C’était bien, la décadence

bolan
david
louVers 72-73, le rock était « décadent » et « outrageous ». On regardait les photos dans la presse rock et on trouvait ça fun. Il y avait une immense liberté dans l’air et nous pensions naïvement qu’elle resterait là pour toujours. Non, le monde étriqué et gris ne s’est pas effacé sous les assauts du rock n’ roll. Pendant que nous écoutions nos disques chéris, les amoureux de l’ordre et de la censure repeignaient patiemment le décor selon leurs goûts. C’est le grand retour de la famille, du travail dans la bonne humeur et de l’ordre moral. On rêve d’un retour des dandys décadents qui viendraient tout chambouler.

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7 commentaires pour C’était bien, la décadence

  1. Claude dit :

    Sur le blog, j’ai essayé de dire mon enthousiasme pour le premier épisode de la série « Vinyl » réalisé par Martin Scorsese d’après une idée et un synopsis de Mick Jagger. Le frontman des Stones avait ce projet depuis plus de 20 ans. Il a bien fait de le laisser mûrir parce que le pilote est une réussite visuelle, sonore et sonique. Quant au script et aux dialogues, ils décoiffent les permanentes afro le mieux fixées ! Bien sûr, Scorsese a forcé le trait, c’est son style tout en restant au bord de la farce, juste au bord. Les personnages sont plongés dans le monde du disque rock et pop de 1973 à NY. Manhattan n’est pas encore le clinquant parc muséal attrape-bobos qu’il est aujourd’hui. La 42e rue est une suite de peep shows, magasins pour putes et amateurs de SM. On y trouve des dealers et des flics goguenards. (en 1979, c’était encore comme ça.) Le East Side est un autre coin dangereux comme le rock qui y survit dans des lofts pourris, des squats et quelques clubs improbables. Alan Vega et Martin Rev bidouillent déjà dans leur coin et donnent leurs premiers gigs au Max’s Kansas et au CBGB, de jeunes black réinventent la soul en la bombardant de missiles psychédéliques et Johnny Thunders et ses potes jouent à la poupée. Les mômes ont un problème : le monde est en crise, la ville aussi mais les musiques qu’ils entendent à la radio et dans les boutiques de disques ne reflètent pas ou très peu les tensions underground qui font vibrer les marges de la société. (C’est l’année de la première crise du pétrole si je dis pas de bêtise.) Les USA sortent du Vietnam où une génération a eu son âme passée au napalm. Si le rock des 60’s évoquait ce merdier, celui des 70’s en devenu trop gras. Pour survivre, le rock va devoir se souvenir qu’il fut du rock’n’roll. Son business aussi. C’est la cadre général du premier épisode. Et question dandys anticonformistes et excessifs, on est servis !

  2. Claude dit :

    Avec la géo-localisation, je ne sais pas si tu pourras le voir depuis la France. Il est en ligne pendant 4 jours :
    http://www.rts.ch/play/tv/vinyl/video/episode-1-saison-1-pilot?id=7497456

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