Lecture

Un beau ténébreux un peu fêlé passe l’été, probablement le dernier, dans la maison de famille. Il y retrouve sa sœur et apprend que celle-ci va épouser son ami d’enfance. Tensions, relations troubles entre les êtres, ambiance de plus en plus pesante à mesure qu’avance le roman. L’action se passe sur la côte bretonne, magnifiquement évoquée. Nous sommes en 1960 et le roman pourrait presque avoir été écrit l’été dernier : la belle langue classique résiste au temps (mieux qu’une certaine modernité) et la famille bourgeoise n’a pratiquement pas changé. Une belle lecture.

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4 commentaires pour Lecture

  1. Claude dit :

    « Si Jean-René Huguenin avait vécu, si le temps avait été donné à l’auteur de la « Côte sauvage » pour écrire l’œuvre que ce premier livre annonçait, et si, vers sa cinquantième année, il avait retrouvé ce manuscrit au fond d’un tiroir, il en eût été peut-être irrité ; il ne l’aurait pas publié sans ces commentaires dont nous accablons volontiers la jeunesse et que nous n’épargnons pas au jeune homme que nous fûmes. Mais dans la lumière de sa mort, ces pages ont pris un aspect bien différent. Presque chaque parole en est devenue prémonitoire.
    Cette danse que la jeunesse mène volontiers autour de la mort, cette coquetterie funèbre nous eût lassés, peut-être, si la mort n’avait été fidèle au rendez-vous. Mais elle a répondu à l’appel. Alors la densité de chaque mot a changé d’un seul coup. (…) Ce Journal a la lividité de l’éclair : le coup va frapper d’une seconde à l’autre. Il a frappé ; et voilà ce qui nous reste de l’auteur de la « Côte sauvage ». Rien ne viendra plus de lui. Ce que nous avons écrit, c’est ce que nous avons été : ce Journal est devenu un grand texte parce que Jean-René Huguenin est ce jeune mort qui avait pris d’avance la mesure de sa dépouille. »

    Les premières lignes de la magnifique préface de Mauriac au Journal de Huguenin.
    Bonne lecture

  2. journaldejane dit :

    « Dans la lumière de sa mort »… C’est bien ainsi, inévitablement, qu’on lit certaines pages de ce roman fébrile et peut-être encore plus le Journal. Beau texte, merci.

  3. Anonyme dit :

    Les préfaces de commande pour faire vendre du papier après coup, on ne connait que ça. Mauriac a-t-il connu Huguenin de son vivant ? N’est-ce pas de sa propre jeunesse jamais vécue et de sa vieillesse de toujours que nous parle Mauriac romancier ? … Le XXème siècle et ses atrocités n’aura pas suffi à nous guérir des mots creux

    • journaldejane dit :

      Mauriac fait partie de ceux qui ont manifesté leur enthousiasme à la publication de La côte sauvage en 1960. Il est légitime pour tracer la place de l’écrivain disparu prématurément.

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