Encore un peu de poésie

Peter Cheyney, Les femmes s’en balancent (traduction Michelle et Boris Vian), Gallimard Série Noire

Au passage, et puisqu’on se préoccupe ces temps-ci de nos braves pandores et de leurs états d’âme, imaginez un peu le cas du CRS qui commencerait à « avoir le pépin » pour la gilet jaune, l’infirmière ou la militante antiraciste qu’il est en train de tirer par les cheveux. Avouez qu’il s’agirait d’une situation pour le moins délicate. Alors si en plus de ça, son ministre, sous la pression des anarchistes ultra-radicalisés, voulait l’empêcher de faire une clé d’étranglement à la dame pour trancher dans le vif de ses émotions et régler ainsi son conflit sentimental, alors, il faut l’avouer, le métier ne pourrait plus être fait proprement. Sur ce, je vous quitte pour un week-end studieux. Je dois me pencher sur les textes truffés de références musicales, littéraires et historiques du déjà fameux Rough and Rowdy Ways. A la première et à la seconde écoute, le dernier Dylan me fait l’effet d’un récital de poésie sur un accompagnement minimaliste. La voix est la grosse surprise. Admettons la théorie de la revue Rolling Stone selon laquelle les disques de reprises de standards pour crooner fatigué doivent être pris comme des séances d’entrainement vocaux destinées à maîtriser sa voix de très vieux monsieur. « So now he revels in how fierce and tender he can sound with sixty years of road dust in his lungs. »

Cet article, publié dans disques, Dylan, livres, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

8 commentaires pour Encore un peu de poésie

  1. Jacques d. dit :

    Minimaliste… ou réductionniste ?! Pas forcément désagréable, suave plutôt (sucrerie allégée en saccharose). Fonctionne assez bien sur certains titres, un peu maigrichon sur d’autres (tapisserie pastel sur les blues)…
    Mais, en effet, la voix est plutôt une bonne surprise, la diction surtout (on peut suivre le discours sans être pour autant sorti premier d’une université anglo-saxonne)…
    Pas mal.

    • journaldejane dit :

      Oui, c’est ça. Accompagnement en retrait, batterie très discrète voire absente sur certains titres. Ce sont les mots qui donnent le tempo comme dans les Talkin’ Blues, mais en plus jazzy.

      • Jacques d. dit :

        L’accompagnement instrumental de « rough and rowdy ways » fait songer à celui que produit le tampura dans la musique vocale indienne, une sorte de bourdon, une présence bruissante, un scintillement, une étoile du berger pour le chanteur, il sait que c’est là, ça le rassure et balise son chemin ; on l’entend mais on l’écoute à peine… flagrant sur les 17 minutes de « murder most foul » (mais c’est bien ainsi, ça fonctionne, du coup on ne prête l’oreille qu’au Nobel de Hibbing)

      • journaldejane dit :

        C’est ça, sauf que le Bob continue à piocher dans le patrimoine sans citer ses sources. C’est Greil Marcus qui a repéré cet « emprunt » (ou parlons peut-être d’hommage).

  2. Jacques d. dit :

    La Valse des Prothèses ?

  3. Bill Térébenthine dit :
  4. Anonyme dit :

    Emerson ? Bonne prise. Sacré Bob. Pas le confondre avec tous ces minets des sixties, des brits pour la plupart, qui pompèrent sans vergogne dans « le patrimoine » comme vous dites

  5. Jacques d. dit :

    Emerson, sur le lac…palmé ? (et néanmoins l’horreur absolue !)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s