Revue de presse

“J’étais au sol, en boule, et Christophe Dettinger est venu, a pris le CRS qui était en train de me frapper et l’a enlevé. Il m’a sauvé la vie”. Gwenaelle Antinori Le Joncour (puisqu’il s’agit d’elle) est plus longuement citée dans le livre d’Antoine Peillon : “Un policier m’a donné des coups de matraque et des coups de pied. Un autre a essayé de l’arrêter en disant : ‘Arrête de la taper, arrête de la taper’, puisque je n’avais rien fait, je ne faisais que marcher. Le policier n’arrivait pas à arrêter son collègue qui était déchaîné, et Monsieur Dettinger est arrivé, a pris le policier et l’a enlevé de moi. J’ai reçu des coups de matraque dans la bouche, dans les dents, des coups de pied dans les côtes. Et comme j’ai un problème pulmonaire, si j’avais reçu trop de coups, trop longtemps, j’y passais. Donc, il m’a sauvée. Il m’a sauvé la vie”Les Inrockuptibles

Depuis le début du mois de décembre, le nombre de plaintes pour violences policières se sont multipliées. Les enquêtes sont bien ouvertes, mais sont-elles suivies, dans les faits, de poursuites judiciaires ? À ce jour, l’Inspection générale de la Police nationale est effectivement en charge de 229 enquêtes liées d’abord aux manifestations de « gilets jaunes » mais aussi aux rassemblements lycéens et aux incidents du 1er-Mai dernier.

Au total, une dizaine d’affaires sont déjà entre les mains de juges d’instruction pour des investigations plus poussées. Cinquante-neuf enquêtes ont déjà été bouclées par la « police des polices » et les dossiers ont été transmis aux parquets des Tribunaux de grande instance en vue d’ouverture d’information judiciaire avec nomination de juges d’instruction. Il peut s’ensuivre alors un classement sans suite ou bien un renvoi des suspects devant un Tribunal correctionnel. Mais pour l’instant, aucune des juridictions concernées n’aurait encore pris de décision.

France Inter

L’IGPN saisie après que des policiers ont frappé un étudiant à l’intérieur de la Pitié-Salpêtrière lors du 1er-Mai

« On regardait la manifestation à l’extérieur mais soudain des CRS se sont mis en bloc à l’entrée et ont chargé, d’un coup, a expliqué Olivia à Mediapart. Les CRS sont venus pour me frapper. J’ai reculé en répétant que je n’étais pas manifestante. Ils m’ont dit : “Vas-y, dégage !” » A contresens de la charge de CRS, des policiers des brigades de répression de l’action violente motorisées (BRAV-M) s’avancent eux aussi vers les manifestants.

Pris au milieu, Amadou repart vers la résidence. Dans une vidéo de 49 secondes, filmée par Loïc, un étudiant qui « habite dans la cité universitaire et observait la scène sans participer à la manifestation », on voit quatre policiers poursuivre et rattraper Amadou dans le hall et lui asséner des coups de matraque. « Je leur ai dit à plusieurs reprises : “J’habite ici.” J’avais mes papiers, les clés de ma chambre et j’étais prêt à tout leur montrer. Mais ils n’étaient pas là pour dialoguer, ils ne voulaient que la violence », a-t-il raconté à Mediapart. Il parvient à leur échapper dans les escaliers, suivi par Loïc et les policiers, qui finissent par abandonner.

Sadio, le frère d’Amadou, a lui aussi croisé le chemin des quatre policiers et a été frappé. Son médecin lui a accordé trois semaines d’arrêt pour des blessures à un coude et un genou.

Selon Mediapart, la Préfecture de police de Paris a saisi l’IGPN et une enquête est ouverte. La mère d’Amadou aurait souhaité qu’il porte plainte, en vain. « J’ai subi des contrôles au faciès en banlieue, donc je ne suis pas vraiment étonné, a-t-il dit. Ce n’est pas de la résignation mais du dépit… Avec toutes les violences policières qu’il y a, c’est une goutte d’eau dans l’océan. » Son frère Sadio n’a pas non plus porté plainte.

Le Monde

 

Cet article, publié dans actualités, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

9 commentaires pour Revue de presse

  1. journaldejane dit :

    Les trolls macroniens peuvent s’exprimer librement.

    J'aime

  2. Anonyme dit :

    À l’image du blog.

    J'aime

  3. Anonyme dit :

    l’amalgame a un peu le goût de merde mais il paraît que c’est le goût de l’époque ; du donnant-donnant

    J'aime

  4. Jacques d. dit :

    « Le Récitant :
    Un petit lauriston
    Que lui donnerez-vous ?

    Choeur :
    Un sac de caca jau-neu
    Pour lui faireu plaisi-reu
    O gué O gué
    Le joli lauriston »

    in « Le Petit Lauriston » Boris Vian

    J'aime

  5. journaldejane dit :

    Selon les révélations du Canard enchaîné de mercredi 8 mai, aucune des 227 procédures ouvertes par l’IGPN, la police des polices, dans le cadre des manifestations des « gilets jaunes » n’a abouti. Autrement dit, les manifestants parfois gravement blessés qui ont saisi la justice, il y a plusieurs mois, n’ont toujours pas de nouvelle de l’avancée des enquêtes concernant les policiers.

    Selon Arié Alimi, avocat de plusieurs manifestants, tout serait fait pour retarder le dépôt de plainte et l’avancée des enquêtes. « Les policiers travaillent pour la justice et donc l’institution judiciaire protège ces policiers, nous explique t-il. Il y a plusieurs méthodes pour ralentir une procédure ou pour éviter qu’elle n’aboutisse.

    http://www.rfi.fr/france/20190508-justice-oeuvre-plaintes-policiers-aboutissent-pas-avocat

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s