Vu

Fargo Saison 2 (2014)

L’attachante équipe de la première saison a disparu. Il reste les paysages enneigés du Dakota (ou du Minnesota) auxquels se raccrocher. Mais comment s’intéresser à des personnages aussi limités que Peggy la coiffeuse, Ed le boucher ou les abrutis du clan Gerhardt ? Finalement, sur un registre différent, moins réaliste, plus expérimental, on se laisse prendre puis captiver par ce scénario qui ne s’interdit rien, pas même l’intrusion d’un vaisseau spatial extra-terrestre. Sous des dehors humoristiques, la série propose à sa manière une réflexion sur le pays des tueries de masse où les individus sont prêts à tout pour tenter de rejoindre les vestiges de l’American Dream. Betty, qui dévore la presse féminine, veut « réaliser son potentiel » en participant à un stage de développement personnel ; rien ne la fera dévier de son objectif, pas même une montagne de cadavres. Le coup de génie est d’avoir fait glisser doucement ce personnage à peine caricatural vers un comportement de plus en plus dément. Le héros positif est un flic qui représente les valeurs du cinéma classique incarnées autrefois par le père de Peter Fonda. Toute la saison repose sur le décalage entre ce personnage venu du monde d’avant et l’univers chaotique, cruel et amoral dans lequel il se trouve plongé. En face des blancs, truands ou policiers, se dresse Hanzee l’indien, concentré de soif de vengeance condensant à lui seul le refoulé sanglant du pays (massacre des indiens et guerre du Vietnam). Alors que l’histoire est bouclée à la fin du dernier épisode, on voit l’indien ivre de haine continuer sa course sanglante.

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7 commentaires pour Vu

  1. Jacques d. dit :

    J’ai relu, ces temps-ci, les romans (déjà totalement oubliés) de Marc Behm (‘trouille », « la vierge de glace », « mortelle randonnée », « la reine de la nuit », « crabe », « à côté de la plaque », « et ne cherche pas à savoir »), d’une traite, les uns à la suite des autres, comme quand on regarde une série dont on supporte sereinement l’addiction. J’ai aimé à nouveau le côté totalement exubérant voire totalement dérangé de ces fictions à l’humour drastique. Et je trouve que la série « Fargo » appartient à cette sphère là de la fiction où des personnages pas possibles ne peuvent que générer des situations pas possibles en faisant des gros doigts durs à toutes ces écoles du « reality show » (auto-fictions à prétention sociales ou sociétales) opérant dans le monde littéraire ou cinématographique.
    Je vais ré-attaquer la série des Dortmunder, le braqueur et ses amis bras-cassés, héros des bouquins de Donald Westlake… en attendant de regarder la saison quatre de Fargo.

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    • journaldejane dit :

      Je n’ai pas lu Behm mais je sais que Manchette en disait le plus grand bien dans ses Chroniques. J’avais déjà noté Mortelle randonnée dans ma liste. Je vais donc l’élargir à l’ensemble des titres disponibles de cet auteur. D’ici là, je vais m’envoyer la saison 3 🙂

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  2. Zorglub dit :

    J’ai vu la saison 1 que j’ai adorée ! mais je ne suis pas sûr d’accrocher à la 2…

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  3. Zorglub dit :

    C’est marrant les références à « The Big Lebowski » dans la saison 2 , comme par exemple le rôle de l’avocat (qui ressemble un peu à Walter Sobchack). Par contre Kirsten Dunst, que je n’ai pas reconnue de suite, qu’est-ce qu’elle a « mangé » ! mdr
    Dommage que l’on ne s’attache pas aux personnages comme pour la saison 1. Et pas mal de longueur…

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