A propos de Triplicate (2)

Je viens de lire un entretien dans lequel Dylan répond aux questions d’un journaliste au sujet du répertoire abordé dans Triplicate (mais pas seulement). Dylan y est d’une sincérité presque déconcertante . On est près du ton introspectif des Chroniques, loin du style elliptique et mordant souvent adopté par Dylan vis-à-vis des médias.

Extraits :

Le répertoire : « Ces chansons sont parmi les plus poignantes jamais enregistrées et je voulais leur rendre justice. Maintenant que je les ai vécues, que j’ai vécu à travers elles, je les comprends mieux. Elles vous sortent de ce moulin du grand public qui vous piège entre des choses qui semblent différentes mais sont en fait les mêmes. Les chansons et la musique modernes sont si institutionnalisées qu’on ne s’en rend même plus compte. Ces chansons-là sont froides, elles voient clair, elles sont réalistes et directes, et ont une foi dans la vie ordinaire, tout comme les premiers rock’n’rolls. »

Sa rencontre avec Sinatra : « Il était drôle, on était sur son patio le soir et il m’a dit : « Toi et moi, mon pote, on a les yeux bleus, on vient de là-haut », et il m’a montré les étoiles. « Ces autres glandus, ils viennent de là, en bas ». Je me souviens avoir pensé qu’il avait peut-être raison. »

World goes wrong : « Depuis 1970 il s’est passé cinquante ans, mais ça serait plutôt cinquante millions d’années. Le temps a élevé un mur pour séparer le nouveau de l’ancien, et beaucoup de choses se sont perdues. Des pans entiers de l’industrie disparaissent, les modes de vie changent, les grandes surfaces tuent les villes, de nouvelles lois remplacent les anciennes, les grands groupes écrasent les individus, les pauvres eux-mêmes sont devenus une marchandise. De même pour les influences musicales, elles sont avalées, absorbées par de nouvelles, ou sont laissées de côté. Pour autant je ne crois pas qu’il faille se sentir rejeté, ou que ce soit hors d’atteinte, on peut toujours trouver ce qu’on cherche, si on remonte la piste. Ca peut être juste là où on l’a laissée, tout est possible. Le problème, c’est qu’on ne peut pas l’emmener avec soi, il faut rester là où tu l’as trouvé. C’est là qu’on peut parler de nostalgie. »

Il y a plusieurs passages comme ça, des trucs marrants aussi (sur Joan Baez notamment). L’entretien est à lire en entier ici. Il donne envie de réécouter ces chansons, même si ce n’est pas toujours sa version qui nous touche le plus. Sacré Bob !

 

 

Publicités
Cet article, publié dans Journal, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour A propos de Triplicate (2)

  1. jacques d. dit :


    the next ones !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s