intemporel de sa poésie. Ils déplorent également le relatif effacement de ce poète apprécié de Michaux, de Char et de Mandiargues. C’est par ce dernier que je l’ai découvert, grâce à un texte paru dans la Nouvelle Revue Française dans les années 50 et repris dans Le cadran lunaire.

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