Tarnac-S10-E12 « Le dossier qui rend fou »

Lunettes rondes, carré brun un peu flou, le verbe ultra-précis et ce qu’il faut d’ironie pour le servir, l’avocate, s’est avancée jeudi 28 mars pour plaider la relaxe de sa cliente Yldune Lévy, jugée depuis plus de deux semaines en correctionnelle pour la dégradation d’une ligne de TGV qu’elle est accusée d’avoir commise en novembre 2008 à Dhuisy (Seine-et-Marne) avec son compagnon de l’époque, Julien Coupat.

« Quand on regarde ce dossier, on se dit que cela ressemble plus à un orgueil mal placé qu’à une recherche de la manifestation de la vérité », entame la pénaliste, qui demande que l’on « se souvienne de ce que l’institution judiciaire a pu faire » dans cette affaire, c’est-à-dire « le pire ». Elle parle d’une « dérive de l’antiterrorisme ».

« Au départ, [ce dossier] transpire l’instrumentalisation politique, la séparation des pouvoirs bafouée, la judiciarisation précipitée, outrancière, la guerre des services enfin. » 

Elle regrette notamment le refus de Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur au déclenchement de l’affaire en 2008, de se déplacer au tribunal pour être entendue comme témoin. « Quel toupet, mais quel toupet ! », commente l’avocate. Le 11 novembre 2008, alors que des dizaines d’hommes cagoulés procédaient à des interpellations à Tarnac, Michelle Alliot-Marie évoquait en conférence de presse un « noyau dur » tourné vers la « lutte armée ». Près de dix ans plus tard, elle a fait savoir au tribunal qu’elle n’était pas disponible. (L’Obs)

« Il est temps, mesdames les juges, madame la présidente, de libérer les prévenus de ce fiasco. » C’est par ces mots que Me Marie Dosé, l’avocate d’Yildune Lévy, conclut sa plaidoirie en ce 12e jour d’audience, avant-dernière du procès de Tarnac.

L’avocate relève le niveau d’éloquence qui s’est plutôt cantonné au terre à terre hier. Olivier Christen a tout fait pour éviter le procès politique, quitte à s’emberlificoter dans des détails techniques si alambiqués qu’il a fini par faire croire à la vacuité des éléments à charge pointés par la défense. « Si on en est à débattre de savoir quel est le meilleur lieu de la nuit à Paris pour acheter des cigarettes : Nation ou Pigalle, à 2h44 du matin, c’est qu’on n’a pas grand chose dans le dossier… », cingle Marie Dosé, pas tendre avec ses confrères.

Le procès politique, elle y revient, avec vigueur : « On ne leur reproche pas leur mode de vie, a rappelé le ministère public ? Ici ! Vous ne leur avez pas reproché madame la présidente ! Mais pendant dix ans, on les a assimilés a une “pseudo secte”… », dénonce-t-elle en évoquant les huit prévenus et le « péril rouge », bel appât pour une droite déliquescente. (Politis)

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