Un roman haut de plafond

saulVoyager se résume souvent  à faire varier le décor autour du livre que je suis en train de lire. La qualité de la lumière joue un rôle déterminant. J’ai lu une grande partie du roman de Saul Bellow dans un appartement baigné de soleil. Il faut préciser que cet appartement situé en Bretagne, où nous emménagerons prochainement, était entièrement vide. Cet environnement s’est avéré particulièrement favorable et ce séjour restera dans mes anales personnelles comme un des meilleurs souvenirs de voyage en compagnie d’un bon livre. Le plaisir pris à la lecture de ce roman tient au sentiment d’une réussite totale – qu’il convient de distinguer de la « perfection », toujours un peu glaciale et écrasante. La réussite, ici, relève de la maîtrise avec laquelle Saul Bellow manie les moyens à sa disposition : dialogues spirituels, à la fois drôles et d’une cruelle lucidité ; sens du détail dans les descriptions des personnages et des décors ; manière élégante de traiter les thèmes abordés, sans pathos, sans plomber le récit en déversant du « sens » pour recouvrir le chaos. Habileté, brio, aisance ? Oui, tout ça. Mais pas seulement. Ce roman contient également des passages inspirés où le vieux rescapé échoué à New York tire les leçons de sa vie et délivre quelques considérations métaphysiques d’une grande profondeur. Je peux difficilement vous en dire plus. Trouvez un appartement désert avec la lumière qui convient et plongez dedans.

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