Lu

Un demi-siècle, c’est le temps écoulé depuis la parution du Traité. Vaneigem n’a pas varié sur l’essentiel. Plus besoin de dénoncer le règne du fric, le travail aliéné, la marchandise fétichisée ; ce travail a été fait – et bien fait – du temps de l’I.S et l’état de la société parle de lui-même. Il s’agit d’organiser la survie individuelle dans l’attente d’un soubresaut populaire qui se fait attendre. A la différence des réformistes et des réactionnaires, Vaneigem ne s’embarrasse pas de fausses subtilités. La situation est simple, binaire. D’un côté il y a la vie libre et gratuite (sans intention de possession) qui est jouissance du moment réellement vécu. En face, ce sont les forces de mort incarnées par la domination et auxquelles il importe de ne rien céder. Le combat a lieu en soi, dans son esprit et dans son corps ; il se renouvelle d’instant en instant dans le but de reprendre possession de soi. Les notes fragmentaires qui composent ce livre ne proposent pas de mode d’emploi, encore moins de méthode. Elles laissent le lecteur composer librement ses propres associations à partir des mots qui résonnent en lui. Vaneigem s’invente son propre vocabulaire et devient le terrain de ses expérimentations. Il écrit et décrit comme si la révolution avait déjà eu lieu, selon d’autres priorités, une autre manière d’occuper le temps et l’espace. A 84 ans, il démontre qu’une autre manière de vivre le temps, le corps, le désir, est possible.

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