Lu

On suit Jacques Vaché jusqu’au bout à travers les épreuves, l’ennui, les actes héroïques. Ses faits d’armes à Paris sur le front de l’art nouveau, lors de ses permissions, nous en avons des échos dans les notes. A la fin, lorsque l’armistice tant attendu est déclaré, le soldat rendu à la vie civile, dans sa dernière lettre à Breton, il écrit qu’il a hâte de reprendre avec lui le combat artistico-littéraire. Or, ils ne se reverrons pas. Vaché, comme on sait, meurt d’une overdose d’opium dans un hôtel de Nantes. Le plus triste, c’est qu’on ne croit pas trop à la thèse du suicide défendue par Breton. Pas après avoir lu la correspondance. Le dandy adepte de la «désertion intérieure» n’avait nul besoin de recourir à cette fuite définitive. Il ne peut s’agir que d’un accident idiot et absurde, et c’est d’autant plus désolant.

Jacques Vaché, Lettres de guerre (Gallimard)

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