Arno Schmidt

arno« La lune enveloppe ce roman comme la lande et la forêt : «lune fêlée», «lune d’or», «lune rêche», «lune qui faisait en silence le gros dos derrière des fronts jaunes de nuages silencieux». Elle révèle l’accord entre les météores et la prose de Schmidt qui s’agrège, se construit et se défait constamment dans des effets de lumière ou de clair-obscur magiques et secrets. Le plaisir est là. Dans le déroulement de ce récit qui juxtapose, greffe, agence des éléments empruntés à des univers divers. Il y a ici du Jacques Callot, de l’île mystérieuse de Jules Verne dans le naufrage de ces réfugiés, déplacés dans un monde de misère où chaque arrivée de «care-pakete» semble envoyée par un Nemo compatissant. De même l’histoire d’un amour volé, celui de Schmidt et de Lore, sa «petite réfugiée aux patates», se mêle à une analyse au vitriol de l’après-guerre qui a scandalisé. Car la fulgurance de l’écriture de Schmidt vise aussi l’Allemagne de l’après-nazisme, celle d’Adenauer et, avec le poids des églises, celui d’un certain ordre moral. » Extrait d’un très bon papier de Jean-Didier Wagneur en l’honneur d’Arno Schmidt et de Brand’s Haide qui sort chez Tristram

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2 commentaires pour Arno Schmidt

  1. Marie-Annick Guegan dit :

    Le réel plaisir de recopier cette phrase d’Arno Schmidt « lune d’or- lune rêche lune qui faisait en silence le gros dos derrière des fronts jaunes de nuages silencieux » Merci pour votre billet.

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