Clé d’étranglement (suite)

« J’étouffe ! » : les derniers mots de Cédric Chouviat, mort à la suite d’un contrôle policier

« J’étouffe ! » Le cri d’agonie est répété sept fois. Ce sont les derniers mots prononcés par Cédric Chouviat, le 3 janvier 2020, lors de son interpellation par la police quai Branly, au bord de la Seine, à Paris. Le Monde et Mediapart ont eu accès aux enregistrements du téléphone de ce livreur, père de famille, mort à la suite d’un contrôle routier qui a dégénéré. Sur les bandes vidéos, on entend clairement l’échange entre cet homme de 42 ans et les quatre fonctionnaires à l’origine de son arrestation et de son décès. Ces derniers ont été placés en garde à vue, mercredi 17 juin, et auditionnés par l’Inspection générale de la police nationale. Une information judiciaire est ouverte pour « homicide involontaire ».

Filmée de loin par des passants, la scène gardait jusque-là une part de mystère. Mais les enquêteurs ont eu accès aux neuf vidéos tournées par Cédric Chouviat lui-même et aux trois autres prises par l’une des policières impliquées dans l’arrestation. Cesdouze minutes d’échanges permettent de mieux comprendre les circonstances dans lesquelles les fonctionnaires ont décidé de procéder à l’interpellation. L’homme avait été plaqué au sol sur le ventre ; d’après un témoin présent sur les lieux, une clé d’étranglement avait été réalisée. Victime d’une fracture du larynx, il avait été transporté à l’hôpital dans le coma. Il est mort deux jours plus tard. Le Monde

«J’étouffe» crié à sept reprises : des audios éclairent les circonstances de la mort de Cédric Chouviat

Il est 10h07 exactement lorsque l’interpellation dégénère ce 3 janvier. Un ultime «guignol», lancé par Cédric Chouviat, convainc les policiers d’intervenir vigoureusement : «On ramène». La suite est racontée par des témoins et l’un des fonctionnaires, qui confesse qu’à 10h09, une clé d’étranglement est réalisée sur le chauffeur-livreur, en «lui maintenant la tête». Une technique périlleuse, que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a envisagé d’interdire il y a quelques jours, avant de se raviser sous la pression des syndicats de police. Puis, grâce à une autre vidéo, prise cette fois-ci par un passant, on distingue clairement trois agents exercer un placage ventral sur Cédric Chouviat et faire pression sur son corps, allongé face contre terre. C’est à cet instant, via le micro installé sur son casque, que les macabres «j’étouffe» sont enregistrés à sept reprises.

Transporté à l’hôpital dans un état critique, Cédric Chouviat décède le 5 janvier des suites d’une asphyxie «avec fracture du larynx», selon les premiers éléments de l’autopsie communiqués par le parquet de Paris.

Le 17 juin, les quatre policiers impliqués dans l’interpellation de Cédric Chouviat ont été placés en garde à vue et auditionnés par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), à la demande du juge d’instruction qui enquête pour «homicide involontaire». Une qualification pénale contestée par la défense de la famille Chouviat, qui estime que les investigations doivent se poursuivre pour «violences volontaires ayant entraîné la mort». Un crime passible des assises. Libération

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Un commentaire pour Clé d’étranglement (suite)

  1. journaldejane dit :

    La famille de Cédric Chouviat, mort à la suite d’un contrôle policier, demande la suspension des quatre policiers impliqués

    Après les révélations du « Monde » et « Mediapart », elle demande à Emmanuel Macron d’interdire la clé d’étranglement et le plaquage ventral.
    C’est directement à Emmanuel Macron que la famille de Cédric Chouviat a adressé son message, mêlant incompréhension et colère, mardi 23 juin, lors d’une conférence de presse organisée au lendemain des révélations du Monde et de Mediapart sur les derniers mots prononcés par ce livreur de 43 ans, mort à l’issue d’un contrôle routier sur le quai Branly à Paris le 3 janvier, qui a crié à sept reprises « j’étouffe ». Ses proches ont demandé au président de la République de suspendre les quatre fonctionnaires mis en cause et d’interdire définitivement la clé d’étranglement et le plaquage ventral, les deux techniques policières utilisées ce jour-là. Le Monde

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