Vu

Match Point, Woody Allen (2005)

Pas vu un film de Woody Allen en entier depuis Maris et femmes. C’était en 1992 et j’en conserve un excellent souvenir. Match Point m’y a fait penser par certains aspects, la manière de monter l’ennui et l’absence de désir dans un couple marié. On retrouve le thème de la culpabilité qui était au cœur de Crimes et Délits (autre bon souvenir cinématographique), mais abordé tout à la fin du film, de manière suffisamment ambiguë pour que chaque spectateur puisse se faire sa propre idée sur la manière dont le personnage continuera à vivre avec le souvenir de ce qu’il a fait. La culpabilité passe en second plan, elle s’efface derrière le thème principal évoqué en ouverture : le rôle primordial de la chance, dont le caractère purement aléatoire évacue la notion de responsabilité individuelle. Après avoir vu le film, on peut accorder quelques minutes à s’interroger sur le rôle de la chance (et de la malchance) dans son propre trajet en ce monde.

Le Plongeon (The Swimmer), Frank Perry (1968)

Une pépite du cinéma hollywoodien de la fin des années 60. Un chef d’œuvre pas très connu mais reconnu par ceux qui l’ont vu (comme Frédérick Houdaer qui a signalé le film sur son blog). L’histoire d’un type qui, par une belle matinée ensoleillée, alors qu’il se trouve chez des amis, décide de rentrer chez lui en passant à travers les propriétés du quartier et en plongeant dans chaque piscine. De rencontre en rencontre, le nageur va voir défiler des gens qu’il a connus, des femmes qu’il a aimées (ou l’inverse) et des gens qui ne l’aiment pas du tout. On a l’impression que toute sa vie défile devant ses yeux en accéléré et le constat est cruel. Encore un « feel bad movie » dont certaines scènes résonnent en vous longtemps après le visionnage. Il est vrai que c’est justement à ça qu’on reconnait un chef d’œuvre cinématographique. Critique sociale d’une bourgeoisie consumériste, violence des relations amoureuses, passage du temps, perte de l’innocence, vieillissement : le film soulève de nombreuses pistes sans jamais être explicite. On est plutôt dans la parabole poétique, un genre reste relativement rare à Hollywood, même dans ses années d’or.

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