Lu

Manchette disait, dans une interview à la revue Polar, qu’il avait capté l’idée de L’Affaire N’Gustro (commencé en collaboration avec Bastid) parce que, sur ce coup-, au moment d’écrire, il avait « mis ses tripes ». C’est exact. Il s’agit d’une fiction inspirée des barbouzeries gaullistes des années 60. L’anti-héros nommé Butron est une sorte de « petit soldat » individualiste, détestant les intellectuels de gauche, fricotant sans réelle conviction politique avec l’extrême droite. On retrouve chez lui certaines idiosyncrasies propres à l’auteur comme l’amour du jazz et la détestation de l’ordre établi. En 1971, le livre avait, parait-il, provoqué quelques secousses indignées. Aujourd’hui, il serait probablement mis à l’index pour cause d’incorrection provocatrice. Les temps ont changé. Ce qui frappe à la lecture de L’Affaire N’Gustro, c’est la présence du style caractéristique de l’écrivain : les phrases brèves et tranchantes, les descriptions précises, le goût pour les détails violents dans les scènes d’action, les considérations générales désabusées concernant le cours des affaires humaines. J’étais dans l’erreur. Manchette n’a pas évolué pour délivrer après maturation ses œuvres les plus accomplies. Tout était déjà là dès le début.

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