Revue de presse

« Avec le maintien du premier tour des municipales, sorte d’épandage national du virus, on ne sait pas si on est dans le détail mais à haute valeur symbolique ou bien dans le très lourd. Dans tous les cas, on sait que ça va rester : moins abstrait que la chronique aride des attritions financières et des réformes managériales de l’hôpital, concentré d’aberration alourdie d’arrière-pensées opportunistes, choix à conséquences dramatiques immédiatement identifiables (quand le capitalisme néolibéral se soustrait systématiquement à ses responsabilités par le jeu des effets différés), ce premier tour est fait pour l’histoire — et pour rester le grand moment du quinquennat Macron. Si l’on pourra toujours renvoyer les électeurs tombés malades à une contamination «chez le boulanger», la partie s’annonce plus difficile pour les élus, les conseillers municipaux, les assesseurs qui ont tenu les bureaux bouillons de culture. Ici la connexion directe des causes et des effets promet d’être dévastatrice, certitude de demandes de comptes à rendre. (…)

Si les boulons qui craquent sont des précurseurs de fin de règne, alors la chute est proche. Car pendant ce temps, l’inénarrable Brigitte confie à Elle que son confinement à l’Élysée lui est pénible. Et tout ceci sans compter Sibeth Ndiaye qui jour après jour prend la parole, et chaque fois pour battre le record de la veille. Macron confirme lui-même l’effondrement de tout sens commun au sommet de l’État : «On se souviendra de ceux qui n’ont pas été à la hauteur». Visiblement pas concerné. »

Frédéric Lordon, « Opération Résiliation« 

« On n’a pas le temps de compter les conneries tant elles s’accumulent. «Certains de ceux qui ont tenu les bureaux de vote au premier tour des municipales sont en train de mourir», m’écrit une consœur de la région parisienne. Et Edouard Philippe, royal, avec son «Je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement». On ne sait pas où commencer, mon pauvre. Comme on dit chez nous, «il n’y a rien qui va dans ce tweet». Cette posture de matamore ridicule serait presque touchante. Vous n’avez pas encore compris comment ça va finir vos bravades ? «Qu’ils viennent me chercher !» et ensuite t’es obligé d’envoyer la troupe sur la populace tous les samedis… Tu n’as pas à laisser dire ou pas. «Ne parlez pas de violences policières. Ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit.» On n’est pas dans 1984 et tu n’es pas au Ministère de la Vérité. »

Christian Lehmann, médecin et écrivain, « Edouard, on n’est pas dans «1984» et tu n’es pas au Ministère de la Vérité »

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4 commentaires pour Revue de presse

  1. journaldejane dit :

    « Depuis le début de la crise sanitaire, Donald Trump est optimiste, rapporte le correspondant de BFMTV aux États-Unis. Il n’y a pas dix jours, il disait que son administration avait une énorme maîtrise du virus. » Un peu comme Agnès Buzyn avant qu’elle déserte le ministère de la Santé. « Il relativise la gravité de la situation. » Un peu comme Emmanuel Macron allant au théâtre pour inciter les Français à sortir malgré le coronavirus… Extrait d’un discours de Donald Trump : « On nous parlait de 3 % ou 4 % de mortalité et finalement ce serait 1 %. » Si 80 millions d’Américains chopent le virus, ça ne fera que 800 000 morts. Une paille. « Regardez les accidents de voiture, ça fait plus de morts. » C’est aussi ce que disaient il y a peu sur tous les plateaux français les experts autoproclamés.
    Ma vie au poste

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  2. Honoré de Zalbac dit :

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  3. Jacques d. dit :

    Veautez !

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  4. Jacques d. dit :

    Ah oui, ne pas oublier qu’après la couche d’anti-rouille vient le temps de la couleur, la couche de finition :

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