La plus grande chose du monde

montaigne« Nous avons assez vécu pour les autres ; vivons pour nous, au moins pour ce bout de vie : ramenons à nous et à notre bonheur nos pensées et nos intentions. Ce n’est pas une petite affaire que d’organiser sûrement sa retraite : elle nous occupe assez, sans que nous y mêlions d’autres entreprises. Puisque Dieu nous donne la possibilité de prendre des dispositions pour déloger, préparons-nous-y ; plions bagage, prenons de bonne heure congé de la compagnie ; dépêtrons-nous de ces violents attachements qui nous engagent ailleurs et nous éloignent de nous.
Il faut dénouer ces liens si forts ; et aimer désormais ceci et cela, mais n’épouser rien d’autre que soi : je veux dire, que le reste soit à nous, mais non pas joint et collé de telle façon que nous ne puissions pas nous en détacher sans nous écorcher, et arracher du même coup quelque chose qui soit nôtre. La plus grande chose du monde, c’est de savoir être à soi. »
Montaigne (à 44:48)

 

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Un commentaire pour La plus grande chose du monde

  1. Claude dit :

    Pratiquer un égoïsme bien tempéré* et s’entourer de bons auteurs devrait permettre de tenir encore un peu. Je suis tombé sur des entretiens (« Les Terribles ») avec Raphaël Sorin, un véritable éditeur qui raconte « ses » écrivains : https://www.youtube.com/watch?v=2MP5byF_5sQ
    Bon ouikend

    * Egoïsme, pas égocentrisme.

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