Un peu de poésie

levetRépublique Argentine — La Plata

Ni les attraits des plus aimables Argentines,
Ni les courses à cheval dans la pampa,
N’ont le pouvoir de distraire de son spleen
Le Consul général de France à la Plata !

On raconte tout bas l’histoire du pauvre homme :
Sa vie fut traversée d’un fatal amour,
Et il prit la funeste manie de l’opium ;
Il occupait alors le poste à Singapoore…

— Il aime à galoper par nos plaines amères,
Il jalouse la vie sauvage du gaucho,
Puis il retourne vers son palais consulaire,
Et sa tristesse le drape comme un poncho…

Il ne s’aperçoit pas, je n’en suis que trop sûr,
Que Lolita Valdez le regarde en souriant,
Malgré sa tempe qui grisonne, et sa figure
Ravagée par les fièvres d’Extrême-Orient…

Henry Jean-Marie Levet

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6 commentaires pour Un peu de poésie

  1. Claude dit :

    Je crois qu’il faudrait toujours lire les poèmes à voix haute. Celui-là me plaît beaucoup. Je ne connaissais pas cet écrivain. Qu’échangent Fargue et Larbaud dans leur conversation ? (« Le piéton de Paris » du premier est un de mes livres de chevet.)

    • journaldejane dit :

      J’ai découvert Henry J.-M. Levet il y a quelques jours dans une anthologie intitulée « Poètes en partance » (poésie Gallimard). J’ai mis l’image du recueil mais je ne l’ai pas et ne peux dire de quoi parlent Fargue et Larbaud. Par contre, la bonne nouvelle, c’est qu’on peut lire (ou déclamer) les poèmes de « Cartes postales » en ligne :
      http://fr.wikisource.org/wiki/Cartes_postales

      Un autre pour la route.

      Égypte — Port-Saïd — En Rade
      À Gabriel Fabre

      On regarde briller les feux de Port-Saïd,
      Comme les Juifs regardaient la Terre Promise ;
      Car on ne peut débarquer ; c’est interdit
      — Paraît-il — par la Convention de Venise

      À ceux du pavillon jaune de quarantaine.
      On n’ira pas à terre calmer ses sens inquiets
      Ni faire provision de photos obscènes
      Et de cet excellent tabac de Latakieh…

      Poète, on eût aimé, pendant la courte escale
      Fouler une heure ou deux le sol des Pharaons,
      Au lieu d’écouter miss Florence Marshall
      Chanter « The Belle of New York » au salon.

  2. Shige dit :

    Incroyable ! J’ai pris le livre sur moi ces jours derniers… Pour l’anecdote, je l’avais trouvé à Pékin.

    Bon week-end.
    Shige

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