Jérôme Bauche

Si vous lisez le livre de Martinet, vous ne pourrez plus jamais oublier ce nom. Il faut plonger en apnée dans cette épopée glauque magnifiée par une écriture qui va jusqu’au bout de la noirceur. Optimistes radieux, fanatiques du travail, amoureux de la famille, passez votre chemin (vous risqueriez d’exiger l’interdiction de l’ouvrage et d’en priver les autres). C’est Sorin, son premier éditeur au Sagittaire, qui m’a donné envie de lire Jérôme. un jour où il en parlait avec admiration à la radio. J’avais lu L’ombre des forêts qui m’avait laissé un bon souvenir. Mais là, c’est l’opus majeur dans lequel Martinet a tout donné. Un feu d’artifice. Dantesque, au plein sens du terme (d’ailleurs la Divine comédie y est citée). L’indifférence de la critique et du public l’a achevé, lui qui devait être déjà  bien amoché. Un exemple approchant ? Surtout pas Céline, que je ne peux pas saquer. Disons La conjuration des imbéciles pour l’anti-héros décalé, le délire halluciné et drôle – si on apprécie ce genre d’humour très noir. Le dosage entre le grotesque et le dramatique est poussé à la perfection, l’originalité est totale. Peut-on parler de chef d’œuvre ? Évidemment oui (ou alors on supprime l’usage de ce mot). En faire le livre de l’été serait à mon avis une marque de dandysme particulièrement bienvenue.

Jean-Pierre Martinet, Jérôme (Finitude)

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