J’étais Patricia Hearst

flahautPendant le temps de la lecture (et encore après, comme on peut se souvenir des émotions liées à une expérience vécue), j’ai été la victime d’un enlèvement, j’ai subi des mauvais traitements de la part de mes geôliers révolutionnaires, j’ai épousé leur cause et rejoint leur combat les armes à la main, j’ai été arrêtée et jugée.  Comment amener le lecteur si près d’un personnage (qui n’est jamais nommé) en moins de 50 pages ? C’est le secret de Jean-Marc Flahaut, le mystère de ses phrases courtes, d’une grande précision, qui laissent la place à l’essentiel dans les silences. Rien à voir avec un dossier comme on pourrait en trouver dans la presse. Aucun journaliste n’aurait songé à décrire ainsi les lieux où se réfugient les membres de la bande, l’assaut télévisé des forces de l’ordre ou encore le procès de celle qui est devenue une star médiatique scandaleuse. Aucune considération d’ordre sociologique, historique ou politique. Pas de psychologie non plus, mais la retranscription des lettres que les riches parents reçoivent de leur fille en pleine métamorphose. En forme d’épilogue, dans une étonnante interview donnée 25 ans plus tard, l’ex-otage tire les leçons de son expérience. Ce petit livre rouge vient confirmer le mantra que tous les écrivains devraient accrocher au-dessus de leur ordinateur : less is more.

Jean Marc Flahaut, Stockholm, éditions des états civils

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2 commentaires pour J’étais Patricia Hearst

  1. Je deviens tout rouge comme ma couverture. Rouge tout court. Court toujours ! Merci, Jane.

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