La disparition de Danny Williams

En feuilletant le livre de Stephen Shore, mon attention a été attirée par cette photographie accompagnée d’une légende énigmatique :

J’ai fait une petite enquête sur le net. L’histoire vaut le détour. D’ailleurs elle a fait l’obet d’un film documentaire. Danny Williams a débarqué à New York en 1965. Il a fait du montage pour les frères Maysles avant de devenir le collaborateur et l’amant de Warhol. Il a conçu les éclairages du mythique EPI (Exploding Plastic Inevitable) et a également réalisé une vingtaine de films expérimentaux qui connurent un certain écho. En 1966, les choses se sont dégradées dans la start up artistique où la compétition était implacable ; les wanna be de la Factory étaient jaloux, Warhol a rompu avec lui et sa consommation d’amphétamine a considérablement augmenté.

En juillet 66, c’est retour à la maison familiale dans le Massachusetts.

Après un repas, il part faire un tour dans la voiture de sa mère. Personne ne l’a jamais revu. D’où les coups de téléphone de la mère évoqués dans la légende par Stephen Shore. Ses vêtements et ses clés de voiture ont été retrouvés plus tard, coincés derrière un rocher sur le rivage de la baie de Boston. La noyade est probable  mais on n’a jamais retrouvé le corps. Voilà pour l’histoire de Danny Williams.

Mais il y a une suite.

Trente-quatre ans plus tard, sa nièce, la réalisatrice Esther Robinson s’occupe de la programmation pour une fondation en relation avec la Fondation Andy Warhol. Sa grand-mère passe la voir et lui raconte le vieux secret de famille : son fils avait vécu avec Warhol et il avait mystérieusement disparu.

Esther Robinson apprend alors que des films de Danny Williams ont été retrouvés lors l’archivage de la collection Warhol au Museum of Modern Art. Tournés sur des supports en noir et blanc de 16 mm, ils présentent Andy Warhol, Edie Sedgwick, The Velvet Underground et d’autres personnages bien connus de la Factory. « Quand j’ai vu à quel point les films étaient bons, j’ai pleuré ; c’était comme si ce membre de ma famille me parlait à travers le temps », raconte sa nièce. Les films ont un style particulier, différent des films de Warhol et de Morrissey, notamment le travail sur la lumière et la couleur.

Esther Robinson est parvenue à récupérer les films au terme d’une longue bataille juridique avec le MOMA. Elle a interviewé des rescapés comme Billy Name, Gerard Malenga et John Cale et a réalisé un documentaire sur son oncle afin de lui redonner la place qui lui revient dans cette histoire. On peut trouver des passages sur YouTube. Il y a surtout cet extrait d’un film de Danny Robinson avec des images incroyables du Velvet Underground.

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8 commentaires pour La disparition de Danny Williams

  1. trouble75005 dit :

    Merci pour cette info plutôt inédite

  2. la nuit remue dit :

    Angus Mac Lise qu’es-tu devenu ?

    Sinon, le Prodigal Son là, revu par nos VRP bien aimés d’outre manche, a-t-il quelque rapport avec le Poor Boys de J. Fahey ? : https://www.youtube.com/watch?v=NAOw4eGGAvQ

  3. la nuit remue dit :

    Fahey

  4. Jac D. dit :

    et puis, rien à voir, sauf une similarité dans le titre… mais qu’est-ce que c’est bien !

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