Revu

Masculin féminin, Jean-Luc Godard (1966)

Tourné durant la période prolifique qui suit Pierrot le Fou, ce film contient toutes les contradictions qui rendaient son cinéma si libre. Le militantisme arrive ici comme une farce ; il n’a pas encore le côté sérieux voire pesant qu’il prendra par la suite. La scène où Léaud et son copain peignent le slogan « US go home » sur une voiture diplomatique américaine est tournée à la manière d’un film muet. Le personnage de Léaud est certes engagé mais avec une distance insouciante de dandy. On imagine que les maoïstes, qui vont lui tomber dessus l’année suivante, lui reprocheront cette désinvolture petite-bourgeoise qui fait passer de la lutte des classes à l’enregistrement d’une chanson yéyé ou d’une réflexion sur la sociologie de la jeunesse à une scène de drague. Cette capacité à relier les éléments les plus divers sans se soucier des hiérarchies en vigueur, c’était la principale qualité du cinéma godardien des années pré-68. Et puis il y a cette profusion d’idées de la mise en scène (le plan-séquence dans la galerie marchande qui se termine par un suicide au couteau est une merveille dont je ne me lasse pas). « Au moins une idée par plan », préconisait alors le réalisateur. Et il tenait le pari avec une aisance qui continue à nous éblouir.

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Un commentaire pour Revu

  1. Jacques d. dit :

    Et Chantal Goya, youpi !

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