Dreadlocks : 1, Cravates : 0

« Le cœur de notre société moderne, c’est l’irrationnel et le déraisonnable. Nous avons saccagé les écosystèmes, exterminé les espèces animales, détraqué le climat pour soutenir des choix absurdes, qui ne nous rendent même pas heureux. Effectivement, si l’on schématise grossièrement, les jeunes de la ZAD portent des dreadlocks alors que les notables pro-aéroport portent des cravates. Mais comme le mainstream de notre pays est devenu fou, le bon sens est passé, si l’on peut dire, du côté des dreadlocks. »Dominique Bourg, philosophe (entretien à lire ici)

Pour fêter cette victoire, un concert de François Béranger de 75 (période où nous ne rations pas une occasion de le voir sur scène). La première chanson est complètement zadiste et « Tranche de vie » est un excellent titre, un classique. Le reste n’a pas tellement vieilli non plus. 40 ans plus tard, je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle.

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11 commentaires pour Dreadlocks : 1, Cravates : 0

  1. Jean TIENHAIN dit :

    Quand on voit tous ces vieux tracteurs pourris, pissant le gas-oil de partout, on se dit vive l’écologie…

  2. Anonyme dit :

    je ne porte de cravate que pour les enterrements

  3. Ad Hoc dit :

    « Pour fêter cette victoire »

    Peut-on sérieusement parler de victoire lorsqu’elle a été acquise au prix d’un double déni de justice et de démocratie ?

    Vous ne récolterez le fruit de cette « victoire » que bien plus tard quand les vainqueurs du jours, confortés par ce genre de discours, s’autoriseront à nier toute forme d’alternative à leur alternative et à contester tout résultat d’élection qui ne serait pas conforme à leur désir.

    Ou alors, disons-le, on s’en fout de tout. Ce qui me semble être une piste de recherche intéressante aussi.

    • journaldejane dit :

      Le problème, me semble-t-il, c’est que le concept de « ZAD » recouvre deux réalités. Il y a le fait de bloquer un projet jugé néfaste pour l’environnement (« zone à défendre »). C’est le point litigieux que vous soulevez. Ensuite, sur place, la vie s’organise selon d’autres modalités que celles en vigueur dans notre société (cabanes dans les arbres, etc.). Cette expérimentation me semble intéressante. Elles devrait se faire dans des zones libérées, sans lien avec une occupation illégale. Ce serait plus clair.

  4. Ad Hoc dit :

    Si mon voisin se chauffe au gaz et que je juge cela néfaste pour l’environnement, ai-je pour autant le droit d’occuper sa maison ?

    On ne peut rien bâtir sur des jugements personnels, pas même une cabane dans un arbre, aussi jolie soit-elle dans notre imagination. Et si ces nouvelles modalités d’existence s’appuient pour démarrer sur le rejet des principes élémentaires de la vie démocratique, elles ne trouveront à leur tour que du rejet.

  5. Ad Hoc dit :

    Je vous remercie, je l’ai lu avec attention. J’y ai trouvé une rhétorique avec laquelle effectivement j’ai un peu de mal :

    « La révolution sera… » On a déjà entendu ce futur de l’indicatif…

     » […] pour harmoniser une expansion de la communisation à toute la planète… » Et si certains souhaitent tout bonnement vivre d’une manière différente ?

    Il ne s’agit pas de se convaincre l’un l’autre mais simplement d’échanger en bonne entente. C’est une chance de ne pas être du même avis. Vous aimez Bukowski, moi aussi. Vous préférez les dreadlocks aux cravates, je n’ai pas d’opinion sur la question. Chez les uns comme chez les autres, la nature reste humaine et ses faiblesses demeurent.

    On pense ce qu’on veut de la démocratie et de l’état de droit, mais a-t-on trouvé mieux ? Est-ce en refusant d’admettre le résultat d’une élection, en refusant d’accepter qu’une majorité de personnes ne pensent pas comme eux, que les zadistes comptent faire la promotion de leur mode de vie ? Est-ce aussi de cette manière qu’ils comptent l’étendre à la planète ?

    Je rêve, comme vous peut-être, d’un monde sans lois, règles ni cholestérol où seul règnerait le bon sens et la paix des ménages, mais je doute que c’est en empruntant la route des chicanes (au propre comme au figuré) qu’on y arrivera.

    En vous priant de m’excuser pour ma réponse tardive.

    • journaldejane dit :

      Excuses acceptées 🙂 Je vois trop bien les limites que vous pointez mais, c’est plus fort que moi, je ne peux me résoudre à un monde sans utopie (une déformation de jeunesse dont je n’ai pas vraiment essayé de guérir).

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