Lecture

Lu d’une traite ces 90 pages, avec une pause quand même vers le milieu pour laisser passer diverses réminiscences autobiographiques. Si on évaluait l’efficacité d’un texte en fonction du rapport entre sa taille et de l’impact produit sur le lecteur, Martin écraserait la concurrence. La nuit qui a suivi, dans un demi-sommeil, je pensais au personnage évoqué par  Schefer comme si je l’avais rencontré dans la « vraie vie » et à diverses personnes perdues de vue depuis des décennies. Martin était l’ami d’enfance puis d’adolescence du narrateur. Ils étaient inséparables pendant les années déterminantes qui vont de la fin de l’enfance aux frontières de l’age adulte. Un type original, brillant, mais qui a commencé à devenir bizarre, à s’éloigner dans sa bulle, vers la fin du lycée. Puis il est devenu de plus en plus inatteignable, au point de disparaitre complètement. Les nouvelles qui parvenaient au fil des ans devenaient de plus en plus inquiétantes (clochardisation, hospitalisations en psychiatrie). Le fantôme de Martin venait tourmenter ceux qui l’avaient connu, les obligeant à se retourner sur leur jeunesse passée. Soudain, alors qu’on se demandait s’il était encore vivant, Martin réapparait (page 69). Fin du spoiler. Aucun résumé ne pourra rendre compte de ce livre dense, sobre et cependant bouleversant.

Bertrand Schefer, Martin, P.O.L

 

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