Pas d’explications

Je peux aisément comprendre ceux qui manifestent une lassitude aux sujet des coffrets débordants de prises du même morceau, complets jusqu’à l’indigestion. C’est un peu comme ceux qui me disent qu’ils ne pourraient pas se passer de viande ou de smartphone. Je ne développe pas, je n’essaie surtout pas de convaincre. L’espèce de fébrilité qui accompagne l’annonce d’un nouveau volume des Bootleg Series fait partie de ces tropismes qu’on ne peut expliquer ou justifier. C’est comme ça : on se fait avoir à chaque fois parce que les gars qui s’en occupent chez Sony sont aussi malades que nous. Ils savent exactement comment nous prendre. Comme pour la viande et le téléphone, j’assume de paraitre ridicule au sujet de Dylan.

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19 commentaires pour Pas d’explications

  1. Anonyme dit :

    Je peux aisément comprendre ceux qui manifestent une lassitude aux sujet des coffrets débordants de prises du même morceau, complets jusqu’à l’indigestion.

    Moi aussi ; ils n’ont pas d’oreille

  2. Jac D. dit :

    Prises et reprises (de trous de chaussettes) : de Dylan et de sa phonographie…
    Je le suis, depuis ses débuts, et LA suis, la discographie, avec, je l’ai peut être dit précédemment, une longue interruption pour causes de rythmique reggae overburnée, d’envahissants exploits guitaristiques de Mr. Dire Straits (des blanches et des noires), des reverbs cathédrales de Daniel Lanois ; j’y suis revenu avec les disques, plus arides, plus secs, de reprises plus ou moins obscures, productions Jack Frost, et ce jusqu’à aujourd’hui avec le répertoire Brill Building.
    Mais il est bon de rappeler que le bougre, aidé en cela par de matois compagnons de microphones et de studios d’enregistrement, a longtemps entretenu la légende du mec infaillible, du King of the One Shot, sorte de Lucky Luke de la prise unique : « avec Bobby (la fameuse proximité artistique autorisant la familiarité), deux prises au maximum, de toute façon c’est toujours la première la bonne, celle qu’on garde ! » Bon sang, comme arracheurs de dents (et d’oreilles?), on fait pas mieux que les musicos, j’en connais pas un pour rattraper l’autre, pis que des bonimenteurs de foires, et ils vendraient leur mère avec la même aisance qu’ils nous ont vendu le Bobby (trop) sûr de son fait ! Et vlan, bing, bang, le masque tombe et ces avalanches de coffrets encombrants en sont la preuve : le gaillard, comme tous les autres en fait, s’envoyait 666 prises du même morceau et je l’ai dit aussi déjà, prises dont la différence de l’une à l’autre tient souvent au fait qu’il ait (le Bobby?) changé de chaussettes entre les deux… Et mes oreilles perçoivent mal, c’est certainement un handicap (ça va, je le surmonterai), l’influence que le fil d’Ecosse peut avoir sur le 60% coton-40% acrylique…
    « Blood on the tracks » m’est, comme pour beaucoup d’auditeurs de Dylan, un de ses disques que j’apprécie fortement mais je m’arrête à la version parue dans le commerce (puisqu’il s’agit aussi de ça avec ces coffrets encombrants et onéreux de surcroît) 1974, remasterisée en 2003.
    Déjà qu’à une époque, il a fallu se taper, c’était la mode pour un certain nombre d’artistes, sur des disques tout aussi onéreux, les versions mono et stéréo des mêmes morceaux (le commerçant sachant habilement remplir à satiété le panier de la ménagère) !

    • journaldejane dit :

      Je l’ai dit, I understand. Mais j’ai une expérience différente, celle de la chasse aux bootlegs avant l’internet, des disques avec un son approximatif où on découvrait émerveillés une version rock de « It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry » ou une vielle reprise folk du temps du Village. En même temps, la rareté jouait un rôle important ; avec l’internet la magie se dissipe un peu, tout est disponible. Je ne boude pas mon plaisir pour autant.

  3. Jacques d. dit :

    Absolument… ceci dit je trouve leur reprise assez fun et plutôt réussie, d’avantage une « transposition », une « adaptation » qu’une reprise… En fait ce qui me déprime ce sont les reprises « à la lettre », en tout point conformes à l’original… le gonze ou la gonzesse qui se pointe aujourd’hui avec sa six cordes et son porte harmonica pour nous refaire, un tantinet geignard, « blowin’ in the wind' », me donne(nt) envie d’aller immédiatement acheter mon billet pour le prochain concert de Rammstein ou de Napalm Death… ou alors, il faut que l’une ou l’autre ait un quelque chose (et je ne parle même pas ici de talent) en sus pour faire passer la pilule de la muséification, de la génuflexion devant le mémorial… et tenez, prenons pour exemple plutôt réussi en matière de good cover, Johnny Cash, aidé en cela par Rick Rubin, reprenant le « Personnal Jesus » de Depeche Mode, parce que ça peut fonctionner aussi dans ce sens là…
    Les adaptations « laibachiennes » d’arias célèbres sont en général plutôt goûteuses… l’album « volk », constitué de relectures d’hymnes nationaux est comment dire, comme un tea time où les scones auraient été remplacés par d’énormes parts de Forêt Noire accompagnées de seaux de crème Chantilly… l’overdose de glucose a parfois du bon !

    • journaldejane dit :

      Belle plaidoirie. Ma théorie est que les bonnes chansons se prêtent à tous les traitements, à toutes les relectures, même les plus éloignées de la version originale. Dylan a lui-même passé ses titres à toutes les sauces (country, gospel, rock garage, etc.).

  4. journaldejane dit :

    Voilà un article qui dit bien mieux ce que j’ai tenté de dire : la magie des pirates n’est plus là, mais ce n’est pas une raison pour se priver de l’écoute.
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/nov/04/bob-dylan-deluxe-bootlegs-just-corporate-spin

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