En grève (suite)

Illustration : Bill Térébenthine

« Dans l’état où le macronisme a mis la langue, il ne peut y avoir comme « débat démocratique » que Le-Grand-Débat. Car on n’a pas de débat, grand ou petit, au milieu d’une langue détruite. À quoi pourrait, en effet, ressembler un débat sur les retraites en face de quelqu’un qui démolit tout, en jurant faire vivre l’esprit du CNR ? Et même, comment résister à l’envie de lui mettre une petite tarte ? Puisqu’en définitive, c’est le seul choix de réaction qui reste à disposition. On voit bien qu’on ne va pas commencer à discuter. Pas plus qu’il n’y a matière à discussion avec quelqu’une qui dit qu’elle ferme des lits d’hôpitaux pour améliorer les soins, etc. Discuter n’a plus de sens quand les mots ont été privés de sens. Légitimement, on envisage autre chose. »

Si vous n’êtes pas totalement allergique aux textes de Frederic Lordon (il y en a) ou simplement incapable de les lire tant la survivance d’une pensée critique dans le monde policé de la start-up nation vous insupporte, alors c’est par ici.

Cet article, publié dans actualités, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

16 commentaires pour En grève (suite)

  1. journaldejane dit :

    Vous avez dit « cynisme » ? Et là on ne mélange pas tout. Au contraire, on exemplifie le texte de Lordon.

    L’indulgence du secrétariat général du gouvernement envers Jean-Paul Delevoye

    « Selon nos informations, le secrétariat général du gouvernement était au courant du cumul de rémunérations opéré par le haut-commissaire lorsqu’il était chargé de la réforme des retraites.
    Ainsi, au cœur de l’affaire, et en marge des dix mandats que ce dernier a omis dans sa déclaration d’intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), se trouve le problème du cumul de mandats publics et privés, et des rémunérations correspondantes. En clair, tandis qu’il entrait au gouvernement comme ministre des retraites en septembre, M. Delevoye a conservé son activité de président d’honneur d’un think tank, Parallaxe, adossé à un groupe de formation privé IGS, et rémunéré plus de 5 000 euros net par mois. Un cumul formellement interdit par la Constitution. » Le Monde

    Et si quelqu’un peut m’expliquer le lien avec Gabin, comme dit le premier ministre avec l’humour glacial et méprisant qu’on lui connait, je prends.

    J’aime

    • journaldejane dit :

      Vous avez dir « cynisme » suite (on ne s’écarte pas du sujet) :
      Démission de Jean-Paul Delevoye : il « n’a pas triché », dit Nicole Belloubet sur RTL

      J’aime

      • journaldejane dit :

        Ah oui ! Un mot sur le métro (qui n’arrive pas jusqu’en Bretagne, on peut le déplorer) :
        Grève des transports : France 2 n’est jamais fatiguée des usagers fatigués

        J’aime

      • journaldejane dit :

        On reste dans notre sujet et on remet en perspective :
        LE GOUVERNEMENT JOUE AVEC LE FEU
        Communiqué LDH
        Où le gouvernement entend-il conduire le pays et dans quel état compte-t-il l’y amener ?
        La France connaît un mouvement revendicatif d’une puissance exceptionnelle. Grèves et journées d’actions se succèdent pour refuser un projet de réforme des retraites qui n’a pas l’assentiment d’une écrasante majorité de la population. Fait rare et remarquable, malgré leurs différences d’approches et de propositions, toutes les organisations syndicales se rejoignent dans leur rejet et dans leur détermination à ne pas laisser faire. Pour autant, le gouvernement campe sur ses positions tandis que le président se réfugie derrière une « écoute attentive ».
        En presque trois ans de mandat ce gouvernement a détruit des pans entiers des droits sociaux, avec des ordonnances réformant le Code du travail au détriment des salariés, en réduisant drastiquement les droits des chômeurs et maintenant en portant un projet de réforme des retraites que les syndicats et une très large partie de la population analysent comme une régression.
        A chaque fois, les pouvoirs publics ont refusé et continuent de rejeter tout compromis social au travers d’un refus revendiqué de réelles négociations au profit de rencontres, discussions, points d’étapes, dialogue, concertation, toutes expressions qui ne peuvent cacher qu’il entend imposer et non négocier.
        Cette politique a été d’autant plus ressentie comme du mépris social qu’elle s’est accompagnée de décisions fiscales ne bénéficiant qu’aux plus aisés sans que les mesures ponctuelles de rattrapage du pouvoir d’achat ne changent cette logique.
        C’est dans ce mépris des attentes majeures d’égalité et de justice sociale qu’il faut trouver la source de la longue séquence dite des Gilets jaunes ou la très forte mobilisation des personnels hospitaliers auxquelles ni les postures ni les politiques gouvernementales ne répondent.
        En s’abstenant de débattre publiquement de toutes les conséquences de la réforme envisagée, voire en en dissimulant les conséquences, le gouvernement accrédite l’idée qu’il demande un blanc-seing pour mieux porter atteinte, une nouvelle fois, à des droits sociaux fondamentaux.
        Ce sentiment d’injustice est renforcé par les atteintes apportées au droit de manifester qui fait qu’on ne compte plus les yeux crevés, les mains arrachées, les manifestants, les journalistes, les observateurs et défenseurs des droits gazés, battus, humiliés ou sanctionnés.
        La crise de confiance est totale et met en péril notre démocratie.
        Face à l’urgence sociale et à l’urgence démocratique, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) rappelle que toute évolution des droits sociaux doit amener plus de justice et être conduite en respectant réellement le dialogue social, dont l’Organisation internationale du travail rappelle qu’il a « l’objectif d’encourager la formulation d’un consensus entre les principaux acteurs du monde du travail ainsi que leur participation démocratique ».

        La LDH appelle instamment l’exécutif à agir en conséquence. Elle met en garde contre toutes tentations malsaines d’opposer une partie du pays à une autre, des catégories professionnelles et des générations entre elles, des citoyens à d’autres citoyens. Elle invite les élus, nationaux et locaux, à se saisir avec gravité de ces enjeux. Elle réaffirme enfin que face aux périls qui la menacent, la démocratie a tout à gagner à une mise en débats exigeante des voies et moyens de la justice et de l’égalité.
        Paris, le 16 décembre 2019
        SOURCE

        J’aime

  2. Anonyme dit :

    Tout le long des grèves

    J’aime

  3. Anonyme dit :

    Incidemment, connaissez vous quelqu’un parlant mieux le Macron que Lordon ?

    J’aime

  4. Jacques d. dit :

    Ni bolchévique le couteau entre les dents (Martinez dans l’imaginaire du Walking Dead de base ?), ni neuneu pédestre (en marche ?), un économiste compréhensible (compréhensif ?)… qui ça ?
    Daniel Cohen sur France Culture ce matin (mercredi 18/12/19) évoquait le mouvement social du moment vs les projections économiques de E.M…. avec une coda (im)pertinente de (l’excellent) Hervé Gardette.

    J’aime

  5. Gompo dit :

    Ouais..Lordon peut parler de conchieurs mais le gouvernement ne peut pas utiliser le même mot…

    Lordon a plus de droits? Où est l’égalité ?

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s