Revue de presse

Pandémie : les Français de plus en plus réticents face aux mesures limitant les libertés publiques

The Conversation

Confinés seuls, les riches New-Yorkais découvrent les corvées, et c’est “un choc”

Descendre les poubelles, changer les couches, nettoyer la litière du chat… Autant de tâches impensables pour les habitants les plus privilégiés de la “Big Apple”, raconte le New York Post. Jusqu’à ce que le confinement les prive de leurs précieux assistants de vie, nourrices et autres gouvernantes.

“Je ne savais même pas où jeter les poubelles. D’habitude, c’est mon personnel qui les ramasse et les dépose quelque part.” Interrogée par le New York Post, cette “médecin de la [très chic] 5e Avenue [new-yorkaise], qui a décidé de s’accrocher à un semblant de normalité” pendant le confinement lié à la pandémie de Covid-19, en “continuant de travailler depuis son cabinet”, l’admet : “elle a découvert dès le premier jour à quel point elle était démunie sans son équipe de cinq assistants”.

Du côté de Soho, un autre quartier huppé de Manhattan, “Kenneth Mark n’avait jusqu’ici jamais eu beaucoup de temps pour les tâches domestiques”. Ce dermatologue “propriétaire de trois cabinets haut de gamme” aux États-Unis était occupé “plus de soixante heures par semaine à piquer ses patients au Botox. Sa gouvernante de 20 ans gardait sa maison en ordre et, à la naissance de son premier enfant, l’an dernier, elle était aussi devenue sa nourrice.”

Mais ça, assène le New York Post, “c’était avant que la pandémie de Covid-19 ne déferle sur la ville”.

Courrier International

Droit, morale et épidémie

L’état d’urgence sanitaire installe un régime d’exception attentatoire aux libertés. Il s’accompagne d’un discours moralisateur qui cible particulièrement les plus pauvres. Pourtant, nous acceptons l’exception comme une évidence.

La réponse à l’épidémie de Covid-19 a ainsi ceci de particulier qu’elle a joué avec les registres de l’obligation juridique et de l’obligation morale, sous la forme de l’appel à la responsabilité individuelle dans le respect du confinement. Une marque de cette ambiguïté est la peur éprouvée d’être puni pour être sorti faire un tour ou acheter quelques provisions dans un magasin un peu plus lointain qu’à l’accoutumée, sans savoir si l’on tombera sous le coup de la sanction, testant chaque mètre comme un coup de sonde. Est-on responsable en sortant faire ses courses deux, trois fois par semaine ? En marchant quelques centaines de mètres, ou un peu plus ? C’est que la culpabilité ne tombe pas d’en haut : elle est vécue et intégrée par chacun. Lorsque des images de rues sont diffusées, associées à l’expression : « ils ne respectent pas le confinement », rien ne permet pourtant de dire que les règles juridiques n’ont pas été scrupuleusement suivies. C’est bien l’injonction morale qui joue ici.

Ce n’est pas une dictature qui survient, ni la prise de pouvoir d’une oligarchie qui dominerait une population. C’est une tendance lourde à mettre en place un régime hybride où la démocratie perdure, mais l’importance des libertés décroît. Cela dit quelque chose d’une gouvernance contemporaine où chaque individu, entrepreneur de lui-même, est responsabilisé jusqu’à former une normativité qui pèse sur lui. La morale redevient un instrument à disposition des gouvernants pour agir sur l’individu, par-delà les normes juridiques émises par les autorités compétentes et que le citoyen peut prévoir et contester. 

Michel Foucault, étudiant les disciplines modernes, abordait l’imaginaire du panoptique et de la surveillance par une présentation glaçante de la quarantaine des épidémies de peste. Quelques années plus tard, il analysait comment une certaine biopolitique resserrait les mailles du filet du pouvoir en touchant tous les aspects de la vie individuelle jusqu’à l’intime : le pouvoir n’est alors pas une autorité qui domine d’en haut, mais une gouvernementalité diffuse, intériorisée par les individus, une contrainte ou une surveillance autant qu’un gouvernement de soi. C’est un paradoxe : le durcissement inéluctable des disciplines se conjugue étrangement bien avec le souci accru (et celui-là est bienvenu) de la vie humaine, qui explique sans doute la divergence historique majeure d’avec 1968-1969 et l’ampleur de la réaction à l’épidémie. 

Esprit

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3 commentaires pour Revue de presse

  1. journaldejane dit :

    Bonus
    « Coronavirus : un médecin généraliste de Tourcoing juge « criminelle » la politique du gouvernement »
    Radio france bleu
    Bon, c’est facile de critiquer mais moi j’ai deux fans du gouvernement parmi mes lecteurs et ils se déclenchent à chaque fois qu’on pointe les failles de nos premiers de cordée.

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  2. Zoë Lucider dit :

    J’aime beaucoup le désarroi des malheureux obligés de se passer de leurs « assistants ». Ce sont les mêmes qui traitent d’assistés ceux que le système secourt de quelques liards

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