ENTREE LIBRE ET GRATUITE POUR TOUS !

Présence, production, gratuité, pas de programme : ce sont les quatre lignes de conduite de l’œuvre « Flamme éternelle » que l’artiste Thomas Hirschhorn a installée au sous-sol du Palais de Tokyo. En arrivant au milieu des tas de pneus, des cartons couverts de slogans, des blocs de polystyrène, j’ai croisé deux bourgeoises qui fuyaient l’endroit avec un air effrayé et ça m’a donné envie de poursuivre l’exploration. La preuve qu’il se passait des choses intéressantes de ce côté. J’ai continué à avancer dans le labyrinthe en me guidant au bruit. J’ai débouché sur une sorte d’agora au milieu de laquelle brûlait la fameuse flamme. Les chaises, les tables, le moniteur vidéo, l’écran, tout était recouvert de scotch d’emballage (c’est un peu la signature de l’artiste). Les gens étaient concentrés, ils écoutaient une philosophe (apparemment) discuter de l’œuvre d’une vidéaste également présente. Hirschhorn se tenait sur un canapé, écoutant attentivement. Décrire ce qui se passe là-bas est un peu difficile parce que ça change tout le temps en fonction des gens présents dans l’instant, des débats en cours, des textes lus, des imprévus, etc. Autant dire que c’est très vivant, rien à voir avec un bureau ou une école. L’antithèse de l’idée que l’on se fait du musée. Ce n’est pas le moindre mérite de cette œuvre d’art (pour une fois, le mot prend tout son sens) que de parvenir à désamorcer les mécanismes que la société a mis en place pour transformer l’art en une pauvre activité séparée de la vie et de la pensée, condamnée au destin de marchandise culturelle. Ne me croyez pas sur parole, surtout ne vous contentez pas de ce que vous pourrez en entendre dire sur Internet ou ailleurs, déplacez-vous, allez sur place, vivez cette expérience, expérimentez cette situation. Vous avez jusqu’au au 23 juin, c’est ouvert de midi à minuit, tous les jours sauf le mardi.

flammeD’autres images ici (by Véronique Müller)

« C’est dans l’anarchie qu’on crée, qu’on invente, n’en déplaise aux précepteurs culturels.
Hirschhorn n’est pas dans le regret ni dans la nostalgie, il avance, il propose sans imposer, il fabrique ses œuvres comme si des traces en direct en public de l’état de sa pensée à tel ou tel moment, et comme il sait que la philosophie ou la poésie doit être faite par tous et non par un seul, il met les outils à la disposition de chacun, du commun, pour creuser un sillon, une ouverture dans cette catastrophe hyperbolique qu’est devenu le monde. » (Extrait d’un texte d’Elise Vertige qui prend le temps de décrire la situation crée par Hirschhorn et d’en détailler les enjeux, considérables)

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2 commentaires pour ENTREE LIBRE ET GRATUITE POUR TOUS !

  1. mallerin daniel dit :

    chapeau pour la présentation simple et précise, le service rendu, le défi de relever le défi.

  2. Claude dit :

    Un happening institutionnel. Enfin… Ce Bernois est un malin.

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