Alex Barbier

J’ai appris la disparition de cet artiste découvert  vers le milieu des années 70 dans l’excellent Charlie mensuel. Les pages de Barbier intriguaient et fascinaient. Ses récits étaient différents, les images étaient proches de la peinture et les textes exploraient des zones assez troubles du côté du wild side. Extrait d’un entretien où il évoque ses débuts compliqués.

Alex Barbier :

« Voilà. Je vais vous expliquer. Je suis très paresseux. Quand j’étais à l’école primaire, j’étais un petit garçon sage qui savait toujours bien ses leçons. J’étais toujours premier. Et puis brutalement, en entrant dans la «grande» école, je suis devenu un cancre : trop de profs, trop de monde, trop de manières, trop de tout… Il fallait être bon en tout. Et il y avait ce petit merdeux descendu de sa montagne qui était bon en tout… et cet autre, un grand merdeux, qui était toujours premier. En tout. Trop c’est trop. J’ai commencé à me dire : «À quoi bon ?».
Moi, j’étais bon en dessin, je veux dire : j’étais excellent en dessin, je veux dire : j’étais le meilleur de la ville en dessin ! Aucun de ces imbéciles de professeurs de dessin ne m’arrivait à la cheville dans cette putain de ville ! Eh bien ! Un jour, cet idiot de prof de dessin qui avait un grand nez, a demandé qu’on lui dessinât une plume ! Eh bien ! C’est petit-merdeux-descendu-de-sa-montagne qui était bon en latin, en maths, en français, en géographie, en histoire, en physique, qui eu la meilleure note. Et la deuxième meilleure note, c’est grand-merdeux-qui-était-toujours-premier qui l’a eu ! Alors je me suis dit : «À quoi bon ?». Petit-merdeux-des-cendu-de-sa-montagne est dentiste, aujourd’hui… Grand-merdeux est derrière un guichet…
Ce genre d’expérience vous permet de relativiser, moi je trouve… »

La suite ici.

Cet article, publié dans comix, peinture, Posts, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

11 commentaires pour Alex Barbier

  1. Jacques d. dit :

    Il dit (et c’est pas mal) : « A. B. : J’ai dernièrement acheté les œuvres complètes de François Mauriac (Mauriac, l’écrivain catholique : ça fait rire les jeunes d’aujourd’hui qui ne savent pas lire !).
    En obtenant le prix Nobel — auquel je n’attache aucune importance — son œuvre entière, bien que se déroulant uniquement dans la région bordelaise, a atteint l’universalité. (…). Les histoires bordelaises de chambres closes confinées, de vieilles immondes et de vieillards hideux écrites par François Mauriac sont les mêmes que celles qu’on raconte ou qu’on vit à Los Angeles. Sauf si on n’arrive pas à passer du particulier à l’universel (comme on disait autre fois du temps de Saint Germain des Près). Il faut absolument passer du particulier à l’universel.
    Personnellement, dans mon dernier livre je parle de Vernet-les-Bains et je suis persuadé que cette histoire touche tout le monde… du moins ceux qui le désirent. On finit vite par découvrir que tous lieux se ressemblent et que les tous gens sont identiques dans leurs différences. »

  2. Jean TIENHAIN dit :

    J’ai vécu bien pire dans le genre durant mes premières années d’écolier… Bien pire quand au devenir…

  3. Anonyme dit :

    Ah la littérature qu’on espère sulfureuse ; Mauriac préfacier de La côte sauvage, qu’en dites vous ?

  4. Anonyme dit :

    ça parle vaguement d’inceste et de pédérastie ; c’est dire si c’était sulfureux en 1960 et banal en 2019

Répondre à Jacques d. Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s