Tarnac-S10, dernier épisode

Me Jérémie Assous discourait en dernier. L’avocat de Julien Coupat a surpris l’assistance en restant aussi sobre qu’il s’était montré éruptif tout au long du procès. « Dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, a-t-il débuté, quatre crochets ont été posés sur des lignes TGV, et aucune investigation sérieuse n’a été faite pour trois d’entre eux : c’est la preuve parfaite que la justice, dans cette affaire, ne s’est jamais intéressée à la vérité. »

« Ce que vous allez devoir juger, ce ne sont pas que des faits, ce sont aussi des méthodes », avait-il dit à Corinne Goetzmann en introduction, fustigeant la déloyauté, voire la malhonnêteté de l’antiterrorisme. En conclusion : « A l’heure où les libertés publiques se réduisent comme peau de chagrin, la question à laquelle vous devrez répondre est la suivante : est-ce que vous validez ces méthodes ? En refusant de les sanctionner, vous les encouragerez. Dans cette affaire, il a été porté atteinte à l’honneur de la police. Je vous demande de sauvegarder celui de la justice. »

Conclusion de Julien Coupat :

Reprenant la théorie développée par son premier avocat, feu Me Thierry Lévy, dans son Eloge de la barbarie judiciaire, il a justifié son attitude lors des débats : « Le simple fait de ne pas s’écraser, de se défendre, d’avoir recours à l’ironie, est pris pour un geste inqualifiable. Et nier les faits, comme dans toute procédure pour hérésie, est considéré un acte de perversité. Nous n’avons pas pratiqué de défense de rupture. Nous avons pratiqué une défense libre. »

« En règle générale, a-t-il poursuivi, la justice pénale trouve face à elle des gens qui n’ont pas les moyens de faire autre chose que de subir. La véritable anomalie de cette affaire, c’est d’être tombé sur des gens ayant les moyens intellectuels et matériels de se défendre, et déterminés à ne pas se laisser écraser. Je souhaite dédier ce procès à tous ceux qui se retrouvent face à la justice et qu’on n’écoute pas, qui sont condamnés en silence. »

(Le Monde)

Epilogue jeudi 12 avril.

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Un commentaire pour Tarnac-S10, dernier épisode

  1. Jean TIENHAIN dit :

    C’est tout à fait ça… J’ai eu l’occasion de comparaitre devant un trio de juges de correctionnelle du temps de ma jeunesse tumultueuse (1974) et pour 3 pieds d’herbe immatures, je n’ai eu droit pour tout commentaire qu’à “taisez vous” plus 6 mois avec sursis…
    Bien sur les faits ne sont pas comparables, mais enfin, on en sort avec une envie de tuer ces porteurs de robe…

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