Rions un peu

Le Côté de Guermantes sur les planches d’un théâtre ? Pourquoi pas. Loin de moi l’idée de me moquer du spectacle tiré du roman. En revanche, la critique dithyrambique que lui a consacré Diacritik relève d’un genre dont je ne me lasse pas : le comique involontaire. Je ne peux m’empêcher de partager un petit florilège de cet article fleuve.

Florilège.

« Et dès la première scène, aux premiers instants de la pièce, le ton est donné : Marcel prend sa guitare et chante « My Lady d’Arbanville » de Cat Stevens. L’anachronisme règne en maître mais n’offre aucun temps perdu, au contraire rattrape du temps ce qu’il faut dire : la mélancolie de la chanson dit, par analogie, la vérité profonde de Marcel. »

« Quand Rachel quand du Seigneur danse avec le valet de pied devant un Saint Loup pris d’une jalousie aussi bien hagarde que folle, le morceau de Marvin Gaye que Marcel met sur la platine dit mieux, par infidélité et par impureté, la rage sexuelle de Rachel, et son caractère provocateur. »

« Quand Saint Loup prend la guitare pour entonner une chanson, il n’y a rien, à la vérité, rien de plus proustien comme transfert. Quand Saint Loup joue de la guitare électrique, c’est comme d’entendre « le tintement timide, ovale et doré de la clochette » du jardin de Tante Léonie, synesthésie et hypallage par excellence de La Recherche. »

« Le Velvet Underground dit sans doute mieux la grâce d’Oriane de Guermantes, son caractère même de femme fatale bien mieux qu’une adaptation dont l’académisme ne dit rien d’autre que la vérité non de Proust mais d’une pesante culture scolaire qui viendrait en entraver la réception. Le Velvet Underground s’offre comme la petite phrase de la sonate de Vinteuil qui dit Oriane mieux qu’une pénible mise en musique qui mêlerait Reynaldo Hahn à Gabriel Fauré. C’est l’hymne national de l’amour de Marcel pour Oriane. Car la lanterne magique de Christophe Honoré est une boule disco. »

On va s’arrêter là. Si vous souhaitez approfondir, c’est ici.

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16 commentaires pour Rions un peu

  1. Jacques d. dit :

    En rire, alors que l’ O.C.D.E du Marketing de l’Action Culturelle (Télé-ramures, les J’en Croque, Fonce Culture, etc.) sont pourtant à plat ventre (voire même en train de creuser le sol pour y déposer leur dévotion) devant cette « marquisade post-post-post-moderne » (tudieu, j’allais écrire Modem) … bon sang, vous allez vous faire taxer de réactionnaire, voire de vermine néo-nazie ?!.

  2. Jacques d. dit :

    Les droitiers ? Un rire de hyène (bon, ce film est très con mais cette séquence l’est moins que le reste) :

  3. John Deere dit :

    avoir une connaissance de l’oeuvre originale, de ses adaptations au théâtre au fil du temps, de cette adaptation en particulier, de son auteur, de ses emprunts musicaux … à quoi bon tant qu’on peut se contenter d’alimenter la rumeur ?
    incidemment : https://www.youtube.com/watch?v=-WLwvdRVuyc
    (il se dit que la reine d’Angleterre n’a pas tremblé avec autant de vigueur sur son fondement depuis la révélation que furent les Pistols en 77 …).

  4. Jacques d. dit :

    « Le saint-honoré est une pâtisserie française, à base de crème Chantilly, de crème Chiboust et de petits choux glacés au sucre » rappelle Wikipédia et qui pourrait ainsi signer même la critique du spectacle donné au théâtre Marigny.

  5. Anonyme dit :

    Sinon, quelle que soit la forme, comme disait l’autre (qu’on peut pas saquer) : « 300 pages pour nous faire comprendre que Tutur encule Tatave, c’est trop. »

  6. Jacques d. dit :

    J’ai ça… pour mettre de l’ambiance chez Palmède de Guermantes, baron de Charlus (et puis Turmion Katilöt, c’est pas mal non plus comme nom !), habitué des petits walk on the wild side.
    Et donc, les Goncourt seraient plus rapides que Dieu qui, rappelons le, en six jours (comme la guerre du même nom), créa quand même tout ce que nous connaissons (et même davantage peut être). Bon, se reposa le septième, mais pour les Goncourt, on ne sait pas. Quant à Proust, c’est, depuis, repos éternel.

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