Un peu d’histoire

Angela Davis, décembre 1971
Black Panther Community Center, 1970
Darryl Cowherd, Stop White Police (St. Louis), 1967

Source

Au moment où les émeutes éclataient un peu partout aux Etats-Unis, un lecteur anonyme écrivait dans les commentaires « Ces dernières semaines, les images de villes américaines en flammes ont évoqué des comparaisons avec 1968. Cette année-là, qui avait vu les Blancs fuir les villes pour les banlieues, s’était conclue par l’élection du président républicain Richard Nixon. Il l’avait emporté avec un programme promettant de rétablir la loi et l’ordre et qui jouait implicitement sur les peurs de la population blanche. » Ce à quoi j’avais répondu une banalité du genre « l’histoire ne se répète pas ». Ce qui m’irritait légèrement dans ce rappel historique, c’était le curieux raisonnement selon lequel, en manifestant pour le respect de leurs droits, dont celui de ne pas se faire tuer par des flics, les noirs favoriseraient la réélection de la catastrophe ambulante à cheveux oranges. Il conviendrait donc, si on suit cette logique, que les noirs américains acceptent sans broncher les inégalités et les violences subies pour ne pas attiser la soif d’ordre des blancs ? C’est oublier que les manifestations de 2020 sont largement multiraciales. En tout cas, la stratégie du chaos et le racisme décomplexé du président psychotique à la dérive ne semble pas être payante.

« Le président des États-Unis donnait dans l’Oklahoma un meeting pour relancer la dynamique de sa réélection. Mais il a dû faire face aux sièges vides et aux annulations de dernière minute. » Huffpost

« Quand le président est entré en scène, clamant que la majorité silencieuse est plus forte que jamais, l’arène de 19.000 places n’est remplie qu’aux deux tiers. Il n’y avait presque personne dans les tribunes supérieures, même dans les travées inférieures beaucoup de places étaient vides. Pendant ce temps, une scène extérieure avec vitre pare-balles a été démontée. Le président devait y venir pour saluer des dizaines de milliers de sympathisants restés dehors faute de place. Mais personne devant les grands écrans. » RTL

Peut-être avec encore plus de chaos et d’émeutes ?

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38 commentaires pour Un peu d’histoire

  1. journaldejane dit :

    « La liste est longue : discriminations à l’emploi, au logement, à l’éducation, aux formations, aux loisirs. Les sources sont nombreuses : enquête TéO de l’Institut national d’études démographiques, étude sur l’accès aux droits du Défenseur des droits, rapports annuels de la Commission nationale consultative des droits de l’homme sur le racisme, multiples opérations de testing (test de discrimination)… Toutes racontent la même chose, année après année : « Les discriminations fondées sur l’origine restent massives en France et affectent la vie quotidienne et les parcours de millions d’individus, mettant en cause leurs trajectoires de vie et leurs droits les plus fondamentaux.»
    C’est ce que rappelle le Défenseur des droits, dans un rapport, publié lundi 22 juin, intitulé « Discriminations et origines : l’urgence d’agir ». Jacques Toubon met l’accent sur « l’insuffisance des politiques publiques dans ce domaine », le manque d’ambition et d’envergure des mesures prises par le politique et dénonce « l’affaiblissement du discours public sur l’égalité au profit du discours sur l’identité ». Le Monde

    • journaldejane dit :

      Etienne Balibar, Sandra Laugier, Achille Mbembe… : « Emmanuel Macron engage le combat non pas contre le racisme, mais contre l’antiracisme »
      Tribune

      Au « désordre » associé aux mobilisations antiracistes, le président de la République oppose « l’ordre républicain » représenté par la police, qu’il assure de son soutien, s’alarment quatorze intellectuels dans une tribune au « Monde ».
      Tribune. Depuis la mort de George Floyd à Minneapolis, le 25 mai, un mouvement international relance le combat antiraciste. Black Lives Matter résonne dans le monde entier. On aurait pu craindre que la pandémie, qui incite au repli domestique, n’étouffe tout désir de politique ; c’est le contraire. Il est vrai que les populations les plus touchées par le virus, y compris parmi le personnel soignant, recoupent celles qui sont le plus frappées par les violences policières : les classes populaires, en particulier noires ou arabes.
      De façon inattendue, le comité Adama réussit à mobiliser le 2 juin devant le tribunal judiciaire de Paris, puis le 13 juin, place de la République. Des années de militantisme dans les quartiers populaires débouchent aujourd’hui sur un véritable mouvement social : la jeunesse se mobilise pour l’égalité des droits et la démocratie. Il faudrait s’en réjouir : en donnant à la colère une forme politique, la mobilisation épargne au pays les révoltes que peuvent déclencher les violences policières.
      Or le président de la République n’a jamais eu un mot pour George Floyd, ni prononcé publiquement le nom d’Adama Traoré. Et il s’agit d’hostilité, pas seulement d’indifférence. A l’en croire, la jeunesse serait détournée du droit chemin républicain. Il avait commencé par tenir « en privé » des propos relayés dans Le Monde contre « l’intersectionnalité » et les « discours racisés » (sic) : « Le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux. »
      Le Monde

      • journaldejane dit :

        Donald Trump éprouve les signes d’une possible débâcle
        Donald Trump a perdu la main depuis l’assassinat de George Floyd, le 25 mai dernier. Il risque maintenant de perdre la partie tant tout semble se liguer contre lui. Ses revers et sa gestion chaotique pourraient ouvrir les yeux des fanatiques.
        Le 11 juin, le président donnait l’image d’un furieux cherchant la castagne en s’écharpant, sur Twitter, avec les élus de Seattle, cette ville qu’il prétendait livrée à la canaille anarchiste. Voilà une vieille nouvelle ficelle, qui consiste à décrire, en l’amplifiant, le chaos des manifestations antiracistes comme la préfiguration du pandémonium qui règnerait dans tout le pays si Joe Biden était élu…

        Le même jour, M. Trump menaçait la Cour pénale internationale (CPI) de sanctions économiques visant directement les responsables de cette juridiction – en vue de dissuader la Cour de poursuivre des militaires américains pour leur implication dans le conflit en Afghanistan.

        Le 13 juin, c’était le fiasco de West Point. Le président parlait aux militaires, qui lui avaient signifié dix jours plus tôt qu’entre les institutions et lui, ils choisiraient les institutions. En effet, le 3 juin, l’homme de confiance que Donald Trump avait placé à la tête du Pentagone, Mark Esper, déclarait, au cours d’une conférence de presse étonnante : « En tant que secrétaire à la défense, mais aussi en tant qu’ancien soldat et ancien membre de la Garde nationale, j’estime que l’option de recourir à l’armée d’active dans un rôle de maintien de l’ordre ne devrait être utilisée qu’en dernier ressort et uniquement dans les situations les plus urgentes et les plus graves. Nous ne sommes pas dans l’une de ces situations pour le moment. Je ne suis pas favorable à recourir à l’Insurrection Act. »
        Mediapart

      • journaldejane dit :

        Aucun rapport (quoique, le blues…). Un documentaire sur Dieu.

  2. Anonyme dit :

    Manu has a dream!

  3. Anonyme dit :

    Vous dites : « C’est oublier que les manifestations de 2020 sont largement multiraciales. En tout cas, la stratégie du chaos et le racisme décomplexé du président psychotique à la dérive ne semble pas être payante. »

    Les manifestations de jadis le furent davantage encore et oh combien plus efficaces sur tous les plans. Que l’histoire ne repasse pas les plats c’est en effet un poncif, que les stratégies des trumpistes – directement calquées sur celles de Nixon et des républicains US tendant aile droite – échouent, c’est possible et sans doute souhaitable mais les mécaniques de conquête et de conservation du pouvoir ont tendance à se répéter et elles s’accompagnent toujours de leurs idiots utiles, pour reprendre une expression prisée du réalisme socialiste mode vodka et pinces de crabe.

    • journaldejane dit :

      Les idiots utiles aux suprématistes US, aux racistes bien de chez nous et aux réactionnaires de tous poils, ce sont les faux sceptiques, vrais cyniques qui jettent systématiquement le doute et le discrédit a priori envers toute force de changement et de progrès. C’est la façon dont je ne veux pas vieillir. Il y a eu les vieux soixante-huitards renégats (le liste est longue), il y a maintenant les vieux punks réacs.

      • Anonyme dit :

        La figure du vieux con, quoi de plus atroce ? 😉

      • Anonyme dit :

        Quant à Rotten et aux Pistols, dans une vidéo que vous avez mise en ligne dernièrement, Zermati leur règle leur compte ; mais j’ai peut-être mal écouté

  4. Anonyme dit :

    Encore un poil de démagogie et dans quelques temps Trump le milliardaire apparaîtra comme le candidat anti-système et anti-Wall Street.

  5. Bill Térébenthine dit :

    Mr Allgood rides again
    Le Défenseur des Droits s’alarme sur les discriminations « systématiques » en France
    Ce lundi est publié un rapport du Défenseur des Droits pointant du doigt les discriminations subies par les personnes d’origine étrangère. Il alerte également sur le manque de politiques publiques en la matière.

    « Des conséquences délétères et durables » : Face à la montée des discriminations à l’emploi, au logement, à l’éducation ou lors des contrôles policiers, le Défenseur des Droits Jacques Toubon critique « l’insuffisance des politiques publiques » sur cette question, dans un rapport publié lundi.
    « Tout le système est en cause »

    « Les personnes d’origine étrangère ou perçues comme telles sont désavantagées dans l’accès à l’emploi ou au logement et plus exposées au chômage, à la précarité, au mal logement, aux contrôles policiers, à un état de santé dégradé et aux inégalités scolaires », affirme le Défenseur des droits, dans un rapport intitulé « Discriminations et origines : l’urgence d’agir ». Sud Ouest

  6. Anonyme dit :

    Réponse à mes questions pages 26 et 27. Des exemples concrets à fournir ?

  7. journaldejane dit :

    On notera au passage le biais cognitif qui consiste à se préoccuper d’avantage du doigt qui pointe (en l’occurrence celui du défenseur des droits) que de ce qui est pointé par le doigt, à savoir les discriminations (qui, certes, sont censées ne pas exister au pays des droits de l’homme mais ce n’est pas le déni qui fera évoluer les choses).

    • Anonyme dit :

      Pas compris votre affaire de doigt. Quels sont les dossiers en cours ou passés dans lesquels le DDD, après avoir constaté des atteintes aux droits fondamentaux, apporte son concours à la défense de ceux qui en sont les victimes ? Ses attributions devraient le lui permettre.

    • Anonyme dit :

      Bref, il faut saisir Mr. Allgood et son prochain successeur et les mettre en demeure d’appliquer leurs pouvoirs de protection. Et pas que d’un doigt pointé.

  8. John Deere dit :

    @ Bill Térébenthine dit :
    23 juin 2020 à 11 h 31 min
    Tout est dit. Il ne reste plus qu’à en contrôler l’application. Mr Allgood ne dit pas autre chose.

    Pas tout à fait. Voir le préambule de la DDH 89 qui a pleine valeur constitutionnelle et doit permettre, d’une manière ou d’une autre, de confondre ceux qui la dévoient :
    « Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous. »

    Le DDD a des pouvoirs d’action concrète qu’il semble négliger et ne pas mettre au service des victimes. Ce dernier point étant essentiel.

  9. Anonyme dit :

    Petite piqûre de rappel. Quand la France en fit un principe fondateur, les jeunes USA ont mis plus d’un siècle et demi pour inscrire dans leur constitution l’égalité des droits entre noirs et blancs, notamment dans le dernière ligne droite des années 50 et 60, grâce aux plus de vingt années de lutte pour les droits civiques évoquées ici et à la figure charismatique de Martin Luther King (et aux chansonnettes de Bob Dylan !).
    https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789

  10. Jacques d. dit :

    Un doigt d’honneur ?! Cool.

      • Jacques d. dit :

        Ah, merci (« have mercy on me ?! »), j’ai cherché en vain quelque chose pour illustrer ce geste imparable (vigoureux zeugma) et désespéré mixant agilité manuelle et dignité… et, vlan, cash, the Man In Black, me l’offre. Ainsi donc, là-bas, pudiquement (sacrés Ricains, toujours ce vieux fond calviiniste indécrottable), on dit « doigt du Milieu »… de la Mano Nera ?
        Des Américains, Philippe Muray disait que ce « sont des Belges qui n’arrêtent pas de croire qu’ils se soignent ». Et « c’est pas faux », comme dit Perceval chez Alexandre Astier.

    • Anonyme dit :

      En écho aux illustrations photographiques du billet

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