Lecture d’été

Je note sur mon marque page (une petite carte trouvée entre les pages d’une publication Allia) les noms des auteurs que Manchette évoque au fil des pages avec le plus grand enthousiasme, des classiques comme Horace McCoy ou James M. Cain, d’autres plus récents ou moins connus dont je découvre l’existence. Les chroniques qui paraissaient dans Charlie mensuel étaient en effet destinées à signaler au lecteur un peu ignare les meilleurs titres parus à la Série noire ou ailleurs. Au moment où Manchette écrivait ces lignes, vers 78-80, on assistait au « boom » (comme on disait alors) du roman noir : explosion du « néopolar », naissance de plusieurs collections et apparition de revues dévouées au genre. C’est dans ce contexte chargé que Manchette s’est fixé le but de définir ce qui fait l’essence du polar sur le plan littéraire (un mot qu’il manie avec des gants de protection) et politique, tout en opérant dans l’abondante actualité éditoriale du moment un tri intransigeant. Avec le recul temporel dont nous disposons, cette approche s’avère éclairante et instructive.

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4 commentaires pour Lecture d’été

  1. journaldejane dit :

    « J’ai formé le mot « néopolar », sur le modèle de mots de « néopain », « néovin » ou même « néoprésident », par quoi la critique radicale désigne les ersatz qui, sous un nom illustre, ont partout remplacé la même chose. Une partie des journalistes et des fans a repris l’étiquette apologétiquement, sans y voir malice, c’est amusant. » Manchette dans un article du 24 février 1981 publié dans « Le Matin »

  2. Tuskanny dit :

    Chère Jane, votre ferveur contagieuse touchant à cet auteur fait vraiment mon bonheur ! Je ne l’ai réellement lu que l’année suivant sa mort en commençant par l’affaire N’Gustro, une lecture dont je ne me suis pas relevée tout de suite, je dois dire ! Et quand je dis « en commençant » il faut bien sûr comprendre que j’ai tout lu de lui par la suite. Englouti en quelques semaines son oeuvre romanesque qui se trouvait très facilement chez les bouquinistes (souvent en édition originale) à l’époque. J’ai eu beaucoup de plaisir et d’intérêt aussi à lire et relire récemment son Journal (1966-1974) que vous devez connaître. Sûrement parce que l’on y découvre comment il s’y prenait, pour vivre, pour travailler (entre autres) et que c’est vraiment passionnant. J’aime bien repenser à des passages de ses romans qui m’avaient sur le moment transportée d’excitation, il y en a un certain nombre, et disons-le tout net, peu d’auteurs ont depuis produit sur moi un effet comparable. Donc, j’aime lire et voir l’importance qui lui est ici attachée.😉

    • journaldejane dit :

      Merci pour ce message. C’est un plaisir de partager une passion littéraire. Je crois qu’il faut renoncer à trouver un équivalent (trop de qualités à réunir). A signaler, les romans de son maître Dashiell Hammett (avec nouvelles traductions chez Quarto). C’est l’inventeur de ce style « béhavioriste » que Manchette poussa dans ses derniers retranchements, notamment dans La position du tireur couché.

  3. Tuskanny dit :

    Ah, la notion de nouvelles traductions de ce grand auteur, qui plus est chez Quarto, voilà qui m’intéresse au plus haut point, merci pour l’info. Et justement, parmi les passages que j’aime convoquer mentalement, ou relire carrément, se trouve toute l’intro de  » La position du tireur couché » … bref, on se comprend ! bye-bye et à bientôt.

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