Revue de presse

« On a l’impression d’être dans le calme avant la tempête », par le professeur Laurent Thines

« Nous, les hospitaliers, et moi, en tant que représentant local du collectif inter-hôpitaux, on est en grève depuis des mois. Les urgentistes sont en grève depuis bientôt un an. On alerte depuis tout ce temps-là sur le manque de moyens à l’hôpital, le manque de personnel, le manque de lits. Cette épidémie de Covid-19 va mettre en lumière, si c’était nécessaire de le faire, la situation vraiment difficile des hôpitaux français. Pas plus tard qu’hier, un professeur, infectiologue, de la Pitié-Salpêtrière disait qu’on était dans un état de pays sous-développé en matière sanitaire. » QG

La France n’a que trois lits en soins intensifs pour 1.000 habitants pour mener la guerre contre le Covid-19

Selon les statistiques de l’OCDE sur la santé, la France ne disposait en 2018 que de 3,1 lits d’hôpitaux en soins intensifs pour 1.000 habitants (dernières données disponibles). Soit un peu plus de 200.000 lits pour une population de 67 millions. Ces statistiques mesurent les ressources disponibles pour apporter des services aux patients hospitalisés en termes de lits régulièrement entretenus et dotés de personnel et pouvant être immédiatement utilisés. Elles illustrent surtout les moyens assez modestes dont la France dispose pour mener « la guerre » contre le virus du COVID-19.

Sur 35 pays, la France se classe seulement au 19e rang loin, très loin des trois premiers pays ayant le plus de lits en soins intensifs à offrir à leurs habitants, selon l’OCDE : Japon (7,8 lits pour 1.000 habitants), Corée du Sud (7,1) et Allemagne (6). Elle est même surclassée par beaucoup d’ex-pays de l’est : Lituanie (5,5), République slovaque (4,9), Pologne (4,8), Hongrie (4,3), Slovénie (4,2), République tchèque (4,1), Estonie (3,5) et Lettonie (3,3). Mais la France est devant l’Italie (2,6), les Etats-Unis (2,4), l’Espagne (2,4) et le Royaume-Uni (2,1). Enfin, le Chili (2), le Canada (1,9) et le Mexique (1,4) ferment la marche. La Tribune

Coronavirus : comment les réformes libérales ont “cassé” le service public hospitalier

« Les politiques néolibérales se diffusent en France à l’hôpital depuis les années 1980, mais ce sont vraiment les années 2000-2010 qui marquent une intensification des modes de raisonnement économiques visant à gérer les hôpitaux publics comme des entreprises et à les aligner sur les standards de gestion du privé.

Elles ont contribué à un sous-financement de l’hôpital au regard de ses missions et des réponses nécessaires aux besoins de santé de la population, mais elles ont aussi détruit des organisations de travail fonctionnelles, des savoir-faire professionnels, et ont dégradé de manière dramatique les conditions de travail des personnels.

Les politiques de “rationalisation de l’offre de soins”, comme elles se sont appelées, ont entraîné la fermeture de nombreux hôpitaux et services, dont des services de réanimation dans des petits hôpitaux par exemple, si sensibles aujourd’hui. Rien que sur les treize dernières années, entre 2003 et 2016, 13 % des lits d’hospitalisation à temps plein (c’est-à-dire accueillant des patients plus de 24h) ont été supprimés, soit 64 000 [69 000 lits d’hospitalisation complète entre 2003 et 2017, comme le rappelle ce papier de LCI, ndlr], alors que, parallèlement, les besoins de santé de la population n’ont fait qu’augmenter. Cela contribue à l’engorgement et à la saturation des hôpitaux.

Par ailleurs, les soignants réclament des moyens supplémentaires – humains, matériels et financiers – pour faire leur travail correctement depuis des décennies, et nous vivions encore, ces derniers jours, l’un des plus importants mouvement social de l’histoire de l’hôpital public. Les mesures concédées par le gouvernement à la grève des soignants n’ont absolument pas répondu à l’ampleur de la situation de l’hôpital et à la nécessité d’un investissement massif et immédiat. On a continué à lire les problèmes quasiment uniquement en termes de manque d’organisation. Les patients le paient aujourd’hui avec cette épidémie, tandis que les soignants, déjà à bout, sont, eux, appelés à faire toujours plus d’heures supplémentaires. » Les Inrockuptibles

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35 commentaires pour Revue de presse

  1. Honoré De ZalBac dit :

    2000-2010 Les années macron ??

  2. Anonyme dit :

    conforme à l’agité du bocal qu’il est en toutes circonstances

    • journaldejane dit :

      Et vous réagissez comme à chaque fois, sans prendre le risque de lire.

      • Anonyme dit :

        Les propos paraissent justes mais celui qui les tient ne l’est pas. Le démagogue type. Ce type est un imposteur. Fraus omnia corrumpit

      • journaldejane dit :

        « Les Français sont confinés chez eux car notre système de santé est à bout et n’a pas les capacités d’accueil suffisantes pour gérer l’afflux des nouveaux malades. »
        Voilà. C’est expliqué clairement, posément, sans gros mots, dans une tribune publiée dans le Figaro.
        « Si les Français sont aujourd’hui confinés chez eux, ce n’est pas à cause de l’épidémie en elle-même, dont le taux de mortalité est très faible. Mais c’est parce que notre système de santé est à bout et n’a pas les capacités d’accueil suffisantes pour gérer l’afflux des nouveaux malades. Désorganisé par le double effet des 35 heures et des restrictions budgétaires, notre hôpital est déjà saturé en temps normal. Il n’est donc pas surprenant qu’il ne puisse gérer un stress imprévu. »
        https://www.lefigaro.fr/vox/politique/coronavirus-la-pandemie-est-revelatrice-du-declin-francais-20200319

  3. Joseph Destale dit :

    Anne Lambert et M.Leroy font de bien beaux articles, mais leur vision cynique n’engage qu’eux mêmes. Les bourgeois ont quittés Paris, beaucoup c’est sur, mais qu’ils aillent à Cannes ou l’Ile de Ré, le virus fera pas de différence selon l’épaisseur du porte-monnaie. Dans mon quartier, tout le monde se regarde différemment, et les jeunes des chambres de bonnes font les courses pour les agés, on applaudit les éboueurs et on se parle d’immeubles à immeubles. La vie n’est pas rose, et la catastrophe qui s’annonce peut être sera plus dure pour les uns, et moins pour les autres. Ca n’empêche pas d’être humain, riches ou pauvres, jeunes ou vieux, et de croire qu’ensemble on peut être meilleurs. Et quand Me Lambert dit qu' »Il faudra que justice se fasse », de quoi elle parle ? Des camps ?

    • journaldejane dit :

      La solidarité s’impose, elle n’empêche pas une réflexion critique sur les responsables de la casse des services publics et de l’hôpital en particulier (vous avez le droit d’y être indifférent, voire de l’approuver). Les responsables peuvent être amenés à rendre des comptes sans que l’on bascule obligatoirement dans la terreur rouge. Comme dit Bill, faut arrêter de buzyner.

  4. Anonyme dit :

    ( s’écoute aussi bien au petit déjeuner )

  5. Jacques d. dit :







    l’inaction commençant à peser… on se livre à se genre de truc…. tudieu !

  6. Anonyme dit :

    is it rollin’ Bob?

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