Revue de presse (bonus)

« Gilets jaunes » : plus de 3 000 condamnations par la justice entre novembre 2018 et juin 2019.
Sur ces condamnations, environ 400 ont donné lieu à des peines de prison ferme dans toute la France, des chiffres inédits pour un mouvement social.
Un anniversaire et un premier bilan des condamnations. Alors que le mouvement des « gilets jaunes » fêtera, le 17 novembre, ses un an, Le Monde a pu rassembler des indicateurs chiffrés de la réponse pénale apportée, à l’échelle nationale, aux divers débordements qui ont eu lieu au cours de l’année écoulée. Notamment à l’occasion des confrontations répétées entre manifestants et forces de l’ordre.

Ces données – nombre de gardes à vue, classements sans suite, condamnations, etc. – sont une synthèse des remontées qu’ont fait parvenir ces derniers mois, à la chancellerie, l’ensemble des parquets de France.

Il ne s’agit que d’un bilan provisoire couvrant une période allant du premier samedi de manifestations des « gilets jaunes » en novembre 2018, jusqu’au 31 juin. Mais ces données réunissent néanmoins les sept mois où la mobilisation a été la plus forte, et permettent d’ores et déjà de dégager les grandes tendances des suites judiciaires données à cet affrontement hebdomadaire inédit.

Un des chiffres les plus importants qui ressort est celui du nombre de condamnations prononcées : plus de 3 100. Un record pour un mouvement social, même si la mobilisation des « gilets jaunes » a constitué, en soi, une première dans sa forme et dans sa durée. Autre donnée-clé : sur l’ensemble de ces condamnations, environ 400 ont donné lieu à des peines de prison ferme avec incarcération immédiate (dites « avec mandat de dépôt »).

Concrètement, sur l’ensemble du territoire, une fois évacué les mesures alternatives aux poursuites et les classements sans suite, les plus de 10 000 gardes à vue initiales ont donc débouché sur quelque 5 300 « poursuites judiciaires ». Leur répartition s’est faite de la façon suivante : environ 2 100 personnes ont été jugées en comparution immédiate et 2 000 autres ont eu une convocation judiciaire à une date ultérieure. Des juges des mineurs ont par ailleurs été saisis dans quelque 410 cas, tandis qu’environ 620 personnes ont préféré une procédure de « plaider-coupable ». Cent cinquante informations judiciaires ont en outre été ouvertes pour les faits les plus graves et les plus complexes, dont quatorze à Paris.

La justice a en tout cas travaillé relativement vite dans les dossiers impliquant des manifestants. Un constat beaucoup moins vrai pour les membres des forces de l’ordre mis en cause dans des affaires de violences. Ces procédures sont mécaniquement plus lentes que celles visant les manifestants, car elles doivent passer par le filtre de l’inspection générale de la police nationale ou de l’inspection générale de la gendarmerie nationale. Elles sont en outre très sensibles dans un contexte de fatigue générale des policiers.

Cet écart de traitement nourrit bien sûr une partie du ressentiment de certains militants.

Seuls deux fonctionnaires, sont, à ce stade, renvoyés devant un tribunal correctionnel, à Paris.

Le Monde

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Un commentaire pour Revue de presse (bonus)

  1. journaldejane dit :

    Policiers renvoyés en correctionnelle : « Nous sommes passés de maintien de l’ordre à une répression jamais vue depuis 50 ans », estime le journaliste David Dufresne

    franceinfo : Vous qui êtes à l’origine des messages Twitter « Allô place Beauvau » pour signaler les violences policières, est-ce que vous avez le sentiment, comme le dit le ministre de l’Intérieur, que la justice fait son travail ?

    David Dufresne : Le ministre de l’Intérieur est en-dessous de tout. Il répète les mêmes clichés à longueur de temps. Prenons simplement pour exemple ces premiers policiers qui vont être renvoyés en correctionnelle. L’un d’entre eux, c’est pour un jet de pavé. Il n’y a pas de victime. Donc, quand M.Castaner induit l’idée que si les gens ont été blessés, c’est parce qu’ils ont attaqué les policiers, nous avons là un cas parmi des milliers d’autres qui le contredisent. Et le deuxième cas, c’est un policier, un CRS qui donne une paire de gifles à un monsieur qui s’abrite et qui ne porte aucun coup. La justice, elle a un tort, c’est qu’elle prend beaucoup de temps. Et elle ne prend pas toujours le même temps. Je veux dire par là que des centaines de « gilets jaunes » ont été incarcérés et des milliers ont été condamnés, déjà. Et pour l’instant, les policiers sont toujours en attente du premier jugement.
    franceinfo

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