Revue de presse

Chez les « gilets jaunes », « on côtoie tout le monde et on ne fait pas de politique », répètent-ils en chœur. Ils en parlent pourtant beaucoup, quand ils évoquent leur désir de justice sociale et d’égalité. Mais sans évoquer les étiquettes partisanes car, à leurs yeux, elles ne comptent plus. Certains votent, d’autres, non. Certains sont partisans de Marine Le Pen, d’autres de Jean-Luc Mélenchon. Mais peu leur importe, au fond.

« Ça me fait rire qu’on essaie de nous situer à l’ultragauche ou à l’ultradroite. Sur les blocages, on s’écoute, on se bat, et ça change les idées », assure Gaby, ouvrier dans le bâtiment. Il est là, comme les autres, « parce qu’on est pauvres et qu’on va faire de nos enfants des pauvres à leur tour ». Ce trentenaire, qui vote Rassemblement national, a les yeux qui brillent quand il évoque cette camaraderie nouvelle, découverte avec les « gilets jaunes » : « On ressent une vraie solidarité. Rien que ça, c’est énorme. » Elodie approuve : « On en avait marre, chacun dans son coin. On est unis maintenant et c’est important. » Le Monde

Selon le rapport d’Oxfam, 3,7 milliards de personnes, soit 50% de la population mondiale, n’a pas touché le moindre bénéfice de la croissance mondiale l’an dernier, alors que le 1% le plus riche en a empoché 82%. Depuis 2010, c’est-à-dire peu après le début de la crise en 2008, la richesse de cette « élite économique » a augmenté en moyenne de 13% par année, a précisé Oxfam, avec un pic atteint entre mars 2016 et mars 2017, période où « s’est produit la plus grande augmentation de l’histoire en nombre de personnes dont la fortune dépasse le milliard de dollars, au rythme de 9 nouveaux milliardaires par an ». Capital

Le regard du président est vide. Il détourne les yeux et aperçoit son reflet renvoyé par un immense miroir : un visage flasque, un rictus d’angoisse et de découragement, la peau moite et des cheveux grisonnants qu’il a cessé de teindre depuis longtemps… À quoi bon ? Brigitte n’est plus là. Depuis le dernier Congrès du Parlement à Versailles, en mai 2022, il semble avoir vieilli de vingt ans. Il hausse ses épaules tombantes, tourne son dos voûté à ce théâtre de désolation, et s’apprête à reprendre sa marche sans but dans les couloirs désertés du palais. Soudain, une douleur foudroyante lui parcourt le thorax : « c’était pas ça, Manu, c’était pas ça… », marmonne-t-il péniblement entre ses dents. Alors, dans le silence du grand salon, on n’entend plus que l’écho de ses pas qui s’éloignent et le conduisent dans le dédale des couloirs innombrables. lundi matin

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12 commentaires pour Revue de presse

  1. journaldejane dit :

    Bonus
    Nombre de témoignages de gilets jaunes signalent que, samedi dernier, à Paris, ils ont été attaqués à la grenade lacrymogène par des policiers dès le début de la matinée, lors même qu’ils se rendaient tranquillement aux points de rassemblement validés par la préfecture de police. Cela s’appelle de la provocation. Et le résultat est nécessairement de mettre ces manifestants encore plus en colère, pour ne pas dire en rage.

    Quelle est donc la stratégie ? La tenue à distance ou la provocation ? La canalisation ou la nasse ? Le contrôle ou la charge ? On aimerait le savoir, plutôt que d’entendre simplement les journalistes répercuter la fatigue et la souffrance (bien compréhensibles) des policiers. Comme d’habitude, on connaît bien le nombre de blessés parmi les forces de l’ordre, mais on s’attarde beaucoup moins sur celui des manifestants (qui n’ont pas de syndicats pour les recenser de façon exhaustive).
    the Conversation
    https://theconversation.com/deux-ou-trois-choses-dont-je-suis-presque-certain-a-propos-des-gilets-jaunes-108183?fbclid=IwAR3a1lLwhwwQYxix21oNbCe99ceB_W876X1JVOF2Lgi9xmI098SqzAd35xU

  2. pape françois dit :

    Et dans les manifestations de ce petit théâtre de guignols*, qui est sensible à la « transition énergétique » ? Les taxeurs et les taxés me semblent s’en contrefoutre, comme ils m’apparaissent se contrefoutre de l’insupportable inégalité de la répartition des richesses au niveau mondial
    *n’exclut pas la violence la plus crue, au contraire

    • journaldejane dit :

      « Le déni de la violence sociale est cette forme suprême de violence à laquelle Bourdieu donnait le nom de violence symbolique, bien faite pour que ses victimes soient réduites à merci : car violentées socialement, et méthodiquement dépouillées de tout moyen d’y résister « dans les formes » puisque tous les médiateurs institutionnels les ont abandonnées, elles n’ont plus le choix que de la soumission intégrale ou de la révolte, mais alors physique, et déclarée d’emblée odieuse, illégitime et anti-démocratique — normalement le piège parfait. » Lordon dans un billet de blog : https://blog.mondediplo.net/fin-de-monde
      Pas pour ceux qui, selon la belle expression de Todd, « s’arcboutent dans leur incompréhension ».

  3. Joseph Destale dit :

    Croire que l’on s’est débarrassé de l’individualisme bourgeois parce que l’on s’exprime à l’ombre protectrice des classes sociales et de leurs luttes, que l’on semble agir contre le profit, l’exploitation de l’homme par l’homme, les puissances d’argent, les pouvoirs établis, c’est faire preuve d’une parfaite ignorance de ce qui motive, dirige, oriente les actions humaines et avant tout de ce qui motive, dirige et oriente nos propres jugements, nos propres actions. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas s’exprimer ainsi et agir en ce sens, mais cela veut dire qu’il est utile de savoir que, derrière un discours prétendument altruiste et généreux, se cachent des motivations pulsionnelles, des désirs de dominance inassouvis, des apprentissages culturels, une soumission récompensée à leurs interdits ou une révolte inefficace contre l’aliénation de nos actes gratifiants à l’ordre social, une recherche de satisfactions narcissiques, etc. De sorte que lorsqu’une communauté d’intérêts permet à un groupe humain de renverser un jour le pouvoir établi, on voit aussitôt naître au sein du nouveau pouvoir une lutte compétitive pour l’obtention de la dominance, un nouveau système hiérarchique apparaître et s’institutionnaliser. Le cycle recommence.»
    Henri Laborit
    L’Éloge de la fuite

      • journaldejane dit :

        Notre obéissance politique se nourrit pour l’essentiel de la conviction de l’inutilité d’une révolte : «à quoi bon ?» Et puis vient le moment, imprévisible, incalculable, de la taxe «de trop», de la mesure inacceptable. Ces moments de sursaut sont trop profondément historiques pour pouvoir être prévisibles. Ce sont des moments de renversement des peurs. S’y inventent de nouvelles solidarités, s’y expérimentent des joies politiques dont on avait perdu le goût et la découverte qu’on peut désobéir ensemble. C’est une promesse fragile qui peut se retourner en son contraire. Mais on ne fait pas la leçon à celui qui, avec son corps, avec son temps, avec ses cris, proclame qu’une autre politique est possible.

        Sommes-nous dans un grand moment de désobéissance collective ?

        Oui, une désobéissance qui a comme repère sûr sa propre exaspération. On a tout fait depuis trente ans pour dépolitiser les masses, pour acheter les corps intermédiaires, pour décourager la réflexion critique, et on s’étonne aujourd’hui d’avoir un mouvement sans direction politique nette et qui refuse tout leadership. Cette désobéissance témoigne profondément de notre époque. Il faut en priorité en interroger les acteurs.

        Extrait d’un entretien avec le philosophe Frédéric Gros paru dans Libération

  4. Easy Ode dit :

    Les travaux et les jours Mr. Boulot du journal du soir
    https://www.persee.fr/doc/metis_1105-2201_1989_num_4_1_928

  5. Joseph DeStale dit :

    « On a tout fait depuis trente ans pour dépolitiser les masses, pour acheter les corps intermédiaires, pour décourager la réflexion critique »
    C’est qui le on ? Ce sont aussi ceux qui se sont abstenus plutôt que de s’engager politiquement, ceux qui ont délaissés les syndicats tout en allant les chercher quand ça tournait mal, ceux qui se sont laisser abrutir plutôt que de travailler à comprendre.
    Nobody’s fault but mine

  6. Joseph DeStale dit :

    L’exemple parfait du beau discours de l’intellectuel coupé du « peuple ».
    Quand la foule porte la violence, le rejet du système démocratique, le rejet de l’intelligence, le culte de la force, on a légitimité à ne pas être d’accord.
    Qu’ont donné les mouvements de colère du peuple dans l’histoire ? ……..
    Et l’histoire apprend aussi que ça leur retombe toujours dessus
    (Bon, je vais arrêter d’encombrer les commentaires…)
    Ca ira mieux après la Sunday song

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