1972 was a good year (5)

Comme si nous n’avions pas eu assez de nouveautés excitantes à découvrir, en ce mois de juin débarqua d’Angleterre une bande de dandies improbables qui mêlaient idéalement la danse et l’avant-garde, la voix veloutée de crooner de Bryan Ferry et les embardées expérimentales du synthé de Brian Eno. Une telle synthèse ne pouvait surgir que durant cette parenthèse enchantée pendant laquelle le bien nommé « Glam Rock » bouscula radicalement les frontières établies sans pour autant entrainer de violence ni proclamer de grandes revendications. Certes, il y avait aussi des gros lourds genre Slade du côté des seconds couteaux, mais dans le trio de tête, Bowie, T. Rex et Roxy Music, tous avaient la grande classe. Ils étaient beaux, sexys, élégants, maquillés, agréablement excentriques, cultivés avec la distance et l’humour qui convient. Il suffit de tendre l’oreille aux textes pour s’en convaincre. Dance the cha-cha through till sunrise. Quel bon programme. Pourquoi a-t-il fallu que cet état de grâce soit éphémère (deux, trois ans maximum) ? Je crois avoir trouvé la réponse dans le roman que je suis en train de lire. « La beauté et la suprême beauté sont périssables, elles aussi, dès qu’elles sont devenues histoire et phénomènes de cette terre. Nous le savons et nous pouvons en éprouver de la mélancolie, mais non essayer sérieusement d’y changer quelque chose ; car c’est un fait immuable. » (Hermann Hesse, Le jeu des Perles de Verre)

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7 commentaires pour 1972 was a good year (5)

  1. journaldejane dit :

    Pendant ce temps, dans le monde de 2020…
    La “zone autonome” de Seattle fait sortir Trump de ses gonds
    « Dans le centre-ville de Seattle, une “zone autonome sans police” a été décrétée par des manifestants. De quoi déchaîner la fureur de Donald Trump contre les autorités locales, les “horribles anarchistes” et les antifas.
    Dans le centre-ville de Seattle, une “zone autonome sans police” a été décrétée par des manifestants. De quoi déchaîner la fureur de Donald Trump contre les autorités locales, les “horribles anarchistes” et les antifas. »

    Courrier International

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  2. Anonyme dit :

    Le romancier William Faulkner a dit : “Le passé ne meurt jamais. Ce n’est même pas le passé.” Ces dernières semaines, les images de villes américaines en flammes ont évoqué des comparaisons avec 1968.

    Cette année-là, qui avait vu les Blancs fuir les villes pour les banlieues, s’était conclue par l’élection du président républicain Richard Nixon. Il l’avait emporté avec un programme promettant de rétablir la loi et l’ordre et qui jouait implicitement sur les peurs de la population blanche.
    https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-obsede-par-sa-reelection-trump-attise-le-feu

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  3. Bill Térébenthine dit :

    Dylan Spears

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