Revue de presse

En 2018, 1 180 enquêtes confiées à l’IGPN

«L’année 2018 a été marquée par un engagement exceptionnel des enquêteurs, soucieux de garantir une entière neutralité, d’établir, et bien souvent rétablir la réalité des faits». De janvier à décembre, 1 180 enquêtes judiciaires ont été confiées à l’IGPN, dont 612 portent sur l’usage de la force. Soit une hausse de 9 % par rapport à l’année précédente. Même constat pour les tirs de LBD et de grenades de désencerclement, qui bondissent respectivement de 203 % et 296 %. Du jamais-vu. Le terme de violences policières, la directrice le «réfute totalement» : «On ne joue pas dans la même cour entre policiers et manifestants, les policiers ont la loi pour eux.» (Libération)

Les deux plus grosses organisations de policiers maintiennent une pression constante sur les juges et les politiques.

Il y a le ton outragé : «Un policier renvoyé aux assises, mais comment des juges ont-ils pu prendre une telle décision ?» (Unité SGP-Police). La mise en garde : «Attention, nous n’accepterons pas que nos collègues servent de boucs émissaires pour satisfaire une idéologie antiflics» (Alliance police nationale). La menace nette et sans bavure : «Si nos collègues venaient à être injustement condamnés, nous saurons ce qu’il nous reste à faire… et notre colère, personne ne pourra la contenir» (Alliance encore).

Ces communiqués, les deux syndicats, qui représentent les deux tiers de la profession, les ont rédigés après l’interview accordée par le procureur de Paris, Rémy Heitz, au Parisien le 31 mai. Que disait le magistrat ? Rien de tonitruant, à part que pour la police aussi, la justice passera. «Je veux être très clair : il n’y a aucune volonté de ma part d’éluder les violences [commises par les forces de l’ordre, ndlr] ou de les minimiser. […] Toutes les procédures vont être analysées avec beaucoup d’attention. Il y aura des classements sans suite. Il y aura aussi des renvois de policiers devant le tribunal correctionnel d’ici à la fin de l’année.» D’où cette question : les syndicats de police sont-ils contre l’Etat de droit que leur profession est pourtant censée garantir ? (Libération)

La cheffe de l’IGPN «réfute totalement le terme de violences policières» sur les Gilets jaunes

Je réfute totalement le terme de violences policières. Il y a eu des blessures commises à l’occasion de manifestations durant lesquelles la police a fait usage de la force. Notre travail est de chercher à savoir si cet usage était légitime et proportionné. Nous devons évaluer la proportionnalité et la légalité de la riposte. Il y a peut-être eu des situations où cela n’a pas été le cas. Mais il est encore trop tôt pour le dire. (Le Parisien)

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9 commentaires pour Revue de presse

  1. journaldejane dit :

    Bonus :
    Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, déplore l’attitude désinvolte des autorités françaises.
    Qu’est-ce qui apparaît le plus problématique selon vous dans ce qu’on appelle «le maintien de l’ordre à la française» ?

    D’abord, il y a l’usage de certaines armes, dont quelques-unes peuvent blesser gravement. Le LBD40 est incriminé dans de multiples cas. Il y a aussi l’usage en proportion très importante de différents types de grenades. Le choix de continuer à les utiliser est éminemment politique, et c’est précisément ce sur quoi nous aimerions qu’un dialogue s’initie entre les Nations unies et la France.

    Mais il n’y a pas que les armes. Nous sommes inquiets des méthodes très rigides de canalisation des foules qui dissuadent les citoyens de manifester. Nous déplorons également les instructions de maintien en garde à vue de certains manifestants le temps que les cortèges se terminent. Et surtout, nous nous étonnons de l’absence totale de sanctions disciplinaires à l’encontre des policiers. Sur ce point, la hiérarchie policière rétorque que des enquêtes judiciaires approfondies doivent être menées avant de statuer sur une éventuelle illégitimité de l’usage de la force. Il est bien sûr fondamental que le temps nécessaire soit consacré à certaines enquêtes, mais on ne peut s’empêcher de constater une asymétrie dans la promptitude de la réponse pénale apportée. Nous avons des citoyens qui sont placés en détention provisoire, qui sont jugés en comparution immédiate, parfois sur la simple base de faits captés par la vidéo. Or, ces mêmes vidéos sont déclarées insuffisantes ne serait-ce que pour suspendre administrativement un policier ou un gendarme qui aurait eu un comportement inapproprié. Cette rapidité d’un côté et cette lenteur de l’autre envoient le signal d’une justice à deux vitesses, d’une différence manifeste de traitement entre les citoyens et les forces de l’ordre.
    Libération

  2. Anonyme dit :

    « Je réfute totalement le terme de violences policières. Il y a eu des blessures commises à l’occasion de manifestations durant lesquelles la police a fait usage de la force. Notre travail est de chercher à savoir si cet usage était légitime et proportionné. Nous devons évaluer la proportionnalité et la légalité de la riposte. Il y a peut-être eu des situations où cela n’a pas été le cas. Mais il est encore trop tôt pour le dire. »
    Navrée si cela contrarie certains agités du bocal et d’ailleurs mais c’est là l’expression du simple bon sens dont les mêmes voudraient s’évader avant même d’y avoir goûté

  3. Anonyme dit :

    plutôt rassurants ? la cheffe adore ; ce doit être générationnel

    • Jacques d. dit :

      « Le massacre du 17 octobre 1961 est la répression meurtrière, par la police française, d’une manifestation d’Algériens organisée à Paris par la fédération de France du FLN.

      Préparée en secret, la manifestation est un boycott du couvre-feu nouvellement appliqué aux seuls Nord-Africains. Alors que les attentats du Front de libération nationale (FLN) frappent les forces de l’ordre depuis plusieurs mois, l’initiative, non déclarée aux autorités, se veut cependant pacifique. Le FLN, qui y voit un moyen d’affirmer sa représentativité, y appelle tous les Algériens, hommes, femmes et enfants, et leur interdit le port d’armes. Les défilés nocturnes sur les grandes artères de la capitale donnent lieu à des affrontements au cours desquels des policiers font feu. La brutalité de la répression, qui se poursuit au-delà de la nuit du 17 dans l’enceinte des centres d’internement, fait plusieurs centaines de blessés et un nombre de morts qui reste discuté, de plusieurs dizaines selon les estimations les moins élevées.

      Le 17 octobre 1961 et ses suites ne sont longtemps perçus que comme l’un des nombreux épisodes liés à la guerre d’Algérie. À partir des années 1990, ils font l’objet d’un traitement médiatique, puis politique plus important à la suite de la publication d’études historiques, de romans, d’un recueil photographique et surtout du retentissant procès de Maurice Papon — préfet de police de Paris en fonction en 1961 — alors jugé pour ses actes pendant l’Occupation. En 2012, à l’occasion du 51e anniversaire de la manifestation, le président de la République française François Hollande « reconnaît avec lucidité », au nom de la République, la « sanglante répression » au cours de laquelle ont été tués « des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ». » (Wikipédia)

      1961-2012, un demi-siècle, voilà certainement le « temps jugé nécessaire » par le macrolâtre pour faire une estimation (à vue, au toucher, à la louche) de certaines « violences policières » (bigre, quelle incongruité). Bon, j’entends d’ici le macrolâtre faire des claquettes sur ses godillots cirés en assemblée pour rétorquer que « on ne peut, à moins d’être à la solde de quelques tyrans proto-communistes bas-du-front, comparer quelques aveugles et mutilés en gilets sans flanelle avec les morts de 1961 fortement bronzés ». Certes, peser la viande est avant tout affaire de boucher et ni vous ni moi ne le sommes. On pourrait, du coup, a minima, causer d’éthique policière. Mais ça, l’éthique, c’est la porte laissée grande ouverte à la propagation de la maladie de Lyme dirait mme Bouzin. D’Histoire, alors ? L’Histoire, n’y pensons-pas, le macrolâtre ne connait que l’ivresse de l’instant ; ni hier, ni demain, trop fatiguant, tout ça c’est le vieux monde, e pericoloso sporgersi sous peine de lumbago idéologique.

      D’ici là, écoutons le message des tomwaits « à la française » :

  4. Anonyme dit :

    Développement époustouflant

  5. Joseph DeStale dit :

    Je souscris pleinement, entièrement et de ma propre volonté à cette dernière affirmation que j’ai toujours personnellement fait mienne
    Par ailleurs, je me permettrais de conseiller l’écoute du dernier Springsteen qui nous met du bonheur là où il faut qu’il soit

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