Revue de presse

L’auteur Fred Vargas range ses polars pour s’attaquer au péril climatique et à la pollution. Elle publie L’humanité en péril, virons de bord (Flammarion), dans lequel elle a pour ambition d’informer la population du danger qui la guette. Fred Vargas explique qu’à 1,5 degré de plus de réchauffement climatique, la moitié de l’humanité mourra. Elle affirme aussi que lors de la COP 24, les dirigeants politiques ont sciemment décidé de sacrifier un quart de plus de la population mondiale en s’autorisant à aller jusqu’à +2 degrés.

Cela vous met en colère de voir que nous n’avons pas vraiment de réaction ?

On n’a pas de réaction parce qu’on n’a pas été informé. Les gens n’ont pas été informés sur ce débat : est-ce qu’on va jusqu’à +1,5 degré de température sur Terre (on est déjà à +1,1) ou est-ce qu’on va jusqu’à deux degrés ? Le Giec, le groupe intergouvernemental d’experts sur le climat, ce ne sont pas des nains de jardins, a durcit ses positions scientifiquement en disant : « il est hors de question de dépasser 1,5 degré, hors de question d’aller jusqu’à 2 degrés. » 1,5 degré les gens se disent : « bon, il fera plus chaud en Bretagne, sympa ». L’année dernière, à seulement +1,1 degré, on a perdu 12% à 20% des récoltes agricoles donc vous imaginez que plus la température augmentera, plus les cultures agricoles vont baisser, plus le niveau des fleuves vont baisser, mettant en danger le refroidissement continu des centrales nucléaires qu’il va falloir mettre à l’arrêt en anticipant. France Info

Jean Jouzel, climatologue :

«Notre cerveau fonctionne de manière linéaire alors que la nature évolue par paliers et points de bascule. Nous avons du mal à en appréhender les bouleversements. Quand on regarde les données scientifiques sur la biodiversité et le climat, il paraît évident que nous atteignons ces points de non-retour. Certains ont déjà été franchis. D’après le WWF, en quarante ans, nous avons perdu 60 % des populations d’animaux sauvages. Les climatologues sont une des professions les plus déprimées. Il ne s’agit pas de croire ou non à la possibilité d’un prochain effondrement, la science l’établit comme un fait. Quelle forme cela va-t-il prendre ? C’est la grande inconnue, car il est très difficile de mesurer précisément les interactions entre les différentes crises actuelles. Je suis objectivement inquiet. Les bouleversements que nous vivons sont extrêmement brutaux. C’est vrai même à l’échelle d’une vie humaine. Les hommes qui connaîtront la fin du siècle, échéance à laquelle les projections donnent à voir un monde invivable, sont déjà nés. Nous sommes déjà entrés dans le temps de la souffrance climatique. Libération

Déjà, en mars 2018, le CNRS et le Muséum national d’histoire naturelle avaient provoqué un émoi national en annonçant que 30 % des populations d’oiseaux des champs avaient disparu, en France, en à peine quinze ans. Nicolas Hulot, alors ministre de la transition écologique et solidaire, faisait quelques jours plus tard une allocution retentissante devant l’Assemblée nationale, confiant aux parlementaires sa « honte » devant une telle situation, décrite par les chercheurs du CNRS et du Muséum comme une « catastrophe écologique » en cours. Malgré cette prise de conscience, qui traverse l’échiquier politique en France et s’impose dans le débat au niveau international, aucune mesure digne de ce nom n’est prise à l’échelon européen pour endiguer l’érosion du vivant.

Le 17 juillet, fort discrètement, la Commission européenne a renoncé : la mise à jour des principes d’évaluation des risques des pesticides, finalement adoptée en comité technique, fait l’impasse sur presque toutes les propositions d’amélioration du système en vigueur. Bruxelles a donc donné mandat à l’EFSA pour revoir et reformuler ses propositions. Au mieux, l’agence d’expertise de l’UE rendra sa copie en juin 2021, et des discussions à l’issue inconnue reprendront alors, pour une durée non précisée.

Les Etats membres se réfugient derrière la Commission pour maintenir un système réglementaire devenu indéfendable. Outre la dégradation de l’environnement, ils participent ainsi à la démonétisation de la parole politique et au discrédit des institutions européennes. Le Monde

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3 commentaires pour Revue de presse

  1. Joseph DeStale dit :

    Il est sur que les gouvernants de ce monde ne décident pas ce qu’il faudrait décider pour tenter de stabiliser la catastrophe à venir, mais quid des citoyens ? Si les gouvernants décidaient des mesures adéquates, qui les accepteraient ? Pas grand monde, car ces décisions seraient inacceptables dans leur conséquences pour la multitude. « Le drame dans la vie, c’est que chacun a ses raisons » disait le philosophe, on en est toujours là. Et le grand consensus nécessaire, qui consiste à penser que nous un sommes un tout; tous responsables, tous solitaires, est bien loin quand par exemple dans notre beau pays beaucoup des défenseurs de la planète en sont encore au stade de la guérilla idéologique quand ce n’est pas « faisons la révolution d’abord ». Le manichéisme des méchants d’un coté, les bons de l’autre, ne fait le jeu que du surplace, et en l’état de la régression. On est mal barré.

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  2. Robert Spire dit :

    Dans le Diplo du mois d’août, le journaliste Jean-Baptiste Malet, dans son article « La fin du monde n’aura pas lieu », pose la question: « Catastrophisme éclairé ou grande peur obscurantiste. »
    L’article se termine sur les propos d’un chercheur écologiste américain, le professeur Jason W Moore:
     » Je suis très inquiet de la capacité qu’à ce concept d’anthropocène de renforcer cette vieille farce bourgeoise selon laquelle la responsabilité des problèmes émanant du capitalisme reviendrait à l’humanité tout entière. »….. »Nous sommes en train de vivre l’effondrement du capitalisme. C’est la position la plus optimiste que l’on puisse embrasser. Il ne faut pas craindre l’effondrement. Il faut l’accepter. Ce n’est pas l’effondrement des gens et des bâtiments, mais des relations de pouvoir qui ont transformé les humains et le reste de la nature en objets mis au travail gratuitement pour le capitalisme. »
    Voilà, c’était juste pour donner une vision moins angoissante. 😉

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    • journaldejane dit :

      Je reviens du supermarché. On sent que le cœur n’y est plus (et pour beaucoup, le porte-monnaie non plus). Plus sérieusement, comment ne pas repenser à tous ceux qui tiraient la sonnette d’alarme et proposaient des solutions dès les années 60/70 (Ellul, Marcuse, Fournier et la Gueule Ouverte, Dumont, etc.). Qu’est-ce qui a foiré ? L’avidité sans borne des capitalistes ? Trop simpliste, répondent certains 🙂

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