Lire Cioran

« Cioran n’est pas sans descen­dance. Le scepticisme en vogue d’Houellebecq rappelle celui du maître mais c’est un scepticisme médiatiquement avachi quand ­Cioran est dardé sur sa cible, dans un désespoir jubilatoire. Son style plutôt que celui d’un classique est celui d’un baroque acéré, armé d’une balistique d’adjectifs, d’antithèses et d’allitérations qui taillent les utopies à la hache. Ces aphorismes cruels sur l’amour ont fait sa gloire, mais ces sentences pour dîners en ville ne doivent pas cacher la profondeur de ses coups de sonde qui le mettent au niveau de Pascal, de Schopenhauer, de Nietzsche et de Lao-tseu. C’est pourquoi, il faudrait faire tous les ans une petite cure de Cioran plus décapante pour les lipides et les ballonnements de la pensée que n’importe quelle thalassothérapie chic. Car Cioran est un Kärcher de l’esprit. » Patrick Grainville (source)

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