Inside cinéma

Inside Llewyn Davis, qui n’est pas un biopic masqué de Dave Van Ronk, est un bon film selon mes critères. On se sent bien pendant qu’on le regarde parce que le film vous laisse tranquille ; il ne vous rend pas captif de ses effets, ne dirige pas lourdement vos émotions. Les références à la scène folk de 61 à New York sont là, mais elles arrivent en douceur, y compris lorsque le type frisé qui chante Farewell apparait juste à la fin. Parfois, un peu comme chez Jarmusch, on a l’impression de s’ennuyer légèrement en regardant un film où il ne se passe pas grand chose, mais l’instant d’après, il y a une scène qui vous touche. On se sent bien également lorsqu’on y repense. Certaines images resteront, comme la route sous la neige ou la reconstitution du Gaslight Cafe (peut-être un peu trop clean). Sans parler de l’écriture du film, subtilement sophistiquée : les entrées et sorties du chat, le cassage de gueule qui revient en boucle temporelle. Les frères Coen font souvent l’objet de discussions avec ceux qui les trouvent superficiels, caricaturaux. Maintenant, je leur dirai juste trois mots : « Inside Llewyn Davis »

A lire : un entretien avec T-Bone Burnett (déjà cité ici à propos de la BO de True Detective).

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3 commentaires pour Inside cinéma

  1. claude dit :

    J’aimerais voir davantage de films aussi « superficiels et caricaturaux » que ceux réalisés par les talentueux frangins. 😉 « Fargo » et « Miller’s Crossing » furent des révélations et si depuis, leurs productions ne furent pas toutes aussi fortes et originales, je place « No Country For Old Men » parmi les trop rares chef-d’œuvres de ces dernières années. Dans son « Dictionnaire chic du cinéma »*, Eric Neuhoff écrit à propos de ce film: « Les frères Coen reviennent à leurs premières amours, en pleine forme, armés jusqu’aux dents grâce à un roman de Cormac McCarthy, toujours entre la farce et une ambiance faulknérienne. Virtuosité, sécheresse, cette ode à un pays disparu, à ses coutumes, possède les atours d’un chant funèbre. »
    La virtuosité est celle des plans construits et soignés avec la même exigence que les peintures des grands maîtres. (Arte a eu la bonne idée de diffuser une partie de leur filmo récemment: me suis régalé.)

    * Ecriture éditions, 2013

  2. l'ombelle des talus dit :

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