Entretien avec Anselm Jappe

Extraits :

Le capitalisme

« L’accumulation du capital a atteint ses limites parce que son fondement, l’extraction de la plus-value du travail vivant est devenue de plus en plus réduite, l’importance du travail vivant diminuant continuellement. Le résultat en est que le capitalisme est maintenant capable de survivre seulement grâce à la simulation ; je veux dire, par l’anticipation des bénéfices futurs – qui n’arriveront jamais – à travers le crédit. »

L’aliénation

« Le sujet moderne a été formé par l’intériorisation des contraintes sociales qui dans les sociétés précédentes étaient imposées aux individus de l’extérieur. »

Le narcissisme

« Le narcissisme peut être compris comme la forme psychologique qui correspond au capitalisme post-moderne, de la même manière que la névrose classique décrite par Freud correspondait au capitalisme classique. Toutefois, le narcissisme ne signifie pas simplement une excessive estime de soi. Comme Lasch l’a montré, cela signifie une régression profonde vers le mélange des sentiments d’impuissance et de toute-puissance qui caractérise la toute petite enfance. »

L’art

« Le problème est qu’il semble vraiment difficile aujourd’hui de trouver un art qui ait la capacité de nous faire sortir de nos habitudes mentales, comme les avant-gardes ou quelqu’un comme Edward Hopper étaient capables de le faire. Il va sans dire que la subversion et la transgression sont tout simplement devenues des arguments de vente. L’art devrait provoquer chez nous un choc existentiel et nous conduire à nous interroger (même en déployant la beauté – « choquant » ne veut pas toujours dire « laid »), au lieu de confirmer tout simplement ce que nous sommes déjà. »

Entretien à lire ici.

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Un commentaire pour Entretien avec Anselm Jappe

  1. lemoine001 dit :

    On retrouve toutes les ambiguïtés des idées d’Anselm Jappe, que j’avais observé quand j’ai entendu parler de lui la première fois. (Voir mon article : http://lemoine001.com/2014/01/09/anselm-jappe-critique-de-la-valeur/ )
    Ambiguité entre valeur et sur-valeur : certes la concurrence intercapitaliste tend à réduire la valeur de chaque unité de marchandise et à permettre la mise sur le marché d’un nombre plus considérable d’unités de cette même marchandise. Elle permet aussi la création de produits plus sophistiqués satisfaisant le même besoin de façon plus complète (véhicules plus rapides et plus confortables par exemple). Elle permet également la satisfaction de besoins nouveaux et la mise sur le marché de nouveaux produits. Cela ne devrait pas être mis débit du capitalisme mais plutôt à son crédit. Ce n’est donc pas là qu’est le problème mais dans la diminution de la part de travail vivant et de valeur nouvelle. Ce que Marx a analysé sous la forme de la loi de la baisse tendancielle du taux de profit moyen par laquelle se manifeste la contradiction fondamentale de ce mode de production.
    Il n’y a que cette ambiguité qui permet le passage abrupt à la sortie «de tout le système de l’argent et de la valeur, de la marchandise et du travail » dont le sens n’est d’ailleurs pas clair. Si le travail est l’activité humaine ayant pour objet l’adaptation toujours plus humaine de l’homme au monde, on ne voit pas pourquoi ni comment il faudrait en sortir. Il faut supposer qu’il ne s’agit pas du travail mais du salariat, c’est-à-dire d’un rapport social où la force de travail est une marchandise.
    Je retrouve aussi la même confusion au sujet de travail abstrait qui est traité non comme un processus par lequel le travail devient créateur de valeur pour le capitalisme mais est (ou en tout cas semble) substantivé.
    De là on passe à des affirmations aussi obscures que : « Les marxistes ont rapidement identifié le sujet avec la classe ouvrière » ou «Le seul vrai sujet dans la société capitaliste est la valeur » dont personnellement je ne vois ni ce qu’elles veulent dire ni qui elles visent exactement. Et tout naturellement on aboutit à une sortie du capitalisme tout aussi obscure puisqu’elle parait se faire sans que soit posée la question de la propriété des moyens de production.

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