Revue de presse

The gilets jaunes (yellow vests) citizens’ movement – named after the protesters’ fluorescent, high-visibility vests – has caught the French president off-guard. The movement has no leader and its ad-hoc barricades at tollbooths, roundabouts and fuel depots have been organised on social media.

The movement, which began as a protest against rising fuel taxes, has grown into a wider outpouring over inequality, a political class seen as cut off from reality and the pro-business Macron’s persistently negative image as a “president of the rich”.

A poll for Le Figaro on Friday showed 77% of French people felt the planned protests across Paris were legitimate, suggesting even those who were not guarding roadblocks day and night in provincial towns, villages and suburban areas identified with the feeling of disconnect from the governing class. The Guardian

Il serait […] erroné d’analyser le mouvement des gilets jaunes comme une jacquerie des populations rurales défavorisées contre des citadins fortunés. Il traduit, au contraire, la multiplicité des interdépendances territoriales et fonctionnelles au sein de vastes aires métropolitaines, où se juxtaposent fragments de ville dense, nappes pavillonnaires, bourgs revitalisés ou en difficulté, zones d’activités, espaces naturels et agricoles, centres commerciaux, pôles tertiaires et logistiques, etc. L’automobile est bien souvent la condition nécessaire de l’accessibilité à ces différents espaces et à la diversité des ressources qu’ils offrent. C’est précisément parce qu’elle permet de maximiser les programmes d’activités au sein de ces « métapoles » (Ascher, 1997) qu’elle a constitué le déclencheur des revendications des gilets jaunes. La vie des idées

« Gilets jaunes : l’essoufflement ? », demande le 20 heures de TF1. « La mobilisation s’essouffle », répond Anne-Sophie Lapix sur France 2. Et le vent tourne. Les deux JT consacrent un sujet entier aux « dégradations » et « débordements ». Puis Gilles Bouleau s’inquiète des « conséquences sur l’économie », lance un reportage alarmiste auprès de « professionnels inquiets, certains chefs d’entreprise ont dû interrompre leurs activités ». Un commerçant déclare : « On a été un peu pris en otage. » Enfin, on y arrive ! Il aura quand même fallu quatre jours pour que les manifestants soient ramenés à ce qu’ils sont, de vulgaires preneurs d’otage, comme les syndicalistes. Qui asphyxient notre économie et mettent en péril nos valeureuses entreprises, telle Auchan, dont le directeur de la communication déplore une perte de « 50 millions d’euros ». Télérama

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7 commentaires pour Revue de presse

  1. journaldejane dit :

    « Un petit groupe décrivait ainsi le mouvement comme soutenu par « tout le monde », sauf « les gros riches » et « les cas soc’ qui ont pas de voiture », dans une vision du monde typique de ce qu’Olivier Schwartz a nommer la conscience triangulaire des classes populaires (mise à distance des plus riches et des plus précaires).

    Une opposition s’exprime aussi clairement entre ceux « qui comprennent » et ceux qui méprisent. Cette dernière attitude est associée de leur point de vue à un éloignement social. Ce qui est assez juste je crois, car les prises de position méprisantes à l’égard des gilets jaunes émanent de personnes appartenant aux classes dominantes ou, du moins, qui sont très peu en contact avec les milieux sociaux auxquels les « gilets jaunes » appartiennent. » Contretemps
    http://www.contretemps.eu/sociologie-gilets-jaunes/?fbclid=IwAR2bmE5JMA2z-aLPNBsYntP3pqa4Yuj2thpMIt9jc97eQZMURwHzF-zFSd4

  2. Joseph Destale dit :

    Ramener les pas convaincus par les gilets verts à des membres de la classe dominante, c’est un peu court camarade. De même que ne pas les approuver , ça serait nécessairement les mépriser. Le peuple est la nouvelle idole, prosternons nous (bien bas), plus un mot.

  3. Anonyme dit :

    Le mot du jour : les barricades

  4. journaldejane dit :

    Paroles de rond-points
    C’est bien joli de faire la fête et les barbecues merguez-chipo avec de nouveaux amis, mais « ici c’est pas la kermesse de l’école », corrige David. Il est là depuis cinq jours, à Gaillon. Les yeux rougis et creusés par le froid, la fumée, le manque de sommeil, les discussions sans fin. Comme les autres. David résume : « On se bat pour nos jeunes, pour les retraités, pour nos salaires. On nous traite de beaufs, d’illettrés, de sans-dents, on veut du respect, de la moralité et de l’écoute. Et on veut surtout la fin des injustices : Macron supprime l’ISF, les grandes boîtes ne paient pas les impôts, regardez Carlos Ghosn et les paradis fiscaux. »

    À Vernon, Éric, 41 ans, préfère faire dans l’imagé : « C’est quoi l’histoire ? On nous demande de se serrer la ceinture et en plus de baisser notre froc. Ça, c’est un truc pas possible. Donc stop ! » Ouvrier dans une entreprise de traitement des métaux près de Mantes-la-Jolie, il dit y avoir perdu une épaule. En arrêt de travail depuis avril, un accident professionnel et un patron qui ne respecte aucune consigne de sécurité. « On travaille avec des bains de cyanure, d’acides différents, de chrome. Pas de bleus de travail sécurisés, des petits masques de peinture qui ne servent à rien. L’inspection du travail est passée. Et qu’est-ce qu’a fait le patron ? Acheter des hottes de cuisine ! Et là-dessus, en équipe de nuit, j’ai fait une chute. Comment je fais maintenant avec une épaule foutue… »

    Traditionnellement ouvrière, cette partie de la vallée de la Seine a un temps bien vécu : automobile, métallurgie, industries chimiques, des entreprises de sous-traitance de partout pour les grands groupes et des logements pas trop chers. Depuis vingt ans, l’histoire n’est plus la même avec les crises, les délocalisations et les plans de licenciements qui se sont empilés. « Du boulot, il y en a encore, dit Kevin, 32 ans, mais faut voir les conditions. Moi, je suis cariste en intérim. En ce moment, c’est chômage : 806 euros par mois. J’ai un loyer de 450 euros, une fille à charge. Eh bien, je marche avec un compte dans le rouge et mes découverts enrichissent la banque ! J’ai calculé l’an dernier : 700 euros de frais bancaires dans l’année. »

    Chantal et Rose viennent prendre le relais sur le rond-point. La première est retraitée, 800 euros par mois, une sortie en voiture tous les quinze jours pour faire le « plein de courses », les habits achetés dans les vide-greniers et des jongleries comptables pour, parfois, se payer un billet de train. « On peut vivre comme cela quelques années mais tout le temps, non, c’est trop dur », commente-t-elle.

    Rose approuve en riant. Son mari est au chômage depuis deux ans. Elle est en intérim – « je prends tout, ménage, caissière, etc. » – au Smic et en ce moment en arrêt maladie avec le dos cassé. « 740 euros d’indemnités, on va pas loin avec ça. Donc pour deux de mes trois gosses, c’est plus d’activités et pas de vacances. » Mediapart

  5. Anonyme dit :

    de Mediapart à Causeur ; avec les meilleurs souvenirs d’une 4L savane

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